10:20, 04/09/2026, vendredi
Voile: Ségolène Royal démonte la proposition du RN
Invitée de BFMTV et RMC mercredi 2 septembre 2026, Ségolène Royal a critiqué la proposition du RN d'interdire le voile dans l'espace public. Elle plaide pour l'éducation plutôt que la sanction et lance : "Laissons les femmes tranquilles". Sa comparaison entre une femme voilée gardant des enfants et un "pédocriminel" a suscité une vive controverse, jusque sur le plateau, face à la journaliste Apolline de Malherbe.
Ségolène Royal a haussé le ton mercredi 2 septembre 2026. Invitée du "Face-à-face" d'Apolline de Malherbe sur BFMTV et RMC, l'ancienne ministre s'en est prise à la proposition du Rassemblement national d'interdire le
voile
dans l'espace public.Son message tient en une phrase:
"Laissons les femmes tranquilles"
. Mais l'échange a rapidement débordé sur un terrain plus glissant, celui de la pédocriminalité.Une proposition du RN qui relance le débat sur le voile
Tout part d'un message publié par Marine Le Pen le 31 août sur X. La candidate du RN à la présidentielle y annonce un projet précis. Elle promet de soumettre aux Français, par référendum,
"une grande loi de lutte contre les idéologies islamistes".
Cette loi prévoirait plusieurs mesures fortes. Parmi elles figure la
"pénalisation du voile islamiste dans l'espace public"
. Le député RN Jean-Philippe Tanguy a par la suite évoqué une sanction sous forme d'amende.L'annonce a immédiatement enflammé la sphère politico-médiatique. Ainsi, chaque personnalité invitée sur les plateaux a dû se positionner. Ségolène Royal, candidate à la primaire du Parti socialiste pour 2027, n'a pas fait exception.
"Laissons les femmes tranquilles"
Pour l'ancienne ministre, verbaliser une femme voilée pose d'abord un problème d'image. Elle imagine la scène: une mère de famille conduit son enfant à l'école, et se retrouve sanctionnée pour sa tenue.
Selon Ségolène Royal, cette scène serait désastreuse pour la réputation de la France à l'étranger. Elle y voit un risque de tensions sociales, voire de troubles à l'ordre public.
En revanche, elle refuse le terrain répressif face au voile subi. Pour elle,
"la réponse, c'est l'éducation"
. Elle plaide aussi pour "le respect aussi de ce libre choix"
chez les femmes qui portent volontairement le foulard.Ségolène Royal a par ailleurs qualifié le RN de
"facteur de révolte sociale"
. Elle affirme vouloir, à l'inverse, "incarner la paix sociale".
La comparaison avec la "pédocriminalité" fait réagir
C'est sur ce point que l'échange a basculé. Ségolène Royal a en effet établi une comparaison entre les femmes voilées et les auteurs de crimes pédophiles.
"Je préfère une femme qui a un foulard sur la tête et qui garde des enfants qu'un pédocriminel"
, a-t-elle déclaré. Elle a ensuite reformulé son propos sous forme de question. "Ils sont plus sévères avec une femme en foulard qu'avec un pédocriminel, pour garder les enfants ?"
, a-t-elle lancé.Cette sortie a immédiatement suscité la réaction de la journaliste Apolline de Malherbe sur le plateau. Le rapprochement entre un vêtement religieux et un crime contre les enfants a également fait réagir au-delà du studio, sur les réseaux sociaux et dans plusieurs médias.
Cette controverse illustre une difficulté récurrente du débat sur le voile en France. En effet, les arguments avancés glissent souvent vers des comparaisons jugées excessives par une partie de l'opinion.
Le contexte: un débat qui dépasse la seule question du voile
Cette polémique n'est pas isolée. Elle s'inscrit dans un climat électoral tendu, à quelques mois de la présidentielle de 2027.
Un sondage, cité par plusieurs médias, indiquerait qu'une majorité de Français se dit favorable à l'interdiction du voile islamique dans l'espace public. Ce chiffre reste toutefois à vérifier auprès d'un institut de sondage identifié.
D'autres responsables politiques ont également réagi à l'annonce de Marine Le Pen. Le ministre Gabriel Attal a ainsi évoqué un
"désaccord de choix de société"
avec le Rassemblement national. Le débat continue donc de mobiliser toute la classe politique française.Ségolène Royal, candidate en quête d'une ligne d'apaisement
Cette sortie médiatique s'inscrit dans une stratégie plus large. Ségolène Royal se positionne comme la candidate de la
"paix sociale"
pour la primaire du Parti socialiste.Elle affronte plusieurs rivaux au sein de son propre camp. La primaire socialiste doit désigner son candidat à la mi-octobre 2026. Chaque prise de parole compte donc pour asseoir sa ligne.
Par ailleurs, cette polémique n'est pas la première du genre pour l'ancienne ministre. Elle avait déjà pris des positions tranchées sur les questions de laïcité par le passé, notamment sur le port du voile à l'Assemblée nationale.
A lire également:

International
Jacobelli : le RN veut interdire le voile, pas la kippa

International
Ségolène Royal : "Laisser les femmes tranquilles"

International
France: Philippe juge "inconstitutionnelle" la proposition RN sur le voile

International
Interdiction du voile: le RN et un avocat antiraciste se menacent de plaintes croisées
Titres : voile islamiqueségolène royalparti socialistegabriel attalvoilejean-philippe tanguyrnrassemblement nationalprésidentielle 2027primaire socialistemarine le penapolline de malherbebfmtvrmclaïcitéespace publicvoile RNinterdiction du voileprimaire socialiste 2027BFMTV RMCpédocriminel polémiquevoile espace public









