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18:04, 18/08/2026, mardi

Qusra: un Américano-Palestinien rentre dans sa maison assiégée par les colons

Louai Abou Ridi, propriétaire américano-palestinien, est rentré le 18 août 2026 dans sa maison assiégée par des colons israéliens à Qusra, près de Naplouse, en Palestine occupée (Cisjordanie). Il s'était dit "terrifié" avant ce retour. Encerclée depuis plus d'une semaine, sa maison figure parmi trois habitations bloquées. Il réclame la protection de l'ambassade des États-Unis et une action ferme contre les colons, dont les attaques se multiplient dans la région.

Louai Abou Ridi n'a pas cédé. Ce propriétaire américano-palestinien a regagné sa maison assiégée par des colons israéliens à Qusra, près de Naplouse, en Palestine occupée (Cisjordanie). Il s'était dit
"terrifié"
avant ce retour, qu'il a finalement réussi dans la journée du lundi 18 août 2026.

Son domicile est encerclé depuis plus d'une semaine. Des colons y bloquent les habitants et coupent les vivres. C'est pourquoi son cas a fini par attirer l'attention de Washington.

Abou Ridi est revenu accompagné de journalistes. Il réclame désormais une protection officielle. Voici les faits vérifiés de ce siège.

Un retour "terrifiant" dans une maison assiégée à Qusra

Le propriétaire a longtemps observé la scène depuis les États-Unis. Cet homme de 46 ans vit à Toledo, dans l'Ohio. Il a grandi à Qusra avant d'émigrer.

"Je ne peux pas laisser les colons voler ma maison sous mes yeux"
, a-t-il déclaré à son arrivée. Il a pris un vol depuis Détroit, puis a atterri à l'aéroport Ben Gourion.

Le retour s'est révélé tendu. Abou Ridi a patienté à une centaine de mètres de son portail. Un véhicule militaire a ensuite escorté le groupe jusqu'à l'entrée.

Il redoutait le pire pour ses proches.
"Je suis terrifié pour mon frère et son fils"
, a-t-il confié. En effet, son frère Qusai reste bloqué à l'intérieur depuis le début du siège.

Louai Abou Ridi appelle Washington à le protéger

L'homme a lancé un appel direct aux autorités américaines. Il a demandé à l'ambassade des États-Unis d'assurer sa sécurité.

"Je continue d'exiger de l'ambassade des États-Unis et des responsables américains qu'ils nous assurent une protection"
, a-t-il insisté. Par ailleurs, il a réclamé une action ferme de l'armée israélienne sur le terrain.

Abou Ridi a aussi visé les simples condamnations. Selon lui, les mots ne suffisent plus. Il a cité un adage américain sur la nécessité de joindre les actes à la parole.

L'ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, avait réagi quelques jours plus tôt. Il a qualifié le siège d'
"horrible acte de terreur"
destiné à intimider cette famille. De plus, il a jugé ces agissements
"écœurants".

Neuf jours de siège mené par des colons israéliens

Le siège dure depuis plus d'une semaine. Des colons israéliens encerclent trois maisons palestiniennes du village. Leur objectif apparent est de pousser les habitants à fuir.

La maison d'Abou Ridi se trouve dans le secteur de Jabal Ras al-Aïn. Cette zone subit depuis des mois des attaques répétées de colons. En effet, des tentatives d'accaparement des terres y sont documentées.

Le frère de Louai, Qusai Abou Ridi, alerte l'extérieur depuis l'intérieur. Ses signalements ont provoqué de nombreuses condamnations internationales. C'est pourquoi l'affaire a pris une dimension politique.

Une maison bâtie sur des terres familiales

Le contexte foncier éclaire l'enjeu. Abou Ridi a commencé à construire cette maison il y a trois ans. Il l'a élevée sur un terrain hérité de ses grands-parents.

Sa famille cultive ces terres depuis des générations. Le propriétaire voulait offrir un foyer à ses filles à Qusra. Ainsi, il souhaitait les relier à leurs racines palestiniennes.

Il rappelle par ailleurs le statut de sa parcelle. Celle-ci se situe dans une zone placée sous contrôle de l'Autorité palestinienne par les accords des années 1990.
"Les colons ne devraient pas être ici"
, affirme-t-il.

L'armée israélienne présente, les colons reviennent

L'armée israélienne a démantelé la semaine passée un avant-poste illégal de colons. Cependant, les colons reviennent régulièrement autour des maisons.

Un seul colon a été brièvement interpellé à ce jour. Aucune arrestation n'a suivi. En revanche, des soldats stationnent depuis plusieurs jours aux entrées des habitations.

La zone a été déclarée zone militaire fermée. Les Israéliens y sont donc interdits d'accès. Pourtant, des colons ont encore été filmés sur place, discutant avec des soldats.

Le sort des habitants reste précaire. L'armée a en effet signifié aux résidents qu'ils ne pouvaient toujours pas quitter leurs maisons. La restriction pèse donc d'abord sur les Palestiniens assiégés.

Vivres bloqués: quand l'aide de l'ONU est refoulée

Le blocus a coupé l'accès aux vivres. Des représentants des Nations unies ont apporté de l'eau et de la nourriture dimanche.

Ils avaient aussi acheminé une citerne d'eau. Toutefois, les forces de sécurité ont refusé qu'elle reste sur place. L'armée a jugé la citerne inutile après la réparation de la conduite endommagée.

Or les habitants attribuent cette dégradation aux colons eux-mêmes. Cette version illustre le quotidien du village. En effet, l'eau devient ici un instrument de pression.

Qusra, symptôme de la violence des colons

Le cas Abou Ridi dépasse une seule famille. Il éclaire la violence des colons dans toute la Palestine occupée (Cisjordanie).

La proximité de Qusra le confirme. Dans le village voisin de Turmus Ayya, les responsables locaux estiment que 80 % des habitants possèdent la nationalité américaine. Des dizaines de milliers d'Américains vivent d'ailleurs dans ce territoire occupé.

La citoyenneté ne protège pourtant pas toujours. Un voisin d'Abou Ridi, Ibrahim Hassan, a dû fuir sa maison le mois dernier. Des colons, accompagnés d'hommes en tenue militaire, avaient brisé ses fenêtres avant de le frapper.

Le contraste saute aux yeux. Le passeport américain de Louai Abou Ridi a déclenché une réaction officielle. En revanche, l'immense majorité des Palestiniens affronte ces mêmes attaques sans aucun relais diplomatique.

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