Voile: Chaï Roos appelle les femmes à se mobiliser contre la loi de 2004
18:24, 10/09/2026, jeudi
Yeni Şafak

David BizetNouvelle Aube
La militante Chaï Roos s'exprime contre la loi de 2004 sur l'interdiction du voile à l'école et appelle à son abrogation.La militante juive antisioniste Chaï Roos, fondatrice du collectif Sunheat, appelle les femmes à se mobiliser contre la loi de 2004 sur les signes religieux à l'école. Elle réagit à la proposition du RN, portée par Jean-Philippe Tanguy, de sanctionner le port du voile dans l'espace public. Pour elle, cette répression vise la liberté féminine de se voiler ou de se dévoiler, au-delà de la seule question religieuse.
La militante juive antisioniste Chaï Roos monte au créneau. Elle réagit à la dernière offensive du Rassemblement national contre le port du voile. Pour elle, la loi de 2004 reste au cœur du problème.
Fondatrice du collectif Sunheat, elle appelle désormais toutes les femmes à se mobiliser. L'objectif: obtenir l'abrogation de ce texte. Elle a accordé un entretien à Nouvelle Aube pour expliquer sa position.
Qui est Chaï Roos, la militante qui interpelle le RN
Chaï Roos se présente comme juive et antisioniste. Ses arrière-grands-parents ont fui l'Allemagne nazie, un héritage qu'elle revendique régulièrement dans ses prises de parole publiques.
Elle a fondé le collectif Sunheat. Par ailleurs, elle s'est fait connaître pour ses échanges musclés avec des chroniqueurs pro-israéliens, notamment Jean Messiha sur Sud Radio. Elle y défendait son opposition à
"la politique mortifère de Netanyahou".
Son engagement dépasse la seule question du Proche-Orient. En effet, elle intervient aussi sur les discriminations visant les musulmans en France, en particulier les femmes voilées.
La loi de 2004, une "stigmatisation" selon Chaï Roos
Pour Chaï Roos, tout part d'un même texte. Elle vise la loi de 2004, qui interdit les signes religieux ostensibles à l'école publique.
"C'est cette loi qui a stigmatisé la population musulmane sous couvert de laïcité dans les établissements scolaires"
, affirme-t-elle. Selon elle, ce cadre juridique visait en réalité une population précise."On sait tous que ça dissimulait une stigmatisation sur les jeunes femmes musulmanes",
ajoute la militante. C'est pourquoi elle réclame aujourd'hui l'abrogation pure et simple du texte.Un appel à la mobilisation des femmes
Chaï Roos ne s'arrête pas au constat. Elle appelle directement à l'action collective.
"Il est important que toutes les femmes se mobilisent pour lutter contre cette répression"
, martèle-t-elle. Selon elle, l'enjeu dépasse la seule communauté musulmane.La militante parle d'une "liberté féminine de décider de se voiler ou de se dévoiler". Ainsi, elle place le débat sur le terrain de l'autonomie corporelle, plutôt que sur celui de la religion seule.
Chaï Roos élargit ensuite son propos. Elle distingue plusieurs raisons de porter un voile, au-delà de la seule pratique religieuse musulmane.
"Mon soutien à toutes ces femmes qui ont décidé de porter le voile parce qu'elles étaient juives, musulmanes, malades, tout simplement parce qu'elles n'avaient pas envie de se coiffer"
, déclare-t-elle. Cette liste volontairement large vise à sortir le débat du seul cadre islamique.La militante a d'ailleurs porté elle-même un foulard vert lors de son intervention.
"La couleur de l'espoir",
précise-t-elle. Le geste accompagne ainsi son message politique.Une nouvelle offensive du RN sur le voile
Cette sortie intervient dans un contexte précis. Le 30 août 2026, le député RN Jean-Philippe Tanguy a annoncé, sur BFMTV, vouloir sanctionner le port du voile dans l'espace public.
Selon lui, en cas de victoire de Marine Le Pen en 2027, les femmes voilées
"auront une amende"
, au même titre que les automobilistes sans ceinture de sécurité. Il affirme que cette mesure est "soutenue par 60 % à 70 %"
des Français, un chiffre qu'il n'a toutefois pas sourcé publiquement.Cette proposition n'a rien de nouveau. Elle figurait déjà au programme de Marine Le Pen lors de ses trois premières candidatures présidentielles. Jordan Bardella l'a depuis confirmée, tout en niant vouloir instaurer
"une police du vêtement".
Plusieurs juristes contestent pourtant sa solidité. La constitutionnaliste Anne-Charlène Bezzina la juge
"absolument pas crédible juridiquement"
. En revanche, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, s'est elle aussi interrogée sur son applicabilité.La France doit "dévoiler son cœur", selon une intervenante
Chaï Roos n'est pas seule sur ce terrain. Une autre intervenante, elle-même porteuse du hijab, s'est exprimée face à Sonia Mabrouk sur le même sujet.
"Il est temps que la France dévoile son cœur et son âme, parce que ce sont les esprits qui sont voilés"
, a-t-elle déclaré. Selon elle, seule la France jetterait l'opprobre sur les femmes voilées, contrairement à d'autres pays.Chaï Roos reprend cet argument à son compte. Elle cite l'ONU et la Cour européenne des droits de l'homme comme institutions ayant, selon elle, déjà pointé ce traitement différencié.
"En espérant qu'on puisse dévoiler la vérité et qu'on laisse les personnes s'exprimer"
, conclut-elle.A lire également:

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