La rédaction
16:38, 25/08/2026, mardi

Gaza: à Deir al-Balah, une enfant console ses frères après une frappe

À Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, une fillette a été entendue en train de rassurer ses jeunes frères après une frappe près de leur campement. Cette scène illustre un traumatisme massif : selon l'UNICEF, la quasi-totalité des enfants de Gaza ont besoin d'un soutien psychologique, et 96 % pensent leur mort imminente. Depuis le cessez-le-feu d'octobre 2025, 265 enfants palestiniens ont été tués. L'aide psychosociale reste très insuffisante face à l'ampleur des besoins.

À Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, une petite fille a été entendue en train de rassurer ses jeunes frères. Les enfants venaient de vivre une frappe près de leur campement. Leur terreur, elle, ne s'est pas arrêtée avec le bruit de l'explosion.

Cette scène résume, à elle seule, le quotidien de milliers d'enfants gazaouis. Ainsi, derrière chaque image de ruines se cache une souffrance psychologique rarement montrée.

Une scène ordinaire dans l'horreur de Deir al-Balah

Le campement de Deir al-Balah abrite des milliers de familles déplacées. Beaucoup y vivent sous des tentes, sans eau courante ni électricité stable.

Une frappe a résonné près de ce campement. Les jeunes frères de la fillette ont alors basculé dans la panique. C'est elle, à peine plus âgée, qui a pris le relais des adultes absents ou débordés.

Ce type de scène ne fait généralement pas la une. Cependant, elle raconte une réalité documentée depuis des mois par les organisations humanitaires : des enfants livrés à eux-mêmes face à la peur.

Le traumatisme des enfants de Gaza

Ce cas isolé illustre un phénomène massif. Selon l'UNICEF, la quasi-totalité des enfants de Gaza vivent immergés dans une violence extrême et ont besoin d'un soutien psychosocial.

Une étude menée en décembre 2024 précise l'ampleur du choc. 96 % des enfants interrogés pensent que leur mort est imminente. Par ailleurs, près de la moitié d'entre eux souhaitent mourir.

Ces chiffres dépassent largement le cadre clinique habituel. En effet, un psychiatre cité par la presse israélienne estime que le terme de syndrome post-traumatique n'est pas assez exact dans le contexte de Gaza, où le traumatisme reste continu.

Des enfants exposés à une violence qui ne s'arrête jamais

D'autres travaux confirment cette continuité du danger. Une étude de 2020 publiée dans Frontiers in Psychiatry montre que 88 % des enfants gazaouis ont déjà présenté des symptômes traumatiques liés à la guerre et à la violence politique.

Cette exposition prolongée fragilise durablement le développement des enfants. C'est pourquoi les spécialistes parlent désormais d'un traumatisme
"cumulatif"
, plutôt que d'un choc isolé.

Un cessez-le-feu qui ne protège toujours pas les enfants

La situation ne s'est pas réellement apaisée depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu d'octobre 2025. En janvier 2026, l'UNICEF alertait déjà sur un chiffre glaçant.

Selon l'organisation, plus de 100 enfants avaient été tués à Gaza depuis le cessez-le-feu, soit environ un enfant chaque jour. L'agence onusienne notait que les traumatismes psychologiques restaient largement non pris en charge, s'aggravant et s'ancrant dans la durée.

En juin 2026, le constat s'est encore assombri. L'UNICEF dénonçait alors une "illusion cruelle et meurtrière", avec 265 enfants palestiniens tués depuis l'annonce du cessez-le-feu.

Des enfants tués loin de tout front de guerre

L'organisation insistait sur un point essentiel. Ces enfants n'ont pas été tués en zone de guerre, mais chez eux, dans leurs écoles, en jouant au football ou en pêchant.

Cette réalité éclaire la scène de Deir al-Balah sous un jour différent. Une frappe
"près d'un campement"
n'a donc rien d'un événement isolé, dans le contexte actuel de la bande de Gaza.

Face à cette détresse, l'aide reste largement insuffisante. L'UNICEF évalue à environ 1,1 million le nombre d'enfants ayant besoin de services de protection ou de soutien psychologique à Gaza.

L'organisation a mis en place des centres communautaires pour tenter de répondre à ces besoins. Vingt-huit centres communautaires familiaux proposent aujourd'hui un accompagnement psychosocial aux enfants les plus vulnérables.

Cependant, l'échelle du dispositif reste disproportionnée face à la crise. En effet, un million d'enfants en détresse ne peuvent pas tous être suivis par un réseau aussi restreint.

Une aide médicale, elle aussi, très limitée

Les restrictions sur l'entrée de médicaments compliquent encore la situation. Selon l'UNICEF, elles contraignent les enfants blessés à endurer davantage de souffrances et augmentent les risques d'infection.

De plus, la malnutrition continue de fragiliser des milliers d'enfants. Ainsi, le corps et l'esprit des jeunes Gazaouis subissent une pression simultanée, rarement observée ailleurs dans le monde.

Ce que révèle vraiment la scène de Deir al-Balah

Une fillette qui rassure ses frères après une explosion n'est pas une anecdote. Elle illustre, à hauteur d'enfant, l'échec d'un cessez-le-feu censé protéger les civils.

Les grandes organisations humanitaires documentent cette réalité depuis des mois. Pourtant, ces scènes disparaissent trop souvent de l'actualité, une fois les bombardements les plus intenses interrompus.

Gaza reste un territoire occupé et assiégé. Les enfants qui y grandissent portent, jour après jour, le poids d'un conflit qu'ils n'ont pas choisi.

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