17:55, 07/09/2026, lundi
Jérusalem: une jeune fille filmée en train de cracher sur un monastère arménien
Une vidéo montre une jeune fille juive crachant sur l'entrée du monastère arménien Saint-Jacques, à Jérusalem-Est occupée. Des policiers se trouvaient à proximité, sans intervention visible. L'incident s'ajoute à une série d'agressions: six arrestations début août, sept autres début septembre 2026. Un déploiement policier permanent depuis le 5 septembre n'a pas mis fin aux crachats. Le Patriarcat arménien réclame une protection renforcée de ses lieux de culte.
Une vidéo tourne en boucle sur les réseaux sociaux. On y voit une jeune fille juive cracher ostensiblement à l'entrée du monastère arménien Saint-Jacques. La scène se déroule à Jérusalem-Est occupée, dans le quartier arménien de la Vieille Ville.
Des policiers israéliens se trouvaient pourtant postés à proximité immédiate. Aucune intervention n'apparaît toutefois sur les images. Cet épisode s'ajoute à une longue série d'incidents visant les lieux de culte chrétiens de la ville.
Une vidéo qui relance la polémique sur les crachats à Jérusalem
La séquence a été diffusée début septembre 2026. Elle montre une adolescente passant devant la cathédrale Saint-Jacques, puis crachant à son entrée. Des journalistes arméniens locaux, dont Kegham Balian, ont largement relayé les images.
Selon plusieurs médias israéliens, la jeune fille aurait ensuite été interpellée par les forces de l'ordre. Cependant, aucune vidéo ne montre la suite de son interpellation. Le sort réservé à la suspecte reste donc incertain à ce stade.
Ce geste s'inscrit dans une pratique répétée. En effet, plusieurs vidéos similaires ont déjà circulé ces derniers mois. Une jeune femme aurait même justifié son geste devant la caméra, selon le Times of Israel, en affirmant cracher
"à cause de votre communauté dégoûtante".
Des policiers déployés, sans effet dissuasif suffisant
Face à la répétition des faits, la police israélienne a annoncé une mesure inédite. Depuis le 5 septembre 2026, des agents sont postés en permanence devant la cathédrale Saint-Jacques. L'objectif affiché consiste à empêcher les passants de cracher sur l'édifice.
Cette présence policière n'a pourtant pas mis fin aux incidents. Yisca Harani, du Centre de données sur la liberté religieuse, a elle-même diffusé une vidéo tournée alors que des agents se trouvaient sur place. Ainsi, le dispositif peine visiblement à dissuader les auteurs de ces gestes.
Ce paradoxe interroge.
La présence policière
semble davantage symbolique qu'opérationnelle. De plus, aucune sanction systématique ne semble accompagner ces déploiements.Des arrestations en série depuis le mois d'août
L'actualité récente illustre l'ampleur du phénomène. Le 2 août 2026, la police a arrêté six suspects, dont cinq mineurs. Ils étaient accusés d'avoir craché sur le monastère, jeté des pierres et insulté une Arménienne qui filmait la scène.
Début septembre, sept nouvelles arrestations sont intervenues. Quatre personnes ont été interpellées pour crachats sur la cathédrale Saint-Jacques. Trois autres suspects ont été arrêtés après la profanation de tombes musulmanes dans la Vieille Ville.
Plus tôt encore, en juin 2026, une autre vidéo avait choqué l'opinion. Elle montrait un jeune extrémiste juif cracher à trois reprises sur le monastère. Le journaliste Kegham Balian avait alors qualifié la scène de
"première"
dans sa couverture pourtant longue des crimes de haine anti-chrétiens.Le patriarcat arménien a déposé plainte
Le Patriarcat arménien de Jérusalem a réagi à plusieurs de ces incidents. Il a notamment déposé une plainte formelle après l'agression du 2 août. Le monastère Saint-Jacques abrite en effet le siège du patriarcat et la résidence du patriarche arménien.
Cette institution occupe une place centrale dans le quartier arménien. Par ailleurs, elle représente l'une des communautés chrétiennes les plus anciennes de Jérusalem-Est occupée.
Un climat d'hostilité documenté depuis plusieurs années
Ces incidents ne relèvent pas d'un cas isolé. Le Rossing Center for Education and Dialogue a recensé 111 attaques anti-chrétiennes en 2024. Trente-cinq d'entre elles visaient directement des églises, des monastères ou d'autres sites religieux.
Selon ce même centre, la totalité des agressions documentées en 2024 aurait été commise par des Israéliens. De plus, près de la moitié des chrétiens de moins de 30 ans envisageraient de quitter le pays, selon une enquête associée à ce rapport.
Face à la pression internationale, Israël a nommé en avril 2026 un envoyé spécial auprès du monde chrétien, le diplomate George Deek. Cette nomination visait à répondre à une série d'incidents similaires. Interrogé par Fox News, le président israélien Isaac Herzog a assuré que ces violences étaient traitées
"avec fermeté".
Une "réduction significative des tensions", selon Herzog
Isaac Herzog a également affirmé qu'une "réduction significative des tensions" avait été observée. Cette déclaration contraste cependant avec les faits rapportés depuis. En effet, plusieurs incidents ont eu lieu après ces propos, dont l'arrestation de sept personnes début septembre.
Cet écart mérite d'être souligné. Les déclarations officielles insistent sur l'amélioration de la situation. Les images qui continuent de circuler racontent, elles, une autre réalité.
Les responsables ecclésiastiques réclament une protection renforcée
Les autorités religieuses locales alertent régulièrement sur ces gestes offensants. Elles réclament une protection plus efficace des lieux de culte. Elles demandent aussi des sanctions systématiques contre les auteurs identifiés.
Ces appels restent pour l'instant largement sans réponse structurelle. Certes, des arrestations ont bien lieu après chaque vidéo virale. Cependant, aucune politique de fond ne semble avoir enrayé la répétition de ces actes.
La communauté arménienne de Jérusalem-Est occupée vit ainsi sous tension permanente. Ses membres filment, documentent et alertent. Pourtant, les crachats et les gestes hostiles continuent de viser leurs lieux saints.
Cet épisode s'ajoute à une série d'agressions documentées depuis plusieurs mois. Six arrestations en août, sept autres début septembre: le rythme des incidents ne faiblit pas. Malgré un déploiement policier renforcé depuis le 5 septembre, la communauté arménienne continue de réclamer une protection réelle de ses lieux de culte.
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