17:41, 09/09/2026, mercredi
Rubio refuse de sanctionner les colonies israéliennes
Marco Rubio a exclu mardi toute sanction américaine contre les colonies israéliennes en Palestine occupée (Cisjordanie). Douze pays occidentaux, dont le Royaume-Uni et la France, viennent pourtant d'interdire les produits issus des colonies. L'ambassadeur Mike Huckabee a dénoncé une "discrimination" contre Israël. Washington invoque la stabilité régionale et le plan de paix pour Gaza. Cette position prolonge le revirement amorcé par l'administration Trump dès janvier 2025.
Douze pays occidentaux viennent d'interdire les produits issus des colonies israéliennes en Palestine occupée (Cisjordanie). Washington, lui, refuse de suivre.
Interrogé à Miami avant son départ pour l'Amérique latine, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a tranché sans détour. Sa réponse a fusé:
"De toute évidence, nous n'allons pas faire comme eux."
Cette prise de position isole un peu plus les États-Unis. Elle intervient alors que le Royaume-Uni, la France et dix autres pays occidentaux viennent d'annoncer des sanctions commerciales contre les colonies.
Douze pays occidentaux sanctionnent les colonies israéliennes
Le Royaume-Uni a ouvert la marche mardi. Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, a annoncé une interdiction totale des échanges commerciaux avec les colonies.
Onze autres pays occidentaux ont suivi le même jour. La France et le Canada figurent parmi eux. Ensemble, ces douze États bannissent désormais les produits fabriqués dans les colonies de Palestine occupée (Cisjordanie).
Cette mesure vise directement l'économie de la colonisation. En effet, elle cible la construction, le financement et l'immobilier liés aux colonies. Ces dernières restent illégales au regard du droit international.
L'annonce ne sort pas de nulle part. Elle répond à des semaines d'attaques répétées de colons contre des villages palestiniens. Par ailleurs, elle suit l'approbation du projet de colonie E1, qualifié de "ligne rouge" par Londres.
Ce que Marco Rubio a déclaré à Miami
Marco Rubio s'exprimait devant la presse avant d'embarquer pour la Colombie, le Pérou et l'Équateur. Le chef de la diplomatie américaine a d'abord botté en touche sur le fond des sanctions.
"De toute évidence, nous n'allons pas faire comme eux"
, a-t-il déclaré, en référence au Royaume-Uni. Il a ajouté ne pas vouloir commenter davantage cette décision européenne.Le secrétaire d'État a cependant reconnu les tensions sur le terrain. Il a évoqué la nécessité de préserver
"la stabilité"
dans un territoire déjà sous pression.Selon lui, la région traverse
"un moment très sensible"
. Il a donc appelé à éviter tout embrasement supplémentaire en Palestine occupée (Cisjordanie).Un impact assumé sur le plan de paix à Gaza
Marco Rubio a justifié sa retenue par un argument diplomatique précis. Ces crispations, selon lui, nuisent aux négociations sur Gaza.
Il a cité le plan en vingt points porté par l'administration américaine. Washington reste
"très engagé"
dans ce dossier, a-t-il insisté devant les journalistes.Cet argument déplace toutefois le regard. Il évite de questionner la légalité des colonies elles-mêmes, pourtant condamnées par la quasi-totalité de la communauté internationale.
Mike Huckabee dénonce une "discrimination" contre Israël
L'ambassadeur américain en Israël n'a pas ménagé ses mots. Mike Huckabee a qualifié les sanctions européennes de
"décision irrationnelle".
Il s'est interrogé publiquement sur la cohérence de Londres.
"Où sont les sanctions contre la Corée du Nord, la Chine, la Russie ?"
, a-t-il demandé.L'ambassadeur est allé plus loin. Il a parlé de
"discrimination contre le gouvernement israélien"
et de "discrimination contre le peuple juif".
Cette formulation mérite une précision. Les sanctions occidentales visent des colonies jugées illégales par le droit international, non une identité religieuse ou nationale. C'est une distinction que les critiques de la mesure passent souvent sous silence.
Un revirement assumé depuis janvier 2025
La position de Washington ne date pas de mardi. Elle s'inscrit dans la continuité de l'administration Trump.
Dès janvier 2025, le gouvernement américain avait annulé les sanctions visant des colons extrémistes. Ces mesures avaient pourtant été mises en place sous Joe Biden, après des violences documentées contre des civils palestiniens.
Ainsi, l'écart se creuse entre Washington et ses alliés européens. D'un côté, Londres, Paris et dix autres capitales renforcent la pression économique. De l'autre, les États-Unis protègent l'activité commerciale des colonies.
Ce qu'il faut retenir de la position américaine
Marco Rubio confirme donc l'isolement diplomatique des États-Unis sur ce dossier. Washington refuse toute mesure coercitive contre Tel-Aviv, malgré l'ampleur de la coalition occidentale qui se forme.
Cette divergence pèse sur l'équilibre régional. Elle éclaire aussi les limites du plan de paix américain pour Gaza, brandi comme argument pour ne rien changer en Palestine occupée (Cisjordanie).
Les prochaines semaines diront si d'autres pays rejoignent le mouvement lancé par le Royaume-Uni. Le débat, lui, reste entier sur la légalité des colonies israéliennes.
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