France : Rachida Dati jugée pour corruption dans l'affaire Renault-Nissan
16:53, 16/09/2026, mercredi
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THOMAS SAMSONAFP
L'ancienne ministre française de la Culture, Rachida Dati, arrive au tribunal de Paris pour son procès pour corruption, aux côtés de l'ancien dirigeant de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, le 16 septembre 2026.L'ancienne ministre française de la Justice et l'ex-PDG de Renault-Nissan comparaissent depuis mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris pour des faits de corruption et de trafic d'influence.
Ouverture du procès et chefs d'accusation
Selon l'agence Anadolu, le procès de Rachida Dati et de Carlos Ghosn s'est ouvert mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris.
L'ancienne ministre de la Justice est poursuivie pour corruption passive, trafic d'influence passif et recel d'abus de pouvoirs, des infractions qui auraient été commises au cours de son mandat de députée européenne.
Six demi-journées d'audience sont prévues jusqu'au 28 septembre pour examiner ces accusations portant sur des versements s'élevant à 900 000 euros.
Les soupçons de lobbying au Parlement européen
Au cœur du dossier figurent les 900 000 euros versés à l'ancienne ministre par Renault-Nissan BV (RNBV), l'entité commune aux deux constructeurs automobiles. Selon les juges d'instruction, Carlos Ghosn aurait versé 300 000 euros par an à Rachida Dati en 2010, 2011 et 2012.
L'accusation soupçonne ces paiements d'avoir financé des actions de lobbying menées par l'intéressée auprès du Parlement européen au bénéfice direct du groupe Renault-Nissan, mettant également en doute la réalité des prestations juridiques invoquées.
La défense conteste les faits
Par ailleurs, Rachida Dati conteste vigoureusement les infractions qui lui sont reprochées et affirme avoir réellement travaillé pour le compte de Renault-Nissan, sans aucun lien avec ses fonctions de députée européenne.
Sa défense entend faire citer six témoins pour étayer la réalité de ses prestations juridiques et démontrer la légitimité des honoraires perçus. Toutefois, les magistrats soulignent le nombre limité de documents retrouvés au cours des investigations pour justifier ces missions.
Carlos Ghosn et les dérives de RNBV
De son côté, Carlos Ghosn est poursuivi pour corruption active, trafic d'influence actif, abus de pouvoir et abus de confiance, l'ancien patron étant également soupçonné d'avoir utilisé l'entité RNBV à des fins personnelles.
Patrick Pelata, ancien numéro deux de Renault, a notamment indiqué que Ghosn avait organisé au château de Versailles une soirée privée financée par le groupe à l'occasion de ses 65 ans, sans, selon lui,
"personne de Renault et de Nissan"
parmi les invités. Installé au Liban depuis sa fuite du Japon en 2019, l'intéressé ne doit pas comparaître physiquement à Paris et conteste l'ensemble des faits.Risques de peines et procédure
En outre, les deux prévenus encourent jusqu'à dix ans de prison si les juges les déclarent coupables des faits qui leur sont reprochés.
Rachida Dati risque également jusqu'à 450 000 euros d'amende ainsi qu'une peine complémentaire d'inéligibilité pouvant atteindre cinq ans, ce qui mettrait un terme à ses ambitions politiques futures.
Pour rappel, Carlos Ghosn est visé par des mandats d'arrêt internationaux et a échappé à la justice japonaise en 2019 en s'enfuyant dans des conditions rocambolesques.
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