Ethiopie: fin des combats au Tigré, calme précaire
13:04, 02/08/2026, dimanche
AFP

Eduardo SoterasAFP
Fin des combats au Tigré, calme précaireLes affrontements opposant les forces fédérales éthiopiennes aux rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) ont pris fin samedi dans le nord du pays, ont indiqué à l'AFP des sources locales et sécuritaires.
Fin des hostilités à Shererina
Les combats qui ont opposé forces fédérales et rebelles tigréens ont débuté samedi vers 06H00 à Shererina, localité du Tigré occidental proche de la frontière soudanaise, ont indiqué des sources concordantes. Selon un membre du TPLF, qui a requis l'anonymat, ces affrontements impliquant artillerie lourde et drones
"ont pris fin vers 17H00"
. "Il y a une désescalade"
, a-t-il également affirmé, sans toutefois préciser le nombre de victimes. L'information a été confirmée par une source sécuritaire, également sous couvert d'anonymat.Accusations du TPLF et silence d'Addis Abeba
Samedi, le TPLF, organisation radiée de la liste des partis politiques fédéraux mais demeurant influente dans la région, a accusé les autorités d'Addis Abeba d'avoir
"intensifié ses actions destructrices pour les porter à un niveau supérieur".
Dans un communiqué, elle a également dénoncé une "vaste offensive d'infanterie"
menée par les forces gouvernementales. Toutefois, les autorités fédérales n'ont pour l'heure pas réagi à ces accusations, ni confirmé l'implication de leurs troupes dans les affrontements.Par ailleurs, malgré la fin des combats,
"nous nous faisons toujours face"
, a affirmé le même membre du TPLF, soulignant la précarité du calme observé dans la zone. L'AFP n'a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante ces informations, ni d'identifier précisément les forces en présence sur le terrain, où des milices locales sont également actives.Risque de conflit dans un contexte de paix fragile
Ce regain de tension intervient alors que des forces fédérales et tigréennes sont massées depuis plusieurs mois à la frontière de cette région septentrionale, entretenant des relations particulièrement exécrables et s'accusant mutuellement de préparer un nouveau conflit. Moins de quatre ans après la signature de l'accord de paix de Pretoria en novembre 2022, qui avait mis fin à un sanglant conflit ayant fait au moins 600 000 morts selon l'Union africaine, le risque d'une nouvelle guerre plane à nouveau sur la région.
En outre, plusieurs points clés de cet accord, notamment le retour des personnes déplacées qui sont encore plusieurs centaines de milliers et le désarmement du TPLF, n'ont jamais été pleinement respectés. De plus, les autorités fédérales accusent actuellement le TPLF de s'être rapproché de l'Erythrée voisine, pays avec lequel Addis Abeba entretient des relations hostiles, tandis que le numéro 2 du mouvement rebelle, Amanuel Assefa, a affirmé à l'AFP avoir noué des liens avec
"tous ceux qui combattent le gouvernement fédéral".
Selon des témoignages recueillis par l'ONG Human Rights Watch et par l'AFP, les autorités tigréennes recourent également depuis plusieurs mois à des enrôlements forcés. Le TPLF, qui a dirigé l'Ethiopie pendant près de trois décennies avant d'être marginalisé par l'arrivée au pouvoir du Premier ministre Abiy Ahmed en 2018, a rétabli fin avril un Parlement local jugé illégitime par le gouvernement central, creusant encore les divergences. Dans ce contexte, la région du Tigré demeure exsangue financièrement depuis la coupure des subventions fédérales.
À lire également:

International
Sri Lanka: émeute en prison, déploiement militaire

Technologie
UE : nouveaux pouvoirs pour réguler l'intelligence artificielle

International
Idaho: fusillade mortelle dans un fast-food