16:06, 04/09/2026, vendredi
Smotrich veut "un million de colons" en Palestine occupée (Cisjordanie)
Le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich veut porter à un million le nombre de colons en Palestine occupée (Cisjordanie). Il s'exprimait à l'inauguration de la colonie de Maale Arugot, dans le bloc de Goush Etzion. Le ministre Zeev Elkin évoque 200 colonies supplémentaires pour le prochain mandat. Le président du conseil régional de Goush Etzion, Yaron Rosental, a comparé l'opération au projet de la zone E1, destiné selon lui à "mettre fin au rêve d'un État palestinien".
Le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich a fixé un nouvel objectif chiffré. Il veut porter à un million le nombre de colons israéliens en Palestine occupée (Cisjordanie).
Il s'exprimait lors de l'inauguration de la colonie de Maale Arugot. Ce nouvel avant-poste relie plusieurs implantations du bloc de colonisation de Goush Etzion, au sud de Jérusalem.
Par ailleurs, le ministre Zeev Elkin a évoqué la création possible de 200 colonies supplémentaires. Cette annonce interviendrait lors d'un prochain mandat gouvernemental. Ainsi, le projet de colonisation israélien franchit une nouvelle étape.
"Un million de colons" en Cisjordanie occupée
Bezalel Smotrich n'a pas caché ses ambitions.
"Nous voulons faire en sorte qu'il y ait un million de colons en Judée et en Samarie"
, a-t-il déclaré.Le ministre reprend ici la terminologie israélienne pour désigner la Palestine occupée (Cisjordanie). Cette formulation nie l'existence même d'un territoire palestinien.
Smotrich a ensuite précisé sa vision politique. Il a affirmé vouloir faire de cette région
"une partie indissociable de la terre d'Israël, de l'État d'Israël, pour toujours et à jamais".
Le ministre a également rejeté toute perspective de partage territorial. Il a évoqué
"les idées terribles et menaçantes consistant à diviser le pays et à céder des territoires à l'ennemi"
. Cette phrase vise directement la solution à deux États.Un appel électoral assumé
Smotrich n'a pas limité son discours à la colonisation. Il a aussi appelé les colons à mobiliser l'électorat israélien.
Selon lui, l'enjeu dépasse la seule implantation de Maale Arugot. Il a évoqué
"la fierté nationale"
et "une identité juive très claire de l'État d'Israël"
. Cette rhétorique s'inscrit dans un contexte préélectoral, alors que des élections législatives sont attendues d'ici octobre 2026.Maale Arugot, nouvelle pièce du bloc de Goush Etzion
La colonie de Maale Arugot vient combler un espace entre plusieurs implantations existantes. Elle renforce ainsi la continuité territoriale du bloc de Goush Etzion.
Ce bloc de colonisation s'étend au sud de Jérusalem, en plein cœur de la Palestine occupée (Cisjordanie). Il figure parmi les zones que les gouvernements israéliens successifs cherchent à annexer en priorité.
Smotrich lui-même réside dans une colonie de Cisjordanie occupée. Il appartient à la frange la plus radicale de l'extrême droite israélienne. Cette dernière milite ouvertement pour l'annexion de l'ensemble du territoire, en violation des accords d'Oslo.
Elkin annonce 200 colonies supplémentaires en projet
Le ministre Zeev Elkin a complété les annonces de son collègue. Selon lui, 200 colonies supplémentaires pourraient voir le jour lors d'un prochain mandat gouvernemental.
Ce chiffre donne la mesure du projet. En effet, il ne s'agit plus seulement d'agrandir des implantations existantes. L'objectif affiché vise une multiplication du nombre de colonies sur l'ensemble du territoire.
Cette annonce s'ajoute à un mouvement déjà engagé. Smotrich avait présenté en février 2026 son programme "Colonisation 2030". Il y détaillait ses objectifs pour le prochain gouvernement, dont l'abrogation des accords d'Oslo.
Goush Etzion et la zone E1: "enterrer" l'État palestinien
Yaron Rosental, président du conseil régional de Goush Etzion, a livré une lecture sans détour de l'opération. Il a comparé Maale Arugot au projet de colonisation de la zone E1.
Selon lui,
"ce que nous faisons ici, avec l'implantation de cette colonie, c'est exactement ce qu'ont fait le ministre Smotrich et le gouvernement israélien dans la zone E1"
. Il a ajouté que l'objectif consistait à "mettre fin au rêve d'un État palestinien".
Cette référence n'est pas anodine. La zone E1 relie la colonie de Maale Adumim à Jérusalem-Est. Sa colonisation couperait la Palestine occupée (Cisjordanie) en deux parties distinctes, rendant impossible la contiguïté d'un futur État palestinien.
Un projet relancé en 2025
Smotrich avait annoncé l'approbation du projet E1 en août 2025. Il avait alors revendiqué la construction de plus de 3 000 logements dans ce corridor. Le ministre avait justifié cette décision comme une réponse aux reconnaissances internationales de l'État de Palestine.
Le ministère palestinien des Affaires étrangères avait qualifié ce projet de prolongement des
"crimes de génocide, de déplacement et d'annexion"
. Cette qualification rejoint les conclusions de plusieurs mécanismes d'enquête des Nations unies sur la situation en Palestine occupée (Cisjordanie).Une colonisation jugée illégale par le droit international
Les colonies israéliennes en Palestine occupée (Cisjordanie) sont considérées comme illégales par la quasi-totalité de la communauté internationale. La quatrième convention de Genève interdit en effet à une puissance occupante de transférer sa population vers un territoire occupé.
Cependant, l'armée d'occupation israélienne continue de protéger et d'étendre ce réseau de colonies depuis plus de cinquante ans. Cette expansion se poursuit malgré les condamnations répétées de l'Organisation des Nations unies.
La situation judiciaire de Bezalel Smotrich illustre la gravité de ces accusations. En avril 2026, le procureur de la Cour pénale internationale a demandé un mandat d'arrêt à son encontre. Les chefs retenus incluent le crime de guerre, le crime contre l'humanité et le crime d'apartheid.
Une accélération à l'approche des élections
Le calendrier électoral israélien éclaire la séquence actuelle. Des élections législatives doivent se tenir au plus tard en octobre 2026.
Dans ce contexte, les annonces de colonisation se multiplient. Smotrich et Elkin cherchent ainsi à mobiliser l'électorat le plus radical de la coalition sortante. En revanche, cette stratégie électorale se traduit sur le terrain par une dépossession accrue des Palestiniens.
Ces annonces confirment une accélération du projet de colonisation. Elles interviennent alors que la Cour pénale internationale examine des accusations de crimes de guerre visant directement Smotrich.
Pour les Palestiniens, ce projet politique a un nom clair. Selon les propres mots du président du conseil régional de Goush Etzion, il vise à
"mettre fin au rêve d'un État palestinien".
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