16:51, 26/08/2026, mercredi
Gaza: des colons israéliens bloquent l'aide humanitaire à Kerem Shalom
Des colons israéliens ont bloqué, mardi, la route menant au point de passage de Kerem Shalom, empêchant des camions d'aide humanitaire d'atteindre Gaza. Les manifestants s'opposaient au déploiement d'une force internationale de stabilisation et au lancement de la reconstruction. L'armée d'occupation israélienne a laissé le blocage se former. Ce point de passage reste pourtant une voie d'entrée essentielle pour les secours, alors que la situation humanitaire demeure critique dans l'enclave.
Des colons israéliens ont bloqué, mardi matin, la route menant au point de passage de Kerem Shalom. Cette action a empêché des camions d'aide humanitaire d'atteindre la bande de Gaza. Ainsi, l'armée d'occupation israélienne a une nouvelle fois laissé faire un blocage qui frappe directement la population civile.
Ce point de passage constitue pourtant une voie d'entrée essentielle pour les secours. L'accès à l'aide humanitaire reste donc fortement entravé dans l'enclave. Cette situation aggrave un contexte matériel et sanitaire déjà critique.
Un blocage organisé près du point de passage de Kerem Shalom
La scène s'est déroulée mardi matin, près du camp d'Amitai, adjacent au point de passage de Kerem Shalom, aussi connu sous le nom de Karem Abou Salem. Des colons et des habitants des localités israéliennes proches de Gaza ont coupé la route.
Des camions transportant de l'aide humanitaire n'ont ainsi pas pu atteindre la bande de Gaza. Le mouvement "Tzav 9" et le forum "Otef Israel" ont organisé cette action, selon la presse israélienne. Les manifestants brandissaient des drapeaux israéliens et des pancartes hostiles au déploiement d'une force internationale.
Des policiers et des soldats de l'armée d'occupation israélienne ont établi un dispositif de sécurité sur place. Cependant, ils n'ont pas empêché le blocage de se former. Les véhicules de la force internationale ont même dû ralentir pour éviter les manifestants installés sur la chaussée.
Kerem Shalom, un verrou stratégique pour l'aide à Gaza
Ce point de passage constitue une voie d'entrée essentielle pour les secours destinés à la population civile de Gaza. Il reste, avec le point de passage de Zikim, l'un des rares axes encore opérationnels pour les marchandises humanitaires et commerciales.
L'accès à l'aide humanitaire demeure donc fortement entravé dans l'enclave. Cette situation aggrave une crise matérielle et sanitaire déjà critique, après près de deux ans de guerre et de destructions massives. En effet, l'armée d'occupation israélienne contrôle étroitement chaque camion, chaque cargaison et chaque autorisation d'entrée.
Un blocage n'est donc jamais un simple incident local
. Il prive immédiatement des familles palestiniennes de nourriture, d'eau ou de médicaments.Une opposition assumée à la force internationale de stabilisation
Les manifestants rejettent en réalité un projet plus large. Ils s'opposent au déploiement de la force internationale de stabilisation (ISF), prévue dans le plan de paix en vingt points porté par Washington.
Cette force doit notamment sécuriser certaines zones de Gaza. Elle doit aussi accompagner les premiers travaux de reconstruction. Or les organisateurs de la manifestation jugent ce déploiement prématuré, tant que le Hamas n'est pas désarmé selon leurs propres critères.
Une habitante du Moshav Yesha, présente lors de l'attaque du 7 octobre 2023, a résumé cette position. Elle a affirmé que
"seule une force de sécurité israélienne"
pouvait, selon elle, empêcher une nouvelle attaque similaire.Cette lecture ignore cependant un fait central. Chaque camion bloqué prive des civils palestiniens de biens de première nécessité, indépendamment du débat politique israélien sur le désarmement.
Une aide déjà scandaleusement insuffisante à Gaza
Le cessez-le-feu d'octobre 2025 prévoyait pourtant la libre circulation de l'aide humanitaire. Sur le terrain, cette promesse reste largement lettre morte.
Les cargaisons d'aide déchargées aux points de passage contrôlés par Israël ont chuté à plusieurs reprises ces derniers mois, selon le Bureau des affaires humanitaires de l'ONU. De plus, des groupes de manifestants d'extrême droite bloquent régulièrement Kerem Shalom depuis le début de la guerre.
Ces blocages successifs ne relèvent donc pas d'un simple débordement isolé. Ils s'inscrivent dans une pratique répétée, tolérée par l'armée d'occupation israélienne malgré les engagements pris. Par ailleurs, l'ONU rappelle régulièrement que la population de Gaza manque toujours de nourriture, de soins et d'abris décents.
Un cessez-le-feu fragile, une population toujours prise en otage
La situation illustre un paradoxe cruel. Un accord de paix existe sur le papier. Cependant, des colons continuent d'entraver son application la plus élémentaire: l'entrée des secours.
Cette réalité s'ajoute à d'autres tensions documentées en Palestine occupée (Cisjordanie), où les violences de colons contre des civils palestiniens se multiplient. C'est pourquoi de nombreuses organisations humanitaires réclament des garanties concrètes, et non de simples promesses diplomatiques.
En attendant, la population civile de Gaza continue de payer le prix de ces blocages. Les enfants, les malades et les familles déplacées restent les premières victimes de chaque camion immobilisé sur la route.
Ce qu'il faut retenir de ce nouveau blocage
Des colons israéliens ont empêché, mardi, des camions d'aide humanitaire d'atteindre Gaza via Kerem Shalom. Ils protestaient contre le déploiement d'une force internationale de stabilisation et contre le lancement de la reconstruction.
L'armée d'occupation israélienne a laissé le blocage se former, sans intervention immédiate. L'accès à l'aide humanitaire reste ainsi fortement entravé dans l'enclave, aggravant une situation déjà critique.
Ce nouvel épisode confirme une tendance de fond. Près de deux ans après le début de la guerre, l'aide humanitaire à Gaza reste otage des rapports de force politiques israéliens, bien plus que d'une logistique défaillante.
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