10:38, 16/10/2026, vendredi
Niger: 134 familles expulsées de l'aéroport de Niamey relogées
Les autorités nigériennes ont relogé les 134 ménages dont les maisons avaient été démolies en mai 2026 dans l'emprise de l'aéroport de Niamey. Depuis septembre, ils vivent à la Cité de la Refondation, à Sorey, dans 84 maisons F4 et 50 maisons F3. La cité doit compter près de 1 000 logements sociaux. Pourtant, des milliers d'habitants déguerpis attendent encore indemnisation et solution de logement.
Les autorités nigériennes ont relogé 134 ménages à Niamey. Leurs maisons avaient été démolies en mai 2026, dans l'emprise de l'aéroport international Diori Hamani. Depuis septembre, ces familles vivent à la Cité de la Refondation, à Sorey. Cependant, des milliers d'autres habitants de la zone attendent encore des réponses.
Relogement à Niamey: ce que l'on sait des 134 familles
Depuis septembre, 134 ménages occupent leurs nouvelles maisons à Sorey. Ces familles avaient perdu leur habitation lors des démolitions de mai 2026. Elles vivaient dans l'emprise de l'aéroport international Diori Hamani.
Le programme compte 84 maisons de type F4 et 50 de type F3. En pratique, un F4 comprend trois chambres et un séjour. Un F3, lui, comprend deux chambres et un séjour.
Selon le média Koaci, une cérémonie officielle a marqué la remise des clés. Le ministre de l'Urbanisme et de l'Habitat, le colonel-major Abdoul Kadri Amadou Daouda, l'a présidée. Elle s'est tenue sous le haut patronage du général Abdourahamane Tiani, chef de l'État.
Le ministre affirme que toutes les dispositions administratives et juridiques ont été prises. Par ailleurs, il présente cette opération comme la première d'extension et de sécurisation de la zone aéroportuaire. D'autres étapes pourraient donc suivre.
Pourquoi la zone de l'aéroport a été libérée
Les autorités invoquent des raisons de sécurité. Le site a été visé à plusieurs reprises par des attaques terroristes. Selon RFI, la base aérienne 101, située dans la même zone, a subi une attaque fin janvier 2026. Dès lors, le gouvernement a voulu dégager les abords de l'aéroport.
D'après Seneweb, un décret du 15 mai 2026 a déclaré la zone d'utilité publique. Ensuite, l'opération a commencé le 31 mai, selon RFI. Les habitants avaient demandé un report pour s'organiser. Ils n'ont pas obtenu gain de cause.
Les autorités visaient le titre foncier numéro 784. Selon elles, les lotissements concernés occupaient 19 % de cet espace. Avant les démolitions, RFI évoquait environ 26 000 personnes, réparties dans quatre lotissements. Ce chiffre donne la mesure de l'opération.
Un volet social annoncé par le gouvernement
Le gouvernement a prévu un volet social. Son objectif affiché: ne laisser aucune famille sans solution de logement. La Cité de la Refondation en est la traduction concrète.
À terme, la cité devrait compter près de 1 000 logements sociaux. Ainsi, elle pourrait accueillir bien plus que les 134 premiers ménages. En revanche, aucun calendrier détaillé n'apparaît dans les sources consultées.
Pour les propriétaires de parcelles, l'État promet aussi des compensations financières, d'après Seneweb. De son côté, le ministre de la Justice a annoncé une commission chargée de fixer les indemnités.
"L'État ne saurait laisser des citoyens dans la rue"
, a déclaré Alio Daouda.Des milliers d'habitants encore dans l'attente
Cependant, 134 familles ne représentent qu'une part des personnes touchées. L'écart avec les 26 000 habitants annoncés est net. Les sources disponibles ne précisent pas la situation actuelle des autres ménages.
La société civile reste vigilante. Selon ChannelAfrica, l'avocat des familles, Me Idrissa Tchernaka, a pris acte de l'offre de l'État. Les habitants l'acceptent, mais à une condition : une évaluation transparente de leurs biens.
Ils réclament une compensation proche de la valeur réelle de leurs maisons. En effet, beaucoup avaient investi leurs économies dans ces constructions. Ils craignent aussi des lenteurs administratives.
Par ailleurs, la sécurité de la capitale se durcit sur d'autres plans. Selon RFI, Niamey a instauré de nouvelles règles de circulation. Elles visent les semi-remorques, les camions-bennes et les véhicules de plus de 20 tonnes. Les camions transportant des produits inflammables sont aussi concernés.
De plus, Seneweb évoque une nouvelle attaque survenue le 18 juin. Elle pourrait accélérer la libération de l'emprise de l'aéroport. En effet, le contexte sécuritaire pèse sur chaque décision. C'est pourquoi le suivi des familles déplacées reste essentiel.
Sécurité et droit au logement: un équilibre à tenir
Un État a le devoir de protéger ses infrastructures stratégiques. Un aéroport attaqué à plusieurs reprises justifie des mesures fortes. Toutefois, ces mesures ne doivent pas faire payer le prix fort aux plus modestes.
C'est pourquoi le relogement compte autant que la démolition. Une famille déguerpie doit retrouver un toit décent, rapidement. De plus, elle doit connaître ses droits et ses indemnités sans attendre.
Ainsi, la Cité de la Refondation sera jugée sur la durée. Les chiffres annoncés devront se vérifier sur le terrain. En outre, la transparence des évaluations sera un test décisif pour la confiance des habitants.
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