Le peuple américain d’un côté, Israël de l’autre. Le président américain Donald Trump est contraint de choisir entre les deux. L’agressivité d’Israël dans la région, tout comme la poursuite du
"génocide au ralenti"
à Gaza et en Cisjordanie, n’a rien à voir avec les intérêts des Américains. Bien au contraire, le soutien inconditionnel des États-Unis à Israël porte préjudice à la population américaine. Des milliards de dollars provenant des contribuables américains sont dépensés pour financer le génocide et les agressions d’Israël.De plus, en se laissant entraîner par Netanyahu dans une guerre contre l’Iran, Trump a plongé l’Amérique dans un conflit interminable.
Netanyahu avait convaincu Trump que la guerre lancée contre l’Iran le 27 février aboutirait en quelques jours à un changement de régime.Pourtant, les négociations nucléaires entre les États-Unis et l’Iran, menées sous la médiation d’Oman, étaient sur le point d’aboutir. Alors qu’ils attendaient la signature de l’accord, les Omanais avaient déclaré avoir été profondément déçus par le déclenchement de ces attaques par les États-Unis.
Netanyahu pousse Trump à prolonger la guerre
De nombreux analystes estiment que la guerre pourrait ne pas prendre fin cette année. Netanyahu, quant à lui, continue de multiplier les provocations destinées à provoquer une escalade.
Le vice-président américain JD Vance avait vivement critiqué les tentatives d’Israël visant à saboter les négociations.
Netanyahu, dont le destin politique dépend de la poursuite de la guerre, ne cesse de faire pression sur Trump afin qu’il intensifie le conflit. La raison pour laquelle Trump demeure aussi réceptif aux recommandations de Netanyahu reste évidemment une énigme.Tucker Carlson, ancien soutien de Trump, expliquait dans un entretien accordé en mai au New York Times qu’il avait rencontré le président pour tenter de le dissuader d’entrer en guerre. Il déclarait :
Mon impression très nette est la suivante : dans cette affaire, Trump ressemblait davantage à un otage qu’à un décideur souverain.
Affirmant que Trump était incapable de contenir Netanyahu, Carlson poursuivait :
"C’était la seule personne à laquelle Trump ne pouvait pas dire : ‘Arrêtez, sinon nous cessons de vous financer et votre pays s’effondrera en dix minutes’, ce qui est exact. Contrairement à la propagande que vous avez peut-être entendue, Israël ne peut pas se défendre sans les États-Unis."
Carlson soulignait tout particulièrement que personne à la Maison-Blanche ne défendait ouvertement une guerre contre l’Iran et que toutes les pressions provenaient de l’extérieur.
Il qualifiait l’incapacité de Trump à dire "non" à Netanyahu de "servitude".
Les élections américaines au cœur du choix de Trump
Le refus de Kamala Harris et des démocrates de prendre une distance significative avec Israël leur avait été fatal lors des élections de 2024. Trump avait alors profité de la situation en faisant certaines promesses aux Arabes-Américains qui réclamaient l’arrêt des attaques israéliennes contre Gaza. Les élections de mi-mandat auront lieu en novembre aux États-Unis et Trump se retrouve désormais dans une situation comparable à celle de Harris.
Il lui restera évidemment encore deux années à la présidence, mais les républicains craignent de perdre ces élections.
Plus récemment, la décision de Trump d’ordonner l’arrêt des frappes aériennes contre l’Iran a fortement contrarié Netanyahu. À l’occasion des funérailles du sénateur républicain Lindsey Graham, fervent soutien d’Israël, Netanyahu doit également rencontrer Trump à Washington mardi, c’est-à-dire aujourd’hui.
Il devrait tenter une nouvelle fois de convaincre Trump d’intensifier la guerre.
Les républicains bellicistes soutenus par le lobby israélien continuent eux aussi de faire pression sur Trump afin qu’il écoute les délires de Netanyahu. La possibilité de perdre les élections au Congrès ou les difficultés que la guerre fait subir aux Américains dans leur vie quotidienne leur importent absolument peu. Les divisions au sein du camp Trump ne préoccupent pas davantage ces faucons.
Le premier article de
l’"accord d’entente"
signé avec l’Iran le 17 juin prévoyait l’arrêt immédiat et permanent des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban. Pourtant, bien que les États-Unis aient déclenché une guerre pour Israël, Netanyahu a saboté l’engagement pris par Trump concernant le Liban. Trump, de son côté, n’a pas contenu Israël, ou n’a pas été capable de le faire.
Trump se fera-t-il encore mordre par Netanyahu ? Écoutera-t-il les Américains qui refusent la poursuite de la guerre ou se laissera-t-il tromper par les mensonges de Netanyahu ? Après s’être vanté, à la suite de sa réélection, de ne pas avoir déclenché de nouvelle guerre, Trump ouvrira-t-il désormais la voie à l’extension à toute la région de cette guerre lancée pour Israël ?
Par ailleurs, certains signes indiquent qu’une guerre étendue à la région pourrait également en dépasser les frontières et prendre une ampleur encore plus grande.
La frappe ukrainienne contre un cargo iranien en mer Caspienne pourrait modifier le cours du conflit.
Le président américain Lyndon Johnson avait renoncé à se présenter à l’élection de 1968 en raison de l’enlisement de la guerre du Vietnam. La décision que prendra Trump concerne donc aussi très directement le destin de sa propre présidence.
