11:49, 14/07/2026, mardi
Palestine occupée : les chevaux arabes, une passion qui défie la colonisation
À Rawabi, près de Ramallah, en Palestine occupée (Cisjordanie), des centaines de Palestiniens ont assisté à un concours de beauté de pur-sang arabes. Privés de pâturages et de terres par la colonisation israélienne, les éleveurs palestiniens improvisent des écuries sous leurs maisons pour perpétuer leur passion. Symbole d'identité et de fierté arabes, le cheval incarne une forme de résistance culturelle face à l'amenuisement constant des terres disponibles.
À Rawabi, en Palestine occupée (Cisjordanie), des centaines de Palestiniens se sont rassemblés dans les tribunes d'un manège pour admirer un défilé de pur-sang arabes. Un concours de beauté équin devenu une distraction rare, alors que les terres disponibles s'amenuisent sous l'effet de la colonisation israélienne.
Élever des chevaux malgré le manque de terres
Dans cette ville cossue proche de Ramallah, le concours a des allures de résistance culturelle. Confisquées, morcelées, encerclées par les colonies israéliennes, les terres palestiniennes laissent de moins en moins de place aux pâturages et aux écuries.
"Les Palestiniens n'ont ni pâturages, ni terres pour construire des écuries. Ils utilisent la moindre possibilité, sous leurs maisons, avec un tout petit manège, pour continuer malgré tout à élever des chevaux"
, témoigne Abdelnasser Musleh, éleveur de 30 ans présent à Rawabi.Pour lui, cette persévérance force l'admiration:
"Avec des opportunités infimes, sous leurs maisons, avec une petite piste, ils n'ont pas d'espace, mais ils le font quand même. Ils ont une énorme passion pour ça. Je trouve ça incroyable."
Le pur-sang arabe, pilier de l'identité palestinienne
Au-delà de l'élevage, le cheval arabe incarne un héritage que l'occupation ne peut confisquer.
"Le cheval occupe une place très importante dans notre culture arabe, même si vous n'êtes pas éleveur et que vous ne possédez pas votre propre cheval"
, explique Rashad Al-Sah, participant au concours."Il est intimement lié à notre personnalité et à notre identité arabe. Vous sentez que le cheval arabe fait partie de vous, même si vous ne possédez pas de cheval. Il est là, dans votre cœur",
poursuit-il.Dans les tribunes de Rawabi, chaque défilé de pur-sang rappelle ainsi qu'en Palestine occupée, préserver une tradition, c'est déjà refuser l'effacement.
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