11:14, 04/09/2026, vendredi
Excision en Afrique: des millions de filles victimes de mutilations génitales féminines
Malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation et les alertes des professionnels de santé, les mutilations génitales féminines continuent de toucher des millions de filles et de femmes en Afrique. Souvent pratiquée dès l’enfance et sans consentement, l’excision peut entraîner de graves conséquences physiques et psychologiques.
Aujourd’hui encore, dans plusieurs pays d’Afrique, des filles continuent d’être victimes de mutilations génitales féminines. Certaines sont parfois âgées de moins de cinq ans lorsqu’elles subissent cette pratique, souvent imposée par leur entourage et réalisée sans leur consentement.
Selon l’UNICEF, plus de 230 millions de filles et de femmes vivant aujourd’hui ont subi une mutilation génitale féminine, dont plus de 144 millions vivent en Afrique.
Derrière ces chiffres se trouvent des millions de destins brisés, mais aussi des femmes qui vivent encore avec les conséquences d’une mutilation subie parfois à un âge où elles étaient incapables de comprendre ce qui leur arrivait.
Une pratique imposée dès l’enfance
L’excision n’est généralement pas un choix fait par les filles qui la subissent. Dans de nombreux cas, elle leur est imposée par leur famille ou leur communauté.
La pratique peut être réalisée avec des instruments rudimentaires, parfois une simple lame, et sans anesthésie. Les conditions dans lesquelles certaines filles sont excisées peuvent également augmenter les risques de complications et d’infections.
Dans certaines communautés, cette pratique est devenue une norme sociale et continue de se transmettre de génération en génération.
Des conséquences qui peuvent durer toute une vie
Les conséquences des mutilations génitales féminines peuvent être immédiates, mais également apparaître des années plus tard.
Amina témoigne avoir été forcée par sa mère à subir l’excision. Aujourd’hui adulte, elle affirme continuer à vivre avec les séquelles de cette mutilation. Sa blessure se rouvrirait régulièrement et elle souffrirait également d’infections ainsi que de difficultés liées à la maternité.
Au Kenya, Sadia Hussein a été excisée à l’âge de dix ans. Des années plus tard, lors de la naissance de sa première fille, elle a passé trois jours en travail. Selon son témoignage, les séquelles de la mutilation avaient fortement rétréci son canal génital, compliquant l’accouchement.
Ces témoignages illustrent une réalité régulièrement soulignée par les professionnels de santé: les mutilations génitales féminines peuvent avoir des conséquences durables sur la santé physique, sexuelle, reproductive et psychologique des survivantes.
Une violation des droits fondamentaux
L’Organisation mondiale de la Santé considère les mutilations génitales féminines comme une pratique dangereuse qui n’apporte aucun bénéfice médical et qui peut provoquer de nombreuses complications.
L’OMS rappelle également qu’elles constituent une violation des droits fondamentaux des filles et des femmes.
Pourtant, malgré les campagnes de sensibilisation, les lois et les efforts de nombreuses organisations, la pratique persiste dans plusieurs pays.
La question dépasse donc largement celle d’une simple tradition. Elle concerne le droit des filles à disposer de leur propre corps, à grandir sans violence et à vivre sans subir les conséquences d’une décision prise à leur place.
Une réalité qui ne peut plus être ignorée
Derrière les statistiques se trouvent des millions de filles qui n’ont jamais choisi de subir cette mutilation.
Des enfants qui ont été contraintes de supporter une douleur qu’elles ne pouvaient parfois même pas comprendre. Des femmes qui, des années plus tard, continuent de vivre avec des cicatrices, des complications médicales ou des traumatismes psychologiques.
Face à cette réalité, une question demeure: combien de générations faudra-t-il encore sacrifier avant que cette pratique disparaisse ?
Les mutilations génitales féminines ne concernent pas seulement celles qui les subissent aujourd’hui. Elles concernent également les futures générations.
Et tant que des filles continueront d’être mutilées sans leur consentement, le silence ne pourra pas être considéré comme une réponse.
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