19:00, 11/07/2026, samedi
Black Core : comment une société israélienne est accusée d’avoir influencé des élections grâce à l’IA et aux faux comptes
Des campagnes de désinformation, des milliers de faux comptes, des contenus générés par intelligence artificielle et un faux site pro-palestinien utilisé comme outil d’influence.
Les campagnes électorales ne se jouent plus uniquement dans les urnes.
Elles se déroulent désormais aussi sur les réseaux sociaux, où l’intelligence artificielle, les faux comptes et les campagnes de désinformation sont devenus de puissants outils d’influence.
Selon plusieurs enquêtes et les conclusions publiées par VIGINUM, le service français chargé de la vigilance et de la protection contre les ingérences numériques étrangères, un réseau d’influence lié à une société israélienne aurait mené des opérations de manipulation de l’opinion publique dans plusieurs pays.
L’un des éléments les plus marquants de cette opération est l’utilisation d’un faux site internet baptisé « Sadaqah Palestine ». Présenté comme une plateforme de soutien à la cause palestinienne, ce site aurait servi à gagner progressivement la confiance d’une partie du public avant d’être utilisé à des fins politiques.
Au moment des campagnes électorales, ce réseau aurait diffusé de fausses informations visant principalement des responsables politiques affichant des positions favorables à la Palestine. Des campagnes de dénigrement, des contenus manipulés ainsi que des images deepfake générées par intelligence artificielle auraient été largement diffusés.
Pour amplifier ces messages, des milliers de comptes coordonnés sur TikTok, Instagram, Facebook et X auraient relayé simultanément les mêmes contenus afin d’influencer les débats publics et de donner l’impression d’un soutien populaire massif.
D’après VIGINUM, cette stratégie s’inscrit dans une opération d’ingérence numérique sophistiquée reposant sur l’automatisation, la manipulation algorithmique et l’exploitation des réseaux sociaux.
La France ne serait pas le seul pays concerné. Des opérations similaires auraient également été observées en Écosse, aux États-Unis, en Angola et au Togo, laissant penser à une stratégie internationale d’influence numérique.
Cette affaire illustre une évolution profonde des conflits contemporains.
Les guerres de l’information ne passent plus uniquement par les médias traditionnels, mais aussi par les plateformes numériques, où l’intelligence artificielle permet de produire rapidement des contenus crédibles, de cibler des populations précises et d’influencer les opinions à grande échelle.
À mesure que les technologies progressent, la frontière entre information, propagande et manipulation devient de plus en plus difficile à distinguer, posant de nouvelles questions sur la protection des processus démocratiques et la souveraineté numérique des États.
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