18:09, 01/09/2026, mardi
Israël est-il derrière les mouvements xénophobes en Afrique du Sud ?
Alors que l’Afrique du Sud fait face à une nouvelle vague de manifestations anti-immigration, des responsables sud-africains évoquent la possibilité d’une intervention d’acteurs étrangers. La piste israélienne est notamment évoquée dans le contexte du bras de fer entre Pretoria et Tel-Aviv autour de la guerre à Gaza et de la procédure engagée devant la Cour internationale de justice.
Depuis plusieurs mois, Pretoria fait face à une montée des mobilisations contre l’immigration clandestine, parfois accompagnées de discours xénophobes, d’intimidations et de violences visant des ressortissants étrangers. Le gouvernement sud-africain a condamné ces actions et affirme vouloir lutter à la fois contre l’immigration illégale et contre la xénophobie.
Mais derrière cette crise intérieure, certains responsables sud-africains soupçonnent désormais l’existence d’intérêts étrangers susceptibles d’exploiter le mécontentement populaire.
La piste israélienne évoquée par une ministre
La ministre sud-africaine de la Justice, Mmamoloko Kubayi, a notamment suggéré qu’il serait naïf de penser que la décision de Pretoria de porter Israël devant la Cour internationale de justice n’aurait aucune conséquence géopolitique.
Dans une interview accordée au Sunday Times, la ministre a estimé que l’Afrique du Sud était désormais engagée dans une bataille géopolitique de grande ampleur et que des intérêts puissants pouvaient chercher à riposter. Elle a ainsi laissé entendre qu’Israël pourrait être lié à la campagne visant à affaiblir l’Afrique du Sud, démontrant qu’Israël était à l’origine des manifestations anti-immigration.
Un contexte de tensions croissantes entre Pretoria et Tel-Aviv
Les relations entre les deux pays se sont fortement dégradées depuis que l’Afrique du Sud a saisi la Cour internationale de justice en décembre 2023, accusant Israël de violations de la Convention sur le génocide dans le contexte de ses opérations à Gaza. Le gouvernement sud-africain continue depuis de défendre publiquement la cause palestinienne.
En janvier 2026, Pretoria a également déclaré persona non grata le chargé d’affaires israélien Ariel Seidman, accusant notamment les autorités israéliennes de violations des normes diplomatiques et d’atteinte à la souveraineté sud-africaine.
Dans ce climat particulièrement tendu, Pretoria affirme également observer des campagnes visant à isoler le pays du reste du continent et à dégrader son image internationale.
Le nom de Pegasus apparaît également dans les accusations formulées autour d’éventuelles opérations d’espionnage visant l’Afrique du Sud. Le logiciel espion a été développé par la société israélienne NSO Group.
Ceuta et Melilla : un autre épisode controversé
Pour Panafreeka, cette question doit également être mise en perspective avec un autre épisode : celui de Ceuta et Melilla, les deux enclaves espagnoles situées en Afrique du Nord.
En mai 2019, Yair Netanyahu, le fils de Benjamin Netanyahu, avait publié un message appelant les Arabes et les musulmans souhaitant « libérer » des territoires arabes et islamiques occupés à commencer par Ceuta et Melilla.
Cette déclaration était intervenue dans un contexte de tensions entre Yair Netanyahu et des responsables espagnols, notamment autour du soutien de l’Espagne aux Palestiniens.
Une bataille pour l’influence ?
Pour les partisans de cette hypothèse, l’objectif d’une éventuelle opération d’influence serait plus large que la seule question migratoire.
Il pourrait s’agir d’affaiblir l’image de Pretoria, de fragiliser son autorité morale sur la scène internationale et, surtout, de remettre en cause sa position particulièrement critique envers Israël dans le dossier palestinien.
L’Afrique du Sud, de son côté, affirme que les préoccupations liées à l’immigration doivent être traitées par l’État et dans le respect de la loi, tout en rejetant la xénophobie et les violences contre les étrangers. Le président Cyril Ramaphosa a lui-même mis en garde contre les groupes cherchant à exploiter les inquiétudes liées à l’immigration pour déstabiliser le pays.
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