Palestiniens numérotés par l'armée israélienne: l'indignation du CFCM
11:41, 19/08/2026, mercredi
Yeni Şafak

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Un Palestinien détenu porte un numéro inscrit sur le front par des soldats israéliens lors d'un raid à Qabatiya, en Palestine occupée (Cisjordanie).Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a exprimé son effroi le 19 août 2026. En cause : des Palestiniens détenus à Qabatiya, en Palestine occupée (Cisjordanie), ont été numérotés sur le front par des soldats israéliens. Le quotidien Haaretz a révélé ces faits, que l'armée reconnaît. Le CFCM y voit une déshumanisation lourde de sens historique. Il appelle la France, l'Union européenne et la communauté internationale à agir fermement.
Des soldats israéliens ont inscrit des numéros sur le corps de Palestiniens détenus en Palestine occupée (Cisjordanie). Le quotidien israélien Haaretz a révélé ces faits, photographies et témoignages à l'appui. En réponse, le Conseil français du culte musulman (CFCM) a fait part de son effroi ce mardi 19 août 2026.
Dans un communiqué diffusé depuis Paris, l'instance condamne
"avec la plus grande fermeté ces agissements barbares"
. Elle y voit un rappel des "heures les plus sombres"
de l'histoire européenne.Le CFCM ne s'arrête pas au constat. Il appelle en effet la France, l'Union européenne et la communauté internationale à réagir. Son message tient en une formule: la promesse
"plus jamais ça"
ne peut rester lettre morte.Ce que révèle le quotidien Haaretz
Les faits se sont produits le lundi 17 août 2026. L'armée d'occupation israélienne a mené un vaste raid à Qabatiya, près de Jénine, dans le nord de la Palestine occupée (Cisjordanie).
Selon
Haaretz
, plusieurs Palestiniens interrogés portaient un numéro inscrit sur le front ou sur le corps. Des témoignages locaux confirment cette pratique. Ahmad al-Hathnawi, l'un des détenus, a été marqué du chiffre 44 sur le front.Le bilan de l'opération est lourd. Au moins cinquante personnes ont été arrêtées, dont des femmes. Par ailleurs, les militaires ont fouillé une centaine de bâtiments dans la localité.
"C'est la première fois qu'ils me mettent ces numéros"
, a raconté Ahmad al-Hathnawi à la presse locale. Il affirme que d'autres détenus ont subi le même traitement.L'armée israélienne confirme et justifie les faits
Point notable: l'armée israélienne ne nie pas les faits. Elle les assume. Interrogée par les
médias israéliens
, elle a reconnu que ses soldats avaient "marqué des suspects"
pendant l'opération.Sa réponse s'arrête là. Les commandants auraient rappelé aux troupes
"la gravité de l'incident"
, avant d'assurer que "des leçons ont été tirées"
. L'armée avait déjà tenu ce discours en avril.Cette justification passe mal, y compris en Israël. Le député arabe israélien Ahmad Tibi a dénoncé un geste
"choquant et écœurant"
. Selon lui, l'image renvoie à des "temps sombres".
De son côté, l'armée affirme avoir arrêté deux hommes qu'elle présente comme des
"terroristes".
Cette version reste sa seule ligne de défense. Les détenus, eux, dénoncent une humiliation méthodique.Palestiniens numérotés: une charge symbolique en Europe
Le CFCM insiste sur la portée historique du geste. Réduire un être humain à un simple numéro inscrit sur sa peau n'a rien d'anodin. En Europe, et particulièrement en France, cette image renvoie à un passé précis.
"Dans l'histoire de l'humanité, la déshumanisation d'un peuple a toujours été une étape préalable ou qui accompagne un génocide"
, écrit l'instance. La formule est directe. Elle cherche à alerter, pas à comparer pour comparer.Cette lecture n'est pas isolée. Plusieurs responsables israéliens eux-mêmes ont dressé le même parallèle. La charge mémorielle du numéro dépasse ainsi les frontières.
Des précédents qui écartent la thèse de l'incident isolé
Le CFCM refuse de voir là un dérapage ponctuel. Les faits récents lui donnent des arguments.
En avril dernier, déjà, des Palestiniennes de Jénine avaient été marquées de numéros sur les bras. En 2024, des détenus d'Hébron avaient subi le même traitement sur le front. La pratique se répète donc, raid après raid.
Cette répétition change la nature du problème. Un geste isolé peut relever de la faute individuelle. Une pratique récurrente interroge, elle, la chaîne de commandement.
Un contexte de violences
Cette affaire s'inscrit dans un tableau plus large. La population palestinienne de Gaza et de Palestine occupée (Cisjordanie) subit des violences et des déplacements forcés d'une ampleur inédite.
Le CFCM alerte depuis plusieurs mois. Il pointe la multiplication des déclarations de responsables israéliens appelant, selon lui, à un nettoyage ethnique des civils palestiniens. Femmes et enfants figurent parmi les premières victimes.
L'instance condamne aussi les violences quotidiennes. Elle vise les meurtres de civils commis en toute impunité et les attaques de colons. Ces colons seraient, écrit-elle,
"galvanisés"
par un ministre israélien qu'elle qualifie de "fanatique".
Le raid de Qabatiya illustre cette dynamique. Une colonie, Ganim, vient d'être inaugurée non loin de la ville. Selon des habitants cités par l'AFP, les soldats sont venus dissuader la population d'entraver l'installation des colons.
Le CFCM appelle la communauté internationale à agir
Face à cette gravité, le CFCM refuse le silence. Il demande à la France, à l'Union européenne et à la communauté internationale de ne pas détourner le regard.
Ses exigences sont claires. L'instance réclame le respect du droit international humanitaire et des droits fondamentaux. Elle appelle surtout à des mesures
"fermes et coercitives"
pour faire cesser les violences.Le communiqué se referme sur un principe.
"La dignité humaine ne peut être à géométrie variable"
, martèle le CFCM. Elle doit valoir pour chaque personne, sans distinction d'origine, de religion ou de nationalité.Ce qu'il faut retenir
Des soldats israéliens ont numéroté des Palestiniens lors d'un raid à Qabatiya, le 17 août 2026. Haaretz a documenté ces faits, que l'armée israélienne reconnaît sans les condamner vraiment.
Le CFCM y voit un signe de déshumanisation et un précédent dangereux. Il rappelle que de tels gestes ont souvent précédé les pires basculements.
Une question demeure. La communauté internationale saura-t-elle donner un sens concret à sa promesse: "plus jamais ça" ?
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