EDF réclame 805 000 euros à Greenpeace après l'intrusion de Gravelines
10:07, 18/09/2026, vendredi
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La société réclame 289 958 euros au titre du préjudice matériel, 500 000 euros pour préjudice moral et 15 000 euros de frais d'avocat.EDF a réclamé jeudi 804 958 euros à Greenpeace France et à douze militants suite à leur intrusion en octobre 2024 à la centrale nucléaire de Gravelines, a indiqué leur avocat Benjamin Grundler devant le tribunal correctionnel de Dunkerque.
Près d'un million d'euros de préjudice réclamé
Benjamin Grundler, avocat d'EDF, a justifié ces demandes devant le tribunal correctionnel de Dunkerque par la
"mise sous cloche"
de la centrale pendant trois heures. Cet arrêt aurait retardé le redémarrage d'un réacteur, a-t-il précisé. La société réclame 289 958 euros au titre du préjudice matériel, 500 000 euros pour préjudice moral et 15 000 euros de frais d'avocat.
Greenpeace dénonce des visées punitives
L'organisation écologiste juge ces montants
"démesurés"
et accuse EDF de chercher à "attaquer l'association au portefeuille"
. Les réparations demandées par l'électricien après quatre actions menées dans les centrales de Cruas, Flamanville, Tricastin et Gravelines dépassent au total trois millions d'euros.
Par ailleurs, l'audience intervient quelques jours après la publication de courriers adressés à la France et à EDF par Michel Forst, rapporteur spécial des Nations unies sur les défenseurs de l'environnement.
Un rapporteur de l'ONU s'alarme
Celui-ci a qualifié les sommes réclamées dans l'affaire de Gravelines d'
"exemple flagrant"
de mesure destinée à "persécuter, pénaliser et harceler"
les militants écologistes. Il a demandé à EDF de retirer son action civile ou, à défaut, de réduire significativement ses demandes. Toutefois, la décision du tribunal n'est pas attendue avant le mois de décembre.
Risques climatiques et projet EPR2
Dans son communiqué, Greenpeace présente l'intrusion comme une action non violente destinée à alerter sur les risques de submersion marine pesant sur la centrale.
L'ONG rappelle également que plusieurs réacteurs ont été arrêtés à deux reprises durant l'été en raison de méduses obstruant les systèmes de refroidissement.
De plus, elle cite un avis de l'Autorité de sûreté nucléaire faisant état de risques d'inondation et de liquéfaction des sols sur ce site construit sur un polder.
Selon une cartographie publiée par l'association, l'ensemble du site pourrait temporairement se retrouver sous le niveau de la mer en 2100 et en 2120, tandis qu'EDF prévoit d'y construire deux réacteurs EPR2 dans le cadre du programme français de relance nucléaire.
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