17:11, 26/08/2026, mercredi
Ben Gvir filmé dans le bureau de l'UNRWA après un raid
Itamar Ben Gvir s'est filmé dans le bureau du directeur de l'UNRWA après un raid contre le centre de formation de Qalandiya, à Jérusalem-Est occupée. Cinq Palestiniens ont été blessés par balles réelles pendant l'opération. Antonio Guterres a condamné une "entrée illégale" et rappelé l'inviolabilité des locaux onusiens. Le ministre a défié une consigne de Netanyahu, qui souhaitait une évacuation plus discrète. L'UNRWA reste sous pression depuis la loi israélienne de 2024.
Itamar Ben Gvir a de nouveau frappé fort. Le ministre israélien de la Sécurité nationale s'est filmé mardi dans le bureau du directeur de l'UNRWA. La scène se déroule à Jérusalem-Est occupée, après une opération menée par l'armée d'occupation israélienne contre un centre de formation de l'agence onusienne.
La vidéo, publiée sur Telegram, a immédiatement suscité l'indignation. En effet, elle célèbre l'expulsion forcée de l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens. Cinq Palestiniens ont par ailleurs été blessés par balles réelles pendant l'assaut.
Un raid mené contre le dernier centre de l'UNRWA à Jérusalem-Est
L'opération a visé le centre de formation professionnelle de Qalandiya. Ce site se trouve dans le quartier de Kafr Aqab, au nord de Jérusalem-Est occupée.
Les forces d'occupation ont d'abord fermé le point de contrôle voisin de Qalandiya. Ce checkpoint relie habituellement Jérusalem-Est au nord de la Palestine occupée (Cisjordanie).
Ensuite, un important dispositif militaire a encerclé le camp de réfugiés adjacent. La police, l'armée, la police des frontières, l'administration civile et l'unité pénitentiaire Massada ont participé à l'opération, selon Ben Gvir lui-même.
Le centre existait depuis 1952. Chaque année, il formait environ 340 jeunes Palestiniens réfugiés venus de Palestine occupée (Cisjordanie). Une quarantaine d'employés ont été brièvement interrogés, puis sommés de partir sans retour possible.
La vidéo de Ben Gvir depuis le fauteuil du directeur
Le ministre s'est ensuite mis en scène dans les locaux vidés. Il a publié une vidéo assis à ce qu'il présente comme le bureau du directeur de l'UNRWA.
"Sous mon commandement, il n'y a ni UNRWA, ni administration, ils ne seront pas là"
, a-t-il déclaré face caméra. Il a précisé qu'une école remplacerait désormais le centre de formation.Ben Gvir a également visé les personnes soutenant, selon lui, le
"terrorisme"
. Il a réclamé leur expulsion "avec humiliation".
Cette mise en scène s'inscrit dans une longue série de vidéos similaires du ministre.Des Palestiniens blessés par balles réelles pendant l'assaut
Le raid ne s'est pas limité à une occupation symbolique des bureaux. Avant l'intervention, des soldats ont tiré des balles réelles et des gaz lacrymogènes sur des manifestants palestiniens.
Un adolescent a été touché par balle près du centre. Au total, cinq Palestiniens ont été blessés par les tirs israéliens, selon le gouvernorat de Jérusalem.
Ce bilan illustre une réalité constante. En effet, chaque opération de l'armée d'occupation israélienne contre les institutions palestiniennes s'accompagne souvent de violences directes contre les civils.
L'ONU condamne une nouvelle violation de l'immunité de ses locaux
La réaction des Nations unies n'a pas tardé. Le secrétaire général Antonio Guterres a fermement condamné l'entrée illégale des forces israéliennes dans le centre.
Son porte-parole, Stéphane Dujarric, a rappelé un principe simple. Les locaux de l'ONU restent inviolables, quelles que soient les circonstances invoquées par Israël.
Guterres s'appuie sur un avis récent de la Cour internationale de justice. Cet avis interdit toute mesure d'exécution, administrative ou judiciaire visant les biens des Nations unies.
Cinquième incursion depuis mai, selon l'ONU
Ce raid n'est pas isolé. Il s'agit de la cinquième incursion de ce type sur ce site depuis le mois de mai, selon le secrétaire général.
Guterres a donc renouvelé un appel précis. Il demande l'abrogation de la loi israélienne qui interdit à l'UNRWA d'opérer sur le territoire.
Le Qatar a également condamné l'opération. Doha dénonce une volonté délibérée de démanteler l'agence onusienne et de priver des millions de réfugiés palestiniens de services essentiels.
L'UNRWA a de son côté qualifié l'incursion d'
"inacceptable"
. L'agence rappelle que ses locaux bénéficient d'une protection garantie par le droit international.Un ministre qui défie ouvertement Netanyahu
L'épisode révèle aussi une tension interne au gouvernement israélien. Selon la presse israélienne, Benjamin Netanyahu avait pourtant demandé à Ben Gvir de ne pas se rendre sur place.
Le Premier ministre voulait une évacuation plus discrète. Ben Gvir a ignoré la consigne. Il s'est présenté sur le site avec les forces de sécurité et une équipe de la chaîne pro-gouvernementale Channel 14.
Cette insubordination assumée nourrit la stratégie personnelle du ministre. Par ailleurs, elle confirme le poids croissant de l'extrême droite israélienne dans la gestion de Jérusalem-Est occupée.
Une agence ciblée depuis la loi de 2024
Le Parlement israélien a voté en octobre 2024 une loi interdisant à l'UNRWA d'opérer en Israël. Ce texte empêche aussi tout contact officiel avec l'agence.
Depuis cette date, les incursions et les fermetures se multiplient. Israël avait déjà démoli une partie du siège de l'UNRWA à Jérusalem-Est en janvier 2026.
L'État hébreu accuse régulièrement l'agence de complicité avec le Hamas. Cependant, l'UNRWA affirme qu'Israël n'a jamais fourni de preuves complètes pour justifier ces accusations.
Cette pression continue affaiblit un acteur humanitaire majeur. Or l'agence reste indispensable pour des millions de réfugiés palestiniens, à Gaza comme en Palestine occupée (Cisjordanie).
Ce que ce raid révèle du sort réservé à la Palestine occupée
Cette vidéo dépasse le simple coup de communication. Elle illustre une politique assumée d'effacement des institutions palestiniennes à Jérusalem-Est occupée.
L'école, l'aide sociale et la formation professionnelle disparaissent au profit d'une présence militaire renforcée. De plus, les violences contre les civils accompagnent systématiquement ces opérations.
La communauté internationale condamne, mais peine à agir concrètement. Pendant ce temps, l'armée d'occupation israélienne poursuit méthodiquement le démantèlement de l'UNRWA, pièce par pièce, centre par centre.
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