Afrique du Sud: Pretoria veut une réponse africaine à la migration
11:26, 06/08/2026, jeudi
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Pretoria refuse d'être isolée sur la migration et réclame une approche africaine. Ronald Lamola s'exprime sur le sujet.L'Afrique du Sud réclame une approche continentale de la question migratoire. Le ministre Ronald Lamola refuse que son pays devienne le seul objet des débats africains sur la migration. Il s'exprimait avant le 46ᵉ sommet de la SADC, prévu les 16 et 17 août à Durban. Pretoria coopère avec la Commission africaine des droits de l'homme, après des manifestations anti-immigration et des violences visant des ressortissants étrangers largement dénoncées.
L'Afrique du Sud appelle le continent à traiter ensemble la question migratoire. Pretoria refuse que les tensions liées aux mouvements de population deviennent un dossier exclusivement sud-africain. Cette position intervient alors que le pays affronte une vague de manifestations anti-immigration. Des violences visant des migrants ont par ailleurs suscité de vives critiques.
L'Afrique du Sud refuse d'être isolée sur la migration
Le ministre sud-africain des Relations internationales et de la Coopération, Ronald Lamola, a défendu cette ligne devant la presse. Il s'exprimait lors d'un point consacré aux préparatifs du 46ᵉ Sommet de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC). Ce rendez-vous se tiendra les 16 et 17 août à Durban.
Le ministre a insisté sur un point central. Selon lui, tous les États africains doivent dialoguer pour s'attaquer aux causes profondes de la
migration en Afrique
. Ainsi, la réponse ne peut pas reposer sur un seul pays."Ce n'est pas un phénomène propre à l'Afrique du Sud. Ce que nous contestons, c'est le fait de l'isoler et d'en faire un problème exclusivement sud-africain, notamment à travers l'initiative du Ghana"
, a déclaré Ronald Lamola.Il a également rappelé la place particulière de son pays.
"Comme nous sommes l'un des principaux pays d'accueil de migrants en Afrique, nous sommes naturellement davantage au centre des discussions"
, a-t-il ajouté.Ronald Lamola met en garde avant le sommet de la SADC
Le chef de la diplomatie sud-africaine a rejeté toute mise en accusation de son pays. En effet, il redoute un ordre du jour centré uniquement sur Pretoria lors du prochain sommet régional.
"Si nous mettons juste cela à l'ordre du jour en disant "xénophobie en Afrique du Sud", l'Afrique du Sud se retrouvera presque comme dans une sorte de tribunal ou d'enquête, où nous devrons nous défendre"
, a-t-il averti, selon le quotidien The Citizen.Le ministre qualifie une telle démarche de
"jeu à somme nulle"
. Autrement dit, personne n'y gagnerait. De plus, cette approche détournerait le débat des véritables moteurs des départs.Des manifestations anti-immigration sous haute tension
Ces déclarations surviennent dans un climat social tendu. Des manifestations anti-immigration se multiplient depuis plusieurs semaines dans le pays. De nombreux migrants ont ainsi choisi de quitter le territoire sud-africain.
Plusieurs incidents impliquant des agressions contre des ressortissants étrangers ont été signalés. Ces faits ont provoqué des réactions de gouvernements africains. Des organisations de défense des droits humains ont également haussé le ton.
Les ONG réclament une meilleure protection des migrants
Ces organisations appellent les autorités sud-africaines à renforcer la protection des personnes étrangères. Elles réclament des enquêtes rapides sur les violences signalées. Par ailleurs, elles demandent des garanties concrètes pour les communautés visées.
Cependant, Pretoria conteste l'idée d'une responsabilité isolée. Le gouvernement rappelle que d'autres pays du continent connaissent des tensions comparables.
La Commission africaine des droits de l'homme impliquée
Face à ces inquiétudes, Ronald Lamola se veut rassurant. Il affirme que son gouvernement prend la situation très au sérieux. C'est pourquoi Pretoria a engagé une coopération avec les instances africaines compétentes.
"Nous coopérons également avec la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples sur cette question"
, a-t-il indiqué. Cette commission prévoit une visite prochaine en Afrique du Sud."Elle se rendra prochainement en Afrique du Sud et nous travaillerons avec elle sur ce dossier, qui relève de l'organe compétent de l'Union africaine"
, a précisé le ministre.L'Union africaine conforte la position sud-africaine
Sur le plan diplomatique, Pretoria a marqué un point important. L'Union africaine a rejeté la semaine dernière une proposition du Ghana. Celle-ci visait à inscrire les tensions migratoires en Afrique du Sud à l'ordre du jour de la réunion d'octobre.
Pour le gouvernement sud-africain, cette décision valide sa lecture du dossier. En revanche, elle ne clôt pas le débat sur les violences signalées ces dernières semaines.
Pretoria défend donc une approche collective. Le pays estime que la migration constitue un défi partagé par l'ensemble du continent. De ce fait, une réponse strictement nationale resterait insuffisante.
Traiter les causes profondes de la migration en Afrique
Le gouvernement sud-africain met en avant plusieurs facteurs structurels. Les déséquilibres économiques poussent des millions de personnes à partir. Les crises sécuritaires et les conflits armés accélèrent également les départs.
À cela s'ajoutent les effets du changement climatique sur les zones rurales. Les sécheresses répétées fragilisent les revenus agricoles. Par conséquent, les flux internes et transfrontaliers s'intensifient.
Pretoria juge donc indispensable une coordination régionale renforcée. La SADC pourrait servir de cadre à cette concertation. Le sommet de Durban offrira un premier test de cette ambition.
Un dossier qui dépasse les frontières sud-africaines
La question migratoire concerne aujourd'hui l'ensemble du continent africain. Plusieurs États d'Afrique de l'Ouest et de la Corne de l'Afrique connaissent des mouvements comparables. Ainsi, la responsabilité apparaît largement partagée.
Reste une exigence rappelée par les défenseurs des droits humains. La protection des migrants ne peut pas attendre une solution continentale de long terme. En effet, les violences se produisent maintenant.
Le sommet de la SADC dira si les États de la région parviennent à concilier ces deux impératifs. Une approche continentale semble nécessaire. Une réponse immédiate aux violences l'est tout autant.
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