15:57, 12/08/2026, mercredi
Trump s'explique sur son changement d'avion en Türkiye
Donald Trump a confirmé mardi 11 août 2026 son changement d'avion secret réalisé le 8 juillet en Türkiye, après le sommet de l'OTAN à Ankara. Face à une menace iranienne, il aurait quitté Air Force One pour un avion militaire, sur les conseils du Secret Service. La presse américaine situe l'exfiltration sur le tarmac d'Ankara. L'affaire suscite des questions à Washington, où les démocrates réclament des explications au Congrès.
Donald Trump a confirmé mardi 11 août 2026 son changement d'avion secret réalisé en
Türkiye
. La manœuvre a eu lieu le 8 juillet, à Ankara, juste après le sommet de l'OTAN.Le président américain a été transféré vers un autre appareil avant de rejoindre le Royaume-Uni. Il invoque une possible menace et les consignes de ses services de sécurité.
L'affaire agite désormais Washington. En effet, elle soulève des questions sur la sécurité présidentielle, sur la réalité de la menace et sur la communication de la Maison-Blanche.
Ce que Trump a dit
Interrogé près de Washington, le président a minimisé l'épisode. Il assure avoir suivi les recommandations de ses agents.
"Je suis simplement ce qu'ils veulent faire. Donc je suis les recommandations du Service Secret et de l'armée"
, a-t-il déclaré. "Ils voulaient que je prenne un autre vol, un autre avion, avec le même niveau de sécurité. Alors je le fais. Je fais ce qu'ils me disent."
Un journaliste lui a demandé pourquoi ce transfert avait été jugé nécessaire. La réponse est restée vague.
"Je suppose qu'il y avait une menace. Je n'ai pas vraiment posé beaucoup de questions à ce sujet. Je reçois beaucoup de menaces"
, a répondu Donald Trump.Un récit qui pointe vers l'Angleterre
Le président a ensuite décrit le trajet de l'appareil. Selon lui, l'avion s'est arrêté au Royaume-Uni pour être montré aux soldats américains.
"Celui-ci est allé en Angleterre parce que les soldats voulaient le voir. Et il s'est arrêté. Et ils l'ont montré aux soldats. Et nous avons fait le changement là-bas"
, a-t-il affirmé. Il ajoute que tout s'est fait "conformément aux recommandations de l'armée".
Le journaliste a alors soulevé une contradiction. Pourquoi Air Force One serait-il trop dangereux pour le président, mais acceptable pour les militaires ?
"Je pense que l'avion à bord duquel j'ai voyagé courait un plus grand risque"
, a répondu Trump. "Parce que ce serait l'avion, je pense, qu'ils seraient davantage susceptibles de prendre pour cible."
Une exfiltration secrète sur le tarmac d'Ankara
Le récit de la presse américaine diffère toutefois sur un point clé. D'après le Washington Post et le New York Times, le changement s'est produit à Ankara, et non en Angleterre.
Devant les caméras, Donald Trump est bien monté dans l'ancien Air Force One. Cependant, il en est aussitôt ressorti par l'autre côté de l'appareil.
Le président aurait alors pris place dans un véhicule du service traiteur arrimé au Boeing 747. Ce camion l'a conduit vers un avion militaire plus petit, un C-32A de l'armée de l'air.
Un avion-leurre pour tromper la menace
L'ancien Air Force One a ensuite décollé sans le président à son bord. Une douzaine de journalistes voyageaient à l'arrière, persuadés d'accompagner Donald Trump.
De hauts responsables se trouvaient aussi dans l'avion-leurre. Le chef de la diplomatie Marco Rubio figurait parmi eux, selon le Wall Street Journal.
Un détail avait intrigué la presse sur le moment. En effet, le Secret Service avait exigé que les stores des hublots restent baissés au décollage. Cette consigne reste très rare en dehors des zones de combat.
Le même manège s'est reproduit à l'arrivée. Sur la base militaire de Mildenhall, dans l'est de l'Angleterre, le président serait remonté secrètement à bord d'Air Force One.
Une "menace iranienne" au cœur de l'affaire
Les médias américains évoquent tous la même origine: l'Iran. La menace visait directement l'avion présidentiel.
Le Wall Street Journal cite un responsable américain. Selon cette source, Israël aurait informé Washington d'un risque de tir de missile sol-air portable contre l'appareil.
Le contexte régional pesait lourd ce jour-là. La Türkiye, pays hôte du sommet, partage en effet une frontière avec l'Iran. Les tensions entre Washington et Téhéran restaient vives après les frappes américaines de 2025 sur les sites nucléaires iraniens.
Au sommet, Trump avait lui-même agité le sujet. Il s'était présenté comme "la cible numéro un pour l'Iran". Par ailleurs, il avait évoqué la mort de dirigeants iraniens lors des frappes précédentes.
L'avion offert par le Qatar au centre des questions
Ce voyage de retour avait déjà connu un rebondissement. Donald Trump s'était rendu en Türkiye avec le nouvel avion présidentiel, un cadeau du Qatar.
Pour le retour, il devait pourtant reprendre l'ancien Boeing 747. Le président avait justifié ce choix par nostalgie,
"pour le bon vieux temps"
. De plus, il voulait que les soldats américains au Royaume-Uni puissent admirer le nouvel appareil.La réalité serait plus prosaïque. Selon plusieurs médias, l'avion offert par le Qatar n'aurait pas reçu toutes les installations de sécurité de l'ancienne machine. Cette hypothèse expliquerait le recours à un troisième appareil, militaire celui-là.
Une affaire devenue politique à Washington
Les révélations ont vite dépassé le cadre sécuritaire. L'opposition démocrate réclame désormais des comptes.
Le chef de file démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a haussé le ton. Il a demandé que les parlementaires soient
"immédiatement informés"
. "Il est inacceptable que le Congrès ait été laissé dans l'ignorance"
, a-t-il critiqué.Trump, de son côté, cherche à désamorcer la polémique. Il affirme n'avoir
"pas été surpris"
et rappelle être "l'objet de beaucoup de menaces"
dont le public n'aurait pas connaissance.Le récit du président face aux faits rapportés
Les déclarations de Donald Trump ne coïncident pas parfaitement avec les informations de la presse. Le président situe le changement d'avion en Angleterre. Les journaux américains le placent sur le tarmac d'Ankara.
Cette divergence reste à ce jour non tranchée. En effet, la Maison-Blanche n'a pas détaillé la chronologie exacte de l'opération.
Le doute nourrit aussi un autre débat. Certains observateurs s'interrogent sur la solidité réelle de la menace invoquée. D'autres soulignent au contraire la prudence légitime des services de protection.
Donald Trump a donc confirmé un épisode de sécurité hors normes en
Türkiye
. Le 8 juillet, il a quitté Ankara à bord d'un avion militaire, et non d'Air Force One.Une menace iranienne aurait déclenché cette exfiltration secrète. Le président assure n'avoir fait qu'obéir à ses agents.
L'affaire n'est pas close pour autant. Entre le récit présidentiel, les fuites de presse et les demandes du Congrès, la lumière complète reste à faire.
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