La rédaction
12:07, 05/10/2026, lundi

Ghana : Accra rejette l'accord sanitaire américain

Le Ghana a rejeté un projet d'accord sanitaire proposé par les États-Unis pour remplacer une partie des financements de l'USAID. Le président John Dramani Mahama dénonce des clauses sur le partage des dossiers médicaux, le profil pathogène du pays et l'entrée de médicaments hors du contrôle de l'autorité ghanéenne. Accra mise sur l'investissement national et la production africaine de médicaments. Plusieurs pays africains partagent ces réserves.

Le
Ghana
a refusé un projet d'accord sanitaire proposé par les États-Unis. Ce texte devait remplacer une partie des financements de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID). Accra juge plusieurs clauses incompatibles avec sa souveraineté.

L'enjeu dépasse la simple aide financière. En effet, le projet touchait aux données de santé, aux médicaments et au contrôle des produits médicaux. Ainsi, le Ghana pose une question que d'autres capitales africaines se posent aussi.

Le président John Dramani Mahama a exposé la position de son gouvernement le 25 septembre 2026. Il s'exprimait lors d'une rencontre du Council on Foreign Relations, à New York.

Selon lui, le gouvernement a étudié le projet d'accord. Ensuite, il a décidé rapidement de ne pas y donner suite.

Accord sanitaire Ghana-États-Unis: les clauses qui bloquent

Plusieurs dispositions ont suscité l'opposition d'Accra. Voici les points les plus sensibles, tels que le président ghanéen les a décrits.

Le texte aurait obligé le Ghana à transmettre aux États-Unis son "profil pathogène". Autrement dit, Accra aurait dû livrer des informations sur les agents pathogènes présents sur son sol.

Ces données touchent à la sécurité sanitaire nationale. C'est pourquoi leur transfert à une puissance étrangère pose problème.

Le projet aurait aussi prévu le partage de dossiers médicaux ghanéens. John Dramani Mahama a décrit cette exigence comme difficilement acceptable, voire humiliante pour un État souverain.

De plus, les
données médicales
relèvent de la vie privée des patients. Un État doit pouvoir les protéger lui-même.

Des médicaments hors du contrôle des autorités ghanéennes

Autre point très sensible: la réglementation des médicaments. Selon le président, Washington aurait voulu que les produits médicaux entrent au Ghana sans passer par la Food and Drugs Authority.

Cette autorité ghanéenne régule les médicaments et les produits de santé. Sans elle, comment garantir la sécurité sanitaire de la population ? Pour Accra, la question est fondamentale.

Enfin, le projet aurait demandé au Ghana d'apporter un financement national supplémentaire. Le pays aurait donc payé davantage, tout en cédant du contrôle.

Accra privilégie l'investissement national

Face à ces conditions, le gouvernement ghanéen veut suivre une autre voie. John Dramani Mahama plaide pour une hausse progressive du financement national de la santé.

Il défend aussi le renforcement des capacités africaines de production de médicaments et de vaccins. L'objectif est clair : réduire peu à peu la dépendance à l'aide extérieure.

Par ailleurs, cette stratégie vise à développer des capacités nationales et régionales dans le secteur pharmaceutique.

Plusieurs pays africains partagent les mêmes réserves

Le Ghana n'est pas seul. Washington a proposé de nouveaux accords à plusieurs gouvernements africains. Ils doivent maintenir une partie du soutien américain à la santé.

En revanche, ces accords exigent une participation financière plus forte et davantage de responsabilités des pays bénéficiaires. Les négociations ont donc suscité des réserves.

Elles portent sur le partage des données sanitaires, les informations sur les agents pathogènes et le contrôle des médicaments. Le Zimbabwe a rencontré des difficultés, notamment sur les données de santé.

La Namibie, la Zambie et l'Afrique du Sud ont aussi exprimé des réserves ou résisté à certaines dispositions. Ces informations viennent de l'agence Associated Press.

Une nouvelle bataille autour de la souveraineté sanitaire

Le débat ne porte donc pas seulement sur l'argent. Il pose une question plus large. Jusqu'où un État peut-il accepter une aide si elle limite son contrôle sur ses données, ses médicaments et son système de santé ?

Cette question prend un relief particulier après le recul de l'USAID. Les pays africains cherchent désormais des solutions durables. Cependant, une aide assortie de conditions lourdes peut devenir une nouvelle forme de dépendance.

Le choix du Ghana pourrait ainsi nourrir un débat à l'échelle du continent. Il porte sur les règles de l'aide internationale. Il touche aussi à la nécessité de bâtir des capacités sanitaires, pharmaceutiques et financières africaines.

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