Grand remplacement: Zekri accuse Aurore Bergé de racisme
13:42, 13/09/2026, dimanche
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Abdallah Zekri, président de l'Observatoire national de lutte contre l'islamophobie et vice-président du CFCM, dénonce les propos d'Aurore Bergé sur le "Grand Remplacement".
Abdallah Zekri, président de l'Observatoire de lutte contre l'islamophobie et vice-président du CFCM, condamne les propos d'Aurore Bergé sur le "grand remplacement". La ministre a refusé de qualifier cette théorie de raciste, évoquant un débat politique. Zekri dénonce une idéologie qui présente la population immigrée, notamment musulmane, comme une menace. La polémique divise jusqu'au camp présidentiel, entre soutiens à la ministre et critiques virulentes venues de sa propre majorité.
Abdallah Zekri hausse le ton. Le président de l'Observatoire national de lutte contre l'islamophobie condamne les propos d'Aurore Bergé sur le "grand remplacement". Selon lui, la ministre a tenu des propos racistes en refusant de qualifier cette théorie comme telle.
La polémique enfle depuis deux jours en France. Elle dépasse désormais le seul camp présidentiel et touche à une question sensible: celle du racisme institutionnel.
Ce que dénonce Abdallah Zekri
Le vice-président du
Conseil français du culte musulman (CFCM)
n'a pas mâché ses mots. "Je suis indigné par les propos racistes de Mme Aurore Bergé présentant le grand remplacement comme une théorie non raciste"
, a-t-il déclaré.Il ajoute une mise en garde claire.
"Le grand remplacement est une idéologie qui présente la population immigrée, notamment musulmane, comme une menace"
, explique-t-il.Joint par téléphone par notre rédaction,
Abdallah Zekri
maintient ses propos et précise: "qu'une personne membre du gouvernement s'exprime ainsi est un scandale".
Cette sortie place
Abdallah Zekri
au cœur d'un débat national. En effet, sa fonction lui donne une légitimité particulière pour s'exprimer sur l'islamophobie en France.Une double casquette institutionnelle
Abdallah Zekri
cumule deux fonctions. Il préside l'Observatoire national de lutte contre l'islamophobie
. Il occupe également le poste de vice-président du CFCM
, l'instance qui représente le culte musulman en France.Cette double casquette pèse dans le débat public. Par conséquent, ses prises de position sont régulièrement reprises par les médias, en France comme à l'étranger.
Le "grand remplacement", une théorie conspirationniste
Tout commence le 9 septembre 2026, sur le plateau de CNews. Aurore Bergé, ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, est interrogée sur le caractère raciste de cette théorie.
Sa réponse surprend.
"Non, je ne pense pas que ce soit une théorie..."
, répond-elle, avant de laisser sa phrase en suspens. Elle qualifie ensuite le sujet de "débat politique".
Le lendemain, sur franceinfo, la ministre tente de clarifier sa position. Elle invoque la liberté d'expression pour justifier son refus d'employer le mot "raciste". Elle assure toutefois
"combattre"
cette théorie, qu'elle juge "fausse"
et "mensongère".
Une théorie née à l'extrême droite
Le "grand remplacement" a été conceptualisé par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La théorie prétend qu'une élite organiserait le remplacement de la population blanche et chrétienne par une immigration venue du Sud.
Les chercheurs qui ont étudié ce concept le jugent unanimement infondé. De plus, cette idéologie a inspiré plusieurs attentats terroristes, dont celui de Christchurch en Nouvelle-Zélande en 2019.
C'est pourquoi les propos d'Aurore Bergé suscitent une telle indignation. Une ministre chargée de la lutte contre les discriminations refuse ici de nommer clairement une théorie raciste.
Une polémique qui divise jusqu'au camp présidentiel
Les critiques ne viennent pas seulement de l'opposition. Au sein même de son parti, la ministre essuie des attaques virulentes. La députée Prisca Thévenot l'a ainsi rappelée à l'ordre publiquement.
"Le racisme est un délit"
, a-t-elle écrit sur X. Elle rappelle par ailleurs que cette théorie complotiste "a motivé des attentats terroristes".
À gauche, les réactions sont plus radicales encore. Le député Manuel Bompard réclame la démission de la ministre. Il juge incompatible sa fonction avec ses déclarations sur le sujet.
Un contexte législatif chargé
Cette polémique tombe à un moment particulier. Aurore Bergé doit en effet défendre au Sénat, dans quelques semaines, un projet de loi contre le racisme et l'antisémitisme.
Dès lors, ses propos fragilisent sa position politique. Comment porter un texte contre le racisme tout en refusant de qualifier une idéologie raciste comme telle ?
Ce qu'il faut retenir de cette polémique
Abdallah Zekri rejoint donc un mouvement de contestation plus large. Sa voix s'ajoute à celles venues de la majorité présidentielle et de l'opposition de gauche.
Cependant, sa condamnation porte un accent particulier. Elle vient directement d'une institution qui représente les musulmans de France, premiers visés par cette théorie.
La ministre, elle, campe sur sa position. Elle assure combattre le
"grand remplacement"
tout en refusant de le qualifier de raciste. Ce point de tension reste, à ce stade, entier.A lire également:

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