Présidentielle 2027: Marine Le Pen veut interdire le voile dans la rue
14:39, 16/10/2026, vendredi
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Marine Le Pen lors de l'émission "Objectif Élysée 2027", où elle a défendu l'interdiction progressive du voile.Invitée de l'émission "Objectif Élysée 2027", Marine Le Pen a défendu une interdiction progressive du voile, des universités jusqu'à la rue. La candidate du RN a aussi présenté sa réforme des retraites, une baisse des impôts de production et la réduction de l'aide financière à l'Ukraine. Elle maintient sa candidature et son soutien à Jordan Bardella pour Matignon. Cependant, l'annonce la plus lourde reste le voile, qui vise d'abord les musulmanes de France.
Marine Le Pen a présenté jeudi soir son programme pour 2027. Elle s'exprimait dans l'émission "Objectif Élysée 2027", diffusée sur Europe 1 et CNEWS. La candidate du Rassemblement national (RN) a défendu une interdiction progressive du voile. Par ailleurs, elle a détaillé ses projets sur les retraites, les impôts et l'Ukraine.
Marine Le Pen et le voile: une interdiction étendue à la rue
Interrogée par Laurence Ferrari, Marine Le Pen veut soumettre un projet de loi à référendum. Ce texte viserait les "idéologies totalitaires". Elle y inscrirait une interdiction progressive du voile.
Le calendrier est précis. Elle commencerait par les universités, les fédérations sportives et les bâtiments publics. Ensuite, l'interdiction gagnerait la rue.
La candidate affirme agir contre une idéologie, et non au nom de la laïcité. Elle entend aussi cibler les financements, les réseaux et les associations qui soutiennent le voile. Ainsi, des associations entières pourraient devenir des cibles.
Un discours rassurant qui ne convainc pas
Marine Le Pen assure que l'islam est compatible avec la République. Elle l'oppose à la charia et au
"fondamentalisme islamiste"
. "Les musulmans, eux, n'ont absolument aucune raison de s'inquiéter"
, a-t-elle déclaré.Pourtant, cette promesse sonne creux. Interdire le voile dans la rue revient à dicter sa tenue à des femmes ordinaires. En effet, ces femmes sont des citoyennes qui étudient, travaillent et font du sport.
De plus, changer de vocabulaire ne change pas la cible. Parler d'idéologie plutôt que de laïcité reste une manière de stigmatiser les musulmans de France.
Retraites: un départ entre 60 et 62 ans
Marine Le Pen prévoit de présenter sa réforme des retraites le 17 novembre. Elle y inclurait un pilier de capitalisation. Cependant, elle n'en a pas détaillé les modalités.
Les personnes entrées dans la vie active avant 20 ans pourraient partir à 60 ans, avec 40 annuités. Pour les autres, l'âge de départ monterait progressivement jusqu'à 62 ans, avec 42 annuités.
Elle juge cette proposition juste et soutenable pour les finances publiques. Toutefois, elle invoque aussi les contraintes budgétaires. Elle attribue à la présidence d'Emmanuel Macron une hausse de la dette de 1 300 milliards d'euros.
Fiscalité: moins d'impôts de production, plus de contribution des grands patrimoines
La candidate défend une baisse de 20 milliards d'euros des impôts de production. Selon elle, cette mesure favoriserait la réindustrialisation et l'investissement des entreprises.
Parallèlement, elle veut faire contribuer les détenteurs de gros patrimoines.
"Tout le monde doit faire un effort"
, a-t-elle estimé. Elle prévoit néanmoins des exonérations pour l'outil de travail et les investissements dans les entreprises. La résidence principale ou unique serait aussi protégée jusqu'à un certain seuil.Elle a également évoqué un soutien à l'installation des jeunes familles et à la naissance d'un troisième enfant. En revanche, elle n'a donné aucun détail.
Lycéens et manifestations: exclusions et interdictions
Dans le contexte des mobilisations lycéennes, Marine Le Pen veut exclure les élèves de plus de 16 ans responsables de dégradations. La mesure vaudrait aussi pour les menaces contre les camarades et les enseignants. Ces élèves devraient trouver un autre établissement.
Elle se dit attachée à la liberté de manifester. Pourtant, elle propose d'interdire de manifester aux personnes régulièrement impliquées dans des violences. Cette interdiction pourrait intervenir en amont des rassemblements.
Elle a aussi accusé le gouvernement de
"laxisme"
. Elle a dénoncé les propos attribués à Emmanuel Macron sur un manque d'empathie des forces de l'ordre. Selon son propre décompte, près de 900 policiers et gendarmes ont été blessés. Elle les décrit comme découragés et abandonnés.Jeunesse et école: permis, train et savoirs fondamentaux
Marine Le Pen propose une prise en charge du permis de conduire. Elle veut ainsi faciliter l'accès à l'emploi dans les territoires ruraux. De même, elle souhaite que les 18-25 ans voyagent dans les places de train invendues, avec un soutien financier de l'État.
Sur l'école, elle défend un retour aux enseignements fondamentaux. Elle attribue les emplois du temps discontinus des lycéens à la réforme du baccalauréat. Elle cite aussi la multiplication des options.
Protection de l'enfance: l'État reprendrait la main
La candidate veut créer un ministère de plein exercice. Elle transférerait la gestion de l'aide sociale à l'enfance des départements à l'État. Elle propose de la rebaptiser
"aide sociale à la famille".
Elle privilégie le maintien des enfants dans leur famille, lorsque leur sécurité le permet. Ensuite viendrait l'accueil par des proches ou des familles d'accueil. Le foyer resterait un dernier recours.
Elle réclame enfin des contrôles renforcés des personnes qui accueillent des enfants. Elle demande aussi une intervention plus rapide en cas de maltraitance, avec des critères communs sur tout le territoire.
Ukraine, Union européenne et intelligence artificielle
Marine Le Pen se dit prête à rencontrer Volodymyr Zelensky. Elle irait aussi en Ukraine si elle y était invitée. Cependant, elle estime que la France n'a plus les moyens de son soutien financier à Kiev. Elle le chiffre à six milliards d'euros d'engagements annuels.
En revanche, elle veut poursuivre l'aide militaire, notamment par des fournitures de matériel.
Elle ne souhaite plus quitter l'Union européenne. Selon elle, la progression de mouvements proches de ses positions permet de la transformer de l'intérieur. Elle maintient néanmoins ses critiques contre une institution qu'elle juge de moins en moins démocratique.
Sur l'intelligence artificielle, elle voit une révolution possible. Elle évoque des créations d'emplois et de meilleures méthodes de travail, notamment dans la santé et la sécurité. Elle dit utiliser elle-même cet outil.
Une candidature revendiquée et un soutien à Bardella
Son pourvoi reste à examiner par la Cour de cassation. Pourtant, Marine Le Pen affirme que sa candidature n'est plus menacée depuis la décision d'appel du 7 juillet.
"Rien ne peut m'empêcher (…) d'être candidate à l'élection présidentielle"
, a-t-elle déclaré.Elle maintient son choix de Jordan Bardella pour Matignon. Interrogée sur les messages antisémites de jeunesse que lui attribue Mediapart, elle a défendu son innocence. Elle a indiqué que la justice avait été saisie contre ce média.
Se présentant comme
"la femme de la situation"
, elle veut gagner sur son projet. Elle préférerait affronter un candidat du centre au second tour plutôt que Jean-Luc Mélenchon. Elle l'accuse d'alimenter la contestation et les dégradations chez une partie de la jeunesse.A lire également:

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