La rédaction
17:27, 17/08/2026, lundi

Yoseph Haddad acculé sur les frappes israéliennes lors d'un podcast

Sur le podcast américain "Digital Social Hour", Yoseph Haddad a été mis en difficulté par Dennis Feitosa. Interrogé sur son rôle de commandant et sur d'éventuelles frappes contre une école, le militant pro-israélien a reconnu avoir ordonné des frappes aériennes, tout en niant l'avoir fait "personnellement". Le ton est monté jusqu'à une bagarre, en studio puis sur le parking. Haddad a porté plainte ; Feitosa conteste sa version.

Un débat sur Gaza a mis
Yoseph Haddad
en grande difficulté. Le militant pro-israélien affrontait seul dix contradicteurs sur le podcast américain "Digital Social Hour". Face à Dennis Feitosa, il a été poussé dans ses retranchements sur son passé militaire. La séquence, diffusée le 11 août 2026, a fait le tour des réseaux sociaux.

L'échange portait sur un point précis. Feitosa l'a interrogé sur d'éventuels ordres de bombardement, dont une frappe visant une école. La réponse de Haddad a nourri la polémique. Elle a aussi débouché sur une bagarre, en studio puis sur le parking.

Ce qui s'est passé sur le plateau de "Digital Social Hour"

L'enregistrement s'est tenu le lundi 10 août 2026 à Los Angeles. Le podcast, animé par Sean Kelly, mise sur la confrontation directe. Haddad devait y affronter dix militants pro-palestiniens, les uns après les autres.

Ce format "un contre dix" produit du clic. En revanche, il produit rarement de la nuance. Il installe d'emblée un rapport de force plutôt qu'un vrai débat.

Dennis Feitosa est arrivé en fin de séquence. Ancien candidat républicain au Congrès, il s'est imposé comme une voix critique d'Israël en ligne. Il a ciblé sans détour le rôle militaire de son interlocuteur. Le ton est alors monté très vite.

Yoseph Haddad interrogé sur les frappes contre une école

Feitosa a posé une question directe. Il voulait savoir si Haddad, présenté comme un ancien commandant, avait ordonné des bombardements. Il visait en particulier une frappe contre une école.

Selon le récit de Feitosa et les extraits diffusés, Haddad a reconnu avoir ordonné des frappes aériennes pendant son service. Cependant, il a nié les avoir menées
"personnellement"
. Il n'a pas précisé les lieux ni les circonstances de ces opérations.

Cette réponse a paru évasive à son contradicteur. Feitosa a donc relancé, sans obtenir de détails. Il a ensuite accusé Haddad d'avoir "tacitement" admis des frappes sur des écoles.

Un échange difficile à vérifier mot pour mot

Une réserve s'impose ici. Aucune transcription officielle du débat n'a été publiée à ce jour. Les deux camps diffusent leurs propres extraits, et chacun sélectionne les secondes qui l'arrangent.

La formulation exacte de Haddad reste donc discutée. Même un média pro-israélien comme Israel National News présente ces propos comme une accusation de Feitosa, et non comme un fait établi. La prudence reste de mise sur ce point.

Une précision sur le parcours de Haddad éclaire le débat. L'intéressé a servi dans la brigade Golani et a été grièvement blessé lors de la guerre du Liban de 2006. Son statut de
"commandant"
repose surtout sur sa propre description pendant l'échange.

De la joute verbale à la bagarre

La discussion a vite glissé vers le contact physique. Feitosa a traité Haddad de "genocidal freak", puis de "baby killer". Haddad, de son côté, l'a qualifié de couard.

Feitosa a ensuite saisi le bras de son adversaire à travers la table. Haddad a réagi en tentant de plaquer sa tête contre le plateau. Les autres participants se sont interposés. La production a alors interrompu l'enregistrement.

L'affaire ne s'est pourtant pas arrêtée là. Sur le parking, les deux hommes se sont retrouvés. Une seconde vidéo montre de nouvelles poussées et des coups. Des agents de sécurité ont fini par les séparer.

Plainte et versions contradictoires

Haddad a déposé plainte auprès de la police américaine. Il réclame des poursuites contre Feitosa. Sur X, il affirme avoir été
"attaqué"
par un militant d'extrême droite.
"Il ne savait pas qu'il avait choisi un soldat Golani"
, a-t-il écrit.

Feitosa conteste entièrement cette version. En effet, il présente Haddad comme l'agresseur. De plus, il l'a mis au défi de régler la question sur un ring de boxe. Aucune interpellation n'a été signalée à ce jour.

Les deux camps continuent de diffuser leurs images. Ainsi, la chronologie exacte de l'altercation reste contestée. Chacun avance sa propre lecture des faits.

Gaza, le vrai sujet effacé par la bagarre

L'épisode illustre un mécanisme désormais bien rodé. La violence physique éclipse le fond du débat. Or ce fond existe bel et bien.

Feitosa reprochait à Haddad de justifier des frappes contre des écoles et des quartiers d'habitation à Gaza. Ces reproches rejoignent ceux d'organisations de défense des droits humains. Plusieurs mécanismes d'enquête des Nations unies documentent en effet des frappes israéliennes contre des écoles et des abris abritant des déplacés.

La couverture médiatique a pourtant suivi un autre chemin. De nombreux titres ont raconté une simple rixe entre personnalités du web. Peu ont examiné la substance des reproches adressés à l'armée israélienne. Les habitants de Gaza, eux, disparaissent du récit.

Le format du podcast porte aussi sa part de responsabilité. Un homme seul face à dix contradicteurs ne produit pas un débat. Il produit un spectacle, conçu pour l'affrontement et calibré pour l'algorithme.

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