Mali : enquête ouverte sur des exécutions de soldats à Tabrichat
13:26, 02/08/2026, dimanche
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Enquête ouverte sur des exécutions de soldats à TabrichatLe procureur de la République près le Pôle judiciaire spécialisé antiterroriste a annoncé l'ouverture d'une enquête sur les exécutions présumées de soldats capturés à Tabrichat, lors d'une embuscade attribuée à des groupes armés.
Ouverture d'une enquête pour crimes de guerre
Selon le magistrat, un convoi militaire malien en route vers Anéfis est tombé dans une embuscade le 18 juillet près de Tabrichat, non loin de Bourem. Cette attaque est attribuée aux groupes Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) et Front de libération de l'Azawad (FLA). Plusieurs soldats capturés auraient été exécutés sommairement, a indiqué le parquet.
Le procureur précise que ces faits
, "s'ils étaient établis",
sont susceptibles de constituer notamment des crimes de guerre, des actes de terrorisme et des infractions liées au financement du terrorisme. Il a également annoncé avoir ordonné l'ouverture d'une enquête afin de faire la lumière sur les circonstances des faits et d'identifier les auteurs présumés. Le magistrat a appelé la population à collaborer avec les services d'enquête.Réactions des organisations internationales
Par ailleurs, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a réclamé une enquête
"approfondie et indépendante"
sur les allégations de torture et d'exécutions de dizaines de soldats. "Nous déplorons les actes de torture et les meurtres dont auraient été victimes des dizaines de soldats maliens qui s'étaient rendus",
a déclaré le porte-parole du Haut-Commissariat, Thameen Al-Kheetan.De plus, Amnesty International a appelé à l'ouverture d'une enquête pour crimes de guerre après avoir analysé douze vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. Selon l'organisation, ces images montrent au moins 19 soldats ayant déposé les armes avant d'être victimes de mauvais traitements puis d'une exécution présumée.
"Sur les images revues par Amnesty International, il apparaît clairement que les soldats étaient hors de combat avant d'être victimes de mauvais traitements et d'être exécutés"
, a affirmé Ousmane Diallo, chercheur senior sur le Sahel au Bureau régional de l'organisation pour l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale.Condamnation des autorités militaires
Toutefois, l'État-major général des Armées maliennes a condamné avec fermeté la diffusion de ces images, attribuant les faits aux groupes armés terroristes FLA et JNIM. Dans un communiqué, il estime que l'exécution de personnes capturées ou mises hors de combat constitue une grave violation du droit international humanitaire susceptible d'être qualifiée de crime de guerre.
Le commandement militaire affirme que les vidéos sont exploitées par les groupes armés à des fins de propagande. Il rappelle également que, si les faits sont formellement établis, leurs auteurs ainsi que toute personne participant délibérément à leur propagande pourraient répondre de leurs actes devant les juridictions compétentes. Il rejette également toute tentative de présenter ces exécutions présumées comme un succès militaire.
Contexte de l'embuscade
Pour rappel, le 18 juillet, un important convoi des Forces armées maliennes a été pris dans une embuscade près de Tabrichat, dans la région de Gao, alors qu'il se dirigeait vers Anéfis. Des vidéos diffusées par les groupes armés et relayées sur les réseaux sociaux montrent des militaires maliens capturés, certains les mains derrière la tête, avant des scènes de mauvais traitements et des exécutions présumées.
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