17:39, 17/08/2026, lundi
Propagande: Netanyahu vise Erdoğan et Mamdani
Benjamin Netanyahu a publié sur X une vidéo de campagne intitulée "Ils veulent que Netanyahu perde". Le montage vise le président turc Recep Tayyip Erdoğan et le maire de New York Zohran Mamdani. Il se conclut sur un photomontage les associant au Guide suprême iranien Mojtaba Khamenei et au chef du Hezbollah Naim Qassem. Le Likoud prépare ainsi les élections israéliennes d'octobre 2026, alors que les critiques de la guerre à Gaza se multiplient.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lancé une nouvelle offensive numérique. Il a publié sur X une courte vidéo de campagne intitulée
"Ils veulent que Netanyahu perde"
. Le montage cible plusieurs de ses adversaires étrangers.Deux figures y occupent une place centrale. En effet, le président turc Recep Tayyip Erdoğan et le maire de New York Zohran Mamdani apparaissent à l'écran. Le clip se referme ensuite sur un slogan sans ambiguïté.
Cette vidéo de campagne de Netanyahu s'inscrit dans un contexte électoral tendu. Israël doit voter en octobre 2026. Le chef du Likoud transforme donc ses critiques internationaux en repoussoirs.
Ce que montre la vidéo de campagne de Netanyahu
Le clip enchaîne des extraits d'interventions hostiles au dirigeant israélien. D'abord, il reprend une déclaration d'Erdoğan. Ensuite, il diffuse des propos de Mamdani.
Le président turc y lance un avertissement direct.
"Netanyahu, sache-le bien, tu es fini, tu es fini"
, déclare-t-il dans la séquence. Le ton est frontal.Mamdani intervient à son tour. Le maire de New York qualifie Netanyahu de
"criminel de guerre"
. La formule revient régulièrement dans ses prises de parole.La vidéo se conclut sur un photomontage. Celui-ci réunit Erdoğan, Mamdani, le Guide suprême iranien Mojtaba Khamenei et le chef du Hezbollah Naim Qassem. Le slogan final tombe alors:
"Ils veulent que Netanyahu perde. Ne les laissez pas gagner".
Un panneau publicitaire à Tel-Aviv à l'origine du montage
Le photomontage ne sort pas de nulle part. Il reprend un panneau de campagne du Likoud. Celui-ci a été installé à Tel-Aviv, le long de l'autoroute Ayalon.
L'affiche superpose les visages des quatre hommes. Un texte en hébreu les accompagne. Il reprend le même avertissement adressé aux électeurs.
Netanyahu a d'abord partagé la photo de ce panneau. Il l'a assortie d'une légende brève:
"Ne les laissez pas gagner".
La vidéo prolonge ensuite cette même ligne.La mise en scène a provoqué de vives réactions. Par ailleurs, plusieurs partis israéliens ont répliqué avec leurs propres versions du visuel. Le parti Yashar de Gadi Eisenkot a ainsi détourné le slogan contre Netanyahu lui-même.
Erdoğan et Mamdani, cibles assumées de la campagne
Le choix des cibles n'a rien d'un hasard. Les deux hommes comptent parmi les voix les plus fermes contre la guerre menée à Gaza. Netanyahu en fait donc des symboles de son
"camp adverse".
Les relations entre la Türkiye et Israël se sont effondrées depuis le début de la guerre à Gaza. Ankara dénonce sans relâche l'offensive israélienne. Erdoğan compare régulièrement Netanyahu aux pires dirigeants de l'histoire.
Le président turc réclame aussi des poursuites internationales. Selon lui, le dirigeant israélien devra répondre de ses actes. Cette position irrite profondément le gouvernement israélien.
Zohran Mamdani a pris ses fonctions à la mairie de New York début 2026. Depuis, il multiplie les critiques contre la politique israélienne. De plus, il a réclamé l'arrestation de Netanyahu en cas de visite à l'ONU.
"Benjamin Netanyahu n'est pas le bienvenu à New York, pas plus qu'aucun autre criminel de guerre en liberté"
, a-t-il déclaré. Netanyahu a riposté en l'accusant d'attiser la haine. Le maire, lui, maintient sa ligne.Mojtaba Khamenei et Naim Qassem complètent le photomontage
Les deux autres visages renvoient à des ennemis déclarés d'Israël. Mojtaba Khamenei dirige l'Iran depuis mars 2026. Il a succédé à son père, Ali Khamenei, tué lors des frappes israélo-américaines de février.
Naim Qassem, lui, dirige le Hezbollah libanais. Il a pris la tête du mouvement après l'élimination de Hassan Nasrallah. Israël considère les deux hommes comme des adversaires stratégiques majeurs.
En les plaçant aux côtés d'Erdoğan et de Mamdani, le Likoud brouille volontairement les cartes. En effet, il range un dirigeant turc et un élu américain dans la même catégorie que des chefs qu'Israël combat militairement. Ce raccourci constitue le cœur de la polémique.
Une campagne sur fond d'élections d'octobre
La vidéo répond à une logique électorale claire. Le Likoud présente le scrutin d'octobre comme un choix binaire. D'un côté Netanyahu, de l'autre ses ennemis supposés.
Le Premier ministre reste par ailleurs sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale. La CPI l'a émis en 2024, pour des crimes présumés commis à Gaza. Ce mandat pèse sur chacun de ses déplacements à l'étranger.
Pour la cause palestinienne, cette séquence illustre un renversement. Netanyahu transforme les critiques de sa conduite de la guerre en argument de campagne. Cependant, il ne répond pas sur le fond aux accusations qui le visent.
Netanyahu a fait d'Erdoğan et de Mamdani les visages de sa campagne. Sa vidéo les associe au Guide suprême iranien et au chef du Hezbollah. Le message vise avant tout l'électorat israélien d'octobre.
Derrière la mise en scène, une réalité demeure. Les critiques de la guerre à Gaza se multiplient sur la scène internationale. C'est pourquoi le Premier ministre israélien cherche à en faire une force d'union pour son camp.
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