12:02, 14/07/2026, mardi
"Un cimetière": un journaliste palestinien raconte six mois dans les prisons israéliennes
Le journaliste palestinien Mujahid Bani Mufleh, 37 ans, reporter du site Ultra Palestine, a dénoncé auprès de l'AFP six mois de détention administrative en Israël, sans inculpation ni "aucune preuve". Arrêté violemment à son domicile en Palestine occupée (Cisjordanie), battu devant ses enfants puis dans le véhicule militaire, il a été hospitalisé dans un état critique après sa libération en janvier. Il compare les prisons israéliennes à un "cimetière" pour les détenus palestiniens.
Détenu six mois par Israël sans la moindre inculpation, le journaliste palestinien Mujahid Bani Mufleh a livré à l'AFP un témoignage glaçant sur les prisons israéliennes, qu'il compare à un
"cimetière"
. Arrêté sans "aucune preuve"
en Palestine occupée (Cisjordanie), le reporter de 37 ans a été hospitalisé dans un état critique peu après sa libération en janvier.Battu dès son arrestation, devant ses enfants
Journaliste du site Ultra Palestine, membre du réseau d'information qatari Ultra Sawt, Mujahid Bani Mufleh affirme avoir été agressé dès les premières minutes de son interpellation, à son domicile et sous les yeux de ses enfants.
"Quiconque entre en prison est agressé dès les premières étapes de la procédure. J'ai été agressé chez moi, devant mes enfants"
, raconte-t-il.Les violences se sont poursuivies immédiatement après.
"J'ai été battu à l'intérieur du véhicule militaire dans les minutes qui ont suivi mon arrestation, et le premier jour on m'a emmené à l'hôpital car je ne pouvais plus respirer à cause des coups reçus"
, confie le journaliste.Le traumatisme a laissé des séquelles profondes.
"Au cours des premiers jours qui ont suivi mon arrestation, j'ai perdu la capacité de me remémorer le visage de mon petit garçon, Arab. La seule image qui me revenait à l'esprit était celle de lui en train de pleurer, après avoir été réveillé par les cris des soldats."
La détention administrative, une incarcération sans inculpation
Comme des milliers de Palestiniens, Mujahid Bani Mufleh a été soumis au régime israélien de la détention administrative, qui permet d'emprisonner une personne sans procès ni chef d'accusation, sur la base de
"soupçons"
jamais dévoilés."La détention administrative signifie qu'il n'y a pas d'accusation précise. Ils ne disposent d'aucune accusation complète et prouvée à mon encontre. Ils vous placent en détention sur la base de simples soupçons. Ils prétendent que je suis un instigateur"
, dénonce-t-il."Ce qui se passe à l'intérieur des prisons, c'est un cimetière"
Pour le journaliste, les conditions carcérales imposées aux détenus palestiniens relèvent d'un système délibéré de brutalité.
"Ce qui se passe à l'intérieur des prisons, c'est un cimetière, malheureusement"
, résume-t-il.Son témoignage s'ajoute aux nombreuses alertes d'organisations de défense des droits humains sur le sort des prisonniers palestiniens et sur la répression visant les journalistes en Palestine occupée (Cisjordanie), où la couverture des exactions de l'occupation expose les reporters à l'arrestation arbitraire.
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