Moussa Hissein Moussa
15:16, 12/10/2026, lundi

CAN 2027: l’Afrique de l’Est sera-t-elle prête ?

Le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie accueilleront la Coupe d’Afrique des nations du 19 juin au 17 juillet 2027. À moins de neuf mois du coup d’envoi, cette première organisation à trois concentre les attentes, entre infrastructures à terminer, coordination régionale et promesse d’un héritage durable.

Trois pays pour accueillir vingt-quatre sélections et porter une même ambition. La CAN 2027 marquera une étape inédite dans l’histoire du football africain: jamais la compétition n’avait été organisée conjointement par trois États. Elle signera également son retour en Afrique de l’Est, cinquante et un ans après l’édition disputée en Éthiopie en 1976.

Le calendrier et le format du tournoi ont été rappelés par la Confédération africaine de football (CAF) en septembre.

Pour le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie, le rendez-vous représente une occasion de placer la région au centre de l’attention sportive continentale. Pendant près d’un mois, les rencontres doivent offrir une visibilité considérable aux pays organisateurs, à leurs villes et à leurs destinations touristiques.

L’enthousiasme s’accompagne toutefois d’une interrogation: les préparatifs seront-ils achevés à temps ? Le défi ne consiste pas seulement à disposer de stades capables d’accueillir les rencontres.

Il faut aussi préparer les déplacements des équipes, l’accueil des supporters et le fonctionnement quotidien d’une compétition répartie sur trois territoires.

CAN 2027: des préparatifs sous pression

Le président de la CAF, Patrice Motsepe, maintient sa confiance dans les organisateurs. Lors d’une conférence de presse le 17 septembre, il a reconnu les difficultés et l’ampleur du travail restant, tout en appelant à accélérer les préparatifs.

Il a également réaffirmé l’engagement de la confédération à accompagner les trois pays pour respecter les échéances.

Cette confiance institutionnelle s’accompagne d’un suivi des installations. Dans un communiqué publié le 16 septembre, la CAF annonçait une visite de son président en Tanzanie et au Kenya.

Le programme comprenait notamment le stade Benjamin-Mkapa de Dar es-Salaam, des échanges avec les gouvernements et une inspection des équipements au Kenya. L’objectif annoncé était d’évaluer les avancées et d’identifier les points nécessitant davantage d’attention.

Pour les organisateurs, l’enjeu est désormais de transformer l’avancement des chantiers en capacité opérationnelle. Un stade livré doit pouvoir fonctionner dans les conditions d’un grand tournoi: accès du public, circulation autour de l’enceinte, accueil des équipes, installations techniques et dispositifs de secours.

La préparation doit également intégrer les terrains d’entraînement et les services nécessaires aux délégations. La qualité de l’organisation se mesurera dans ces équipements moins visibles, mais indispensables au déroulement de la compétition.

Les transports constituent un autre volet déterminant. Une CAN répartie entre trois pays exige une articulation efficace entre les liaisons internationales, les déplacements vers les villes hôtes et les trajets jusqu’aux stades. Pour les supporters souhaitant suivre plusieurs rencontres, la simplicité des parcours et la clarté des informations pratiques compteront autant que le spectacle proposé.

L’hébergement et la sécurité complètent cette équation. Accueillir simultanément joueurs, encadrements, journalistes et visiteurs suppose une préparation coordonnée. Les prochains mois devront permettre de vérifier que les différents services peuvent fonctionner ensemble, au rythme imposé par le calendrier sportif.

Un héritage à construire au-delà des stades

L’organisation commune offre une occasion de renforcer la coopération entre le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie. Le partage des responsabilités peut favoriser les échanges entre administrations, fédérations sportives et professionnels du tourisme. Il impose aussi une exigence : proposer une expérience cohérente aux participants, quel que soit leur pays d’accueil.

Sur le plan économique, la compétition pourrait bénéficier aux hôtels, aux restaurants, aux transporteurs et aux commerces locaux. Ces perspectives dépendent cependant des conditions concrètes d’accueil, de la fréquentation et de la capacité des entreprises locales à accéder aux opportunités créées par le tournoi.

La visibilité internationale constitue un autre atout potentiel. Les retransmissions et la présence des visiteurs peuvent faire découvrir les destinations des trois pays à de nouveaux publics. Pour prolonger cet effet, l’accueil pendant la compétition devra s’inscrire dans une offre touristique accessible et durable.

Mais l’évaluation de cette CAN ne s’arrêtera pas à la finale. L’utilisation future des installations sera essentielle. Des stades régulièrement occupés, des terrains d’entraînement accessibles et des équipements entretenus pourraient soutenir les clubs, les sélections nationales et la formation des jeunes.

À l’inverse, des infrastructures coûteuses et peu utilisées pèseraient sur les finances publiques sans apporter les bénéfices attendus. La préparation de l’après-tournoi mérite donc une place dans les décisions prises aujourd’hui : financement de l’entretien, programmation des événements et accès du football local aux nouveaux équipements.

L’Afrique de l’Est dispose d’une occasion historique de montrer sa capacité à organiser ensemble un grand rendez-vous continental. La confiance affichée par la CAF donne une direction. Les mois qui viennent devront lui donner une traduction concrète, pour que la fête sportive laisse aussi des résultats durables.

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