La rédaction avec
16:29, 04/09/2026, vendredi

À Arraba, l'armée d'occupation israélienne arrache des oliviers vieux de 70 ans

Le 1er septembre 2026, des bulldozers de l'armée d'occupation israélienne ont arraché des dizaines d'oliviers près d'Arraba, au sud-ouest de Jénine, en Palestine occupée (Cisjordanie). Les propriétaires palestiniens dénoncent une opération sans justification claire, l'armée évoquant la "sécurisation des routes". Cet épisode s'ajoute à une longue série de destructions dans la région, où plus de 35 000 arbres ont été détruits en 2025 selon le Bureau palestinien de surveillance des données.

Des bulldozers de l'
armée d'occupation israélienne
ont déraciné des dizaines d'oliviers près d'Arraba. La scène s'est déroulée mardi 1er septembre 2026, à l'entrée nord de la ville, au sud-ouest de Jénine, en Palestine occupée (Cisjordanie).

Les propriétaires des terrains ont assisté, impuissants, à la destruction. Plusieurs d'entre eux dénoncent une opération sans justification claire. Ainsi, la colère grandit chez les agriculteurs palestiniens de la région.

Des bulldozers israéliens à l'œuvre près d'Arraba

L'opération a visé les deux côtés de la route reliant Arraba à Ya'bad, au sud-ouest de Jénine. Des bulldozers et des engins lourds ont arraché les arbres sous protection militaire.

Les soldats israéliens encadraient le chantier de destruction. Par ailleurs, l'opération s'est poursuivie sur plusieurs jours consécutifs, selon des sources locales relayées par la presse.

Les arbres visés comprenaient des oliviers centenaires et de jeunes plants. Cette destruction menace directement les revenus de plusieurs familles d'agriculteurs palestiniens installées dans la zone.

Une opération justifiée par la "sécurisation des routes"

Les autorités d'occupation avancent un argument sécuritaire. Selon elles, l'arrachage vise à
"sécuriser les routes"
et à
"protéger le passage des colons".

Cette justification ne convainc pas les habitants. En effet, plusieurs propriétaires affirment vivre sur place depuis des décennies, sans le moindre incident recensé.

"Les oliviers sont-ils des terroristes ?"

Sur place, les témoignages se recoupent. Nasra Ali Khalil, propriétaire d'un des terrains touchés, a assisté à l'arrachage de ses arbres depuis la route.

"Ces oliviers ont été plantés depuis 70 ans. Pourquoi les ont-ils arrachés ?"
, a-t-elle demandé. Elle affirme que les soldats n'ont laissé
"rien"
sur sa parcelle.
La sexagénaire a dénoncé le motif invoqué par l'armée. Un soldat aurait évoqué la présence de
"terroristes"
pour justifier l'opération. Elle a alors interrogé:
"les oliviers sont des terroristes, peut-être ?"
Selon elle, ces arbres représentent bien plus qu'une ressource économique.
"Nous les avons élevés comme nous élevons nos enfants"
, a-t-elle confié, en larmes devant les troncs déracinés.

Un accord contesté, une explication introuvable

Nasser Fari, autre propriétaire palestinien de la zone, raconte avoir interpellé directement un soldat israélien sur place. Celui-ci aurait évoqué une
"autorisation"
pour justifier l'arrachage.
Cependant, aucun document n'a été présenté aux familles concernées.
"Personne ne m'a expliqué [quel genre d'autorisation c'était]"
, a-t-il rapporté.

L'armée aurait également invoqué des jets de pierres dans le secteur. Nasser Fari conteste fermement cette version. Il vit sur ces terres depuis 60 ans, dit-il, sans qu'aucune pierre n'ait jamais visé les forces israéliennes.

Des commerces déjà démolis, avant les arbres

Abdullah Fari, également propriétaire d'un terrain, évoque une opération plus large. Selon lui, l'armée avait déjà détruit des commerces à Arraba avant de s'attaquer aux oliviers.

"Ils arrachent et détruisent les oliviers depuis ce matin"
, a-t-il déploré. Il souligne que les arbres visés portaient encore leurs fruits au moment de leur destruction.

Arraba, un point chaud de l'arrachage d'oliviers en Palestine occupée

Cet épisode ne relève pas d'un cas isolé. Arraba a déjà connu plusieurs vagues d'arrachage ces derniers mois, selon des médias palestiniens.

En mars 2026, des bulldozers avaient déjà déraciné des dizaines d'oliviers près du camp de réfugiés d'Arraba, sur un terrain de 25 dounams. Des menaces de démolition visaient aussi des commerces et une maison à l'entrée de la ville.

D'autres localités du gouvernorat de Jénine subissent le même sort. À Zubaba, l'armée a arraché des milliers d'oliviers sur environ 13 hectares en l'espace de quelques jours, cet été.

Des chiffres qui donnent la mesure du phénomène

Le Bureau palestinien de surveillance des données a documenté l'ampleur des destructions. En 2025, les autorités israéliennes et les colons ont détruit ou endommagé plus de 35 000 arbres en Cisjordanie occupée, dont près de 27 000 oliviers.

Le ministère palestinien de l'Agriculture a par ailleurs recensé plus de 2 500 oliviers déracinés, brûlés ou endommagés sur seulement dix jours, fin juin et début juillet 2026. Les pertes agricoles directes dépassent, selon lui, 11,7 millions d'euros.

Ces chiffres confirment un mécanisme récurrent. En effet, les organisations palestiniennes dénoncent depuis des années une politique d'arrachage systématique, liée à l'expansion des colonies israéliennes.

Ce que l'olivier représente pour les Palestiniens

L'olivier dépasse le simple cadre agricole en Palestine. Il incarne l'attachement à la terre, transmis de génération en génération.

De nombreuses familles cultivent les mêmes parcelles depuis des décennies, voire depuis avant 1948. C'est pourquoi chaque arrachage touche à la fois un revenu et une mémoire familiale.

Les organisations de défense des droits humains documentent régulièrement ces destructions. Elles y voient un outil de pression, destiné à pousser les familles palestiniennes à quitter leurs terres.

L'accès aux parcelles reste par ailleurs très encadré. Plusieurs agriculteurs de la région ne peuvent travailler leurs champs qu'en coordination préalable avec l'armée israélienne, sous peine de risquer une confrontation avec des colons.

Pour les familles concernées, la perte dépasse le seul terrain agricole. Elle touche à l'histoire d'une terre transmise sur plusieurs générations.

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