15:38, 26/08/2026, mercredi
Gaza: la mosquée historique Abou Salim détruite à Deir al-Balah
Le 24 août 2026, une frappe israélienne a lourdement endommagé la mosquée historique Abou Salim à Deir al-Balah, l'une des plus anciennes de Gaza. L'attaque survient au lendemain d'une autre frappe ayant blessé deux Palestiniens, dont un enfant, dans la même localité. Ces bombardements se poursuivent malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025. Le patrimoine religieux de Gaza, déjà ravagé, s'appauvrit encore davantage.
L'armée d'occupation israélienne a lourdement endommagé, le 24 août, la mosquée historique Abou Salim. L'édifice se trouve à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza. Il comptait parmi les plus anciens lieux de culte du territoire.
Cette frappe survient au lendemain d'un autre bombardement. Celui-ci avait blessé deux Palestiniens, dont un enfant, dans la même localité. Ces attaques se poursuivent malgré le cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 10 octobre 2025.
Une des plus anciennes mosquées de Gaza
La mosquée Abou Salim comptait parmi les repères religieux les plus anciens de l'enclave. Des médias palestiniens ont rapporté sa destruction lundi.
Des vidéos diffusées par des habitants montrent une épaisse fumée noire. Elle s'élève au-dessus du site, juste après l'explosion. Les rues voisines et les étals du marché ont également été touchés par les débris.
L'artiste Maysa Yousef vit dans le centre de Gaza. Elle a assisté à la scène depuis sa propre maison, déjà endommagée par les bombardements.
"La perte de la mosquée Abou Salim de Deir al-Balah est une perte culturelle immense"
, a-t-elle confié au site Arab News. Elle a ajouté: "C'est un site patrimonial important et très ancien."
L'armée israélienne affirme avoir ciblé un
"combattant du Hamas"
présent sur les lieux. Cependant, elle n'a fourni aucune preuve publique de cette allégation.Ce type de justification revient régulièrement depuis le début de la guerre. En effet, plusieurs dizaines de mosquées ont déjà été visées selon ce même argument, sans qu'aucun élément vérifiable ne soit systématiquement produit.
Une escalade liée à des cerfs-volants venus de Gaza
Le contexte de cette frappe éclaire son ampleur. Plusieurs cerfs-volants ont en effet dérivé depuis Gaza vers le sud d'Israël au cours du week-end.
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a réagi avec fermeté lundi.
"Des mesures énergiques seront prises pour mettre fin à ce phénomène"
, a-t-il déclaré. Par ailleurs, la presse israélienne affirme que l'armée dresse déjà une liste de cibles.Cette liste viserait des opérateurs à différents niveaux de responsabilité. De plus, des ordres d'évacuation ont été donnés dans les zones considérées comme des points de lancement.
"Aujourd'hui, presque chaque partie de Gaza a été frappée"
, a résumé Maysa Yousef.Une frappe distincte avait blessé deux Palestiniens la veille
La journée du dimanche 23 août avait déjà été meurtrière à Deir al-Balah. Une frappe israélienne y a blessé deux Palestiniens, dont un enfant, selon des médias internationaux.
Ce même dimanche, d'autres frappes ont par ailleurs frappé le centre de la bande de Gaza. Elles ont fait trois morts, dont un enfant de quatre ans, dans les localités voisines d'Al-Zawayda et de Nousseirat. Les blessés de ces attaques ont eux aussi été transportés vers l'hôpital des Martyrs d'Al-Aqsa, à Deir al-Balah.
Ces chiffres proviennent des services de secours placés sous l'autorité du Hamas. Les Nations unies les considèrent toutefois comme fiables. Une vérification indépendante reste néanmoins impossible sur place, en raison du blocus.
Un cessez-le-feu très largement violé depuis dix mois
L'accord de cessez-le-feu est entré en vigueur le 10 octobre 2025. Il devait mettre fin aux opérations militaires israéliennes à Gaza.
Dans les faits, les frappes n'ont jamais réellement cessé. Selon le ministère de la Santé de Gaza, les opérations israéliennes ont causé 1 286 morts palestiniens depuis cette date. L'armée israélienne, elle, recense cinq soldats tués sur la même période.
Fin juillet, Washington avait pourtant annoncé une feuille de route. Celle-ci prévoit le désarmement du Hamas et un retrait israélien du territoire. C'est pourquoi les opérations militaires se sont réduites en intensité, sans pour autant s'arrêter.
Le patrimoine religieux de Gaza déjà ravagé par la guerre
La mosquée Abou Salim ne constitue pas un cas isolé. Selon plusieurs témoignages locaux, elle formait depuis près de 75 ans un pilier de la vie sociale du quartier.
Le bilan patrimonial de la guerre reste vertigineux. Plus de 1 000 mosquées auraient déjà été détruites depuis 2023, selon des recensements cités par des chercheurs. La Grande Mosquée de Gaza, la plus ancienne de Palestine, a elle aussi été rasée en décembre 2023.
L'UNESCO a établi son propre constat en mars 2026. L'organisation recensait alors 164 sites patrimoniaux endommagés à Gaza. Parmi eux, 14 étaient des lieux de culte.
Deir al-Balah paie un tribut particulièrement lourd à cette destruction. La mosquée de Jaffa y avait déjà été détruite en décembre 2023. La mosquée Shuhada al-Aqsa, elle, avait été bombardée en octobre 2024, faisant plus de 26 morts.
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