Guinée : interdiction de France 24 sur tout le territoire
15:45, 17/09/2026, jeudi
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La Haute autorité reproche à la direction générale de France 24 "le refus manifeste, délibéré et caractériel" de se conformer à une mise en demeure prononcée la veille contre le média. La Haute autorité de la communication de Guinée a annoncé jeudi l'interdiction immédiate de la chaîne France 24 sur l'ensemble du territoire national, retirant simultanément les accréditations de tous ses journalistes.
La décision de suspension
Dans une décision de la Haute autorité de la communication (HAC), la chaîne internationale France 24 fait l'objet d'une interdiction de diffusion avec effet immédiat sur toute l'étendue de la République de Guinée.
Cette mesure s'applique à l'ensemble des vecteurs techniques, incluant satellite, câble, applications mobiles, sites internet et réseaux sociaux, et concerne également l'ensemble des correspondants et collaborateurs de la chaîne présents sur le territoire.
"La chaîne de télévision internationale France 24 est interdite de diffusion avec effet immédiat, sur toute l'étendue de la République de Guinée par tout vecteur technique (satellite, câble, applications mobiles, sites internet et réseaux sociaux"
, a rapporté le régulateur guinéen des médias. Par ailleurs, la même source a précisé que
"l'autorisation de diffusion sur le territoire national est révoquée. Les accréditations de presse de l'ensemble des correspondants, envoyés spéciaux et collaborateurs de la chaine France 24 en Guinée sont retirées avec effet immédiat".
Les griefs de la HAC
La Haute autorité reproche à la direction générale de France 24
"le refus manifeste, délibéré et caractériel"
de se conformer à une mise en demeure prononcée la veille contre le média. Ce désaccord porte sur l'usage d'un
"qualificatif inapproprié"
employé pour désigner le chef de l'État guinéen, Mamadou Doumbouya, dans un contexte où la HAC avait exigé des responsables de la chaîne de "cesser immédiatement l'usage des termes attentatoires à la dignité du chef de l'Etat et de procéder aux rectifications éditoriales requises"
.Le régulateur n'a pas explicitement précisé la nature exacte du qualificatif litigieux. Selon les médias guinéens, il s'agirait de l'expression
"président-putchiste"
utilisée par un présentateur de France 24 pour annoncer la visite de Mamadou Doumbouya en Côte d'Ivoire, un terme qui a provoqué la colère des autorités de Conakry.Contexte régional et antécédents
Cette mesure s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre les autorités de transition de la région et les médias français.
Avant la Guinée, France 24 avait déjà été interdite de diffusion dans plusieurs pays du Sahel, notamment le Burkina Faso, le Mali et le Niger, où les junte militaires au pouvoir accusent régulièrement les chaînes d'information françaises de couverture partiale.
Lancée en 2006, la chaîne appartient au groupe France Médias Monde qui contrôle l'audiovisuel extérieur français.
Pour rappel, la Haute autorité de la communication de Guinée avait déjà sanctionné à plusieurs reprises des médias depuis le putsch de septembre 2021 qui a porté le colonel Mamadou Doumbouya à la tête du pays, renforçant ainsi le contrôle étatique sur le paysage médiatique guinéen.
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