France : les pêcheurs bloquent à nouveau le dépôt pétrolier de Frontignan
10:46, 17/09/2026, jeudi
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Sylvain THOMASAFP
Des pêcheurs français brûlent des pneus pour bloquer l'accès au dépôt pétrolier de Frontignan, près de Sète, dans le sud de la France, le 17 septembre 2026, lors d'une manifestation visant à attirer l'attention du gouvernement sur la hausse des prix du carburant et la détérioration des conditions de travail.Entre 150 et 200 pêcheurs bloquent depuis jeudi matin le dépôt pétrolier de Frontignan dans l'Hérault, tandis qu'une trentaine de bateaux empêchent l'accès au port de Sète, pour réclamer des mesures pérennes face à la hausse du carburant, selon des médias français.
Blocage du dépôt de Frontignan et du port de Sète
Selon des médias français, entre 150 et 200 pêcheurs ont bloqué dès trois heures du matin ce jeudi les accès du dépôt pétrolier de Frontignan, dans le département de l'Hérault, afin de protester contre la hausse des prix du carburant.
Par ailleurs, une trentaine de navires ont pris position pour interdire l'entrée du port de Sète, créant un blocus maritime et terrestre destiné à faire pression sur les autorités avant une rencontre cruciale.
Des palettes ont été incendiées à proximité des installations pétrolières et des forces de police ont été déployées sur les lieux pour sécuriser la zone et encadrer la manifestation, tandis qu'une audience est prévue à onze heures avec la ministre de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud.
Aides au carburant: des mesures jugées trop temporaires
Le gouvernement français a annoncé le renforcement de l'aide au gazole, portant son montant de 25 à 35 centimes d'euro par litre et prolongeant son application jusqu'en décembre prochain pour soutenir l'activité des marins.
Selon les services du Premier ministre cités par la presse, cette aide retrouve ainsi
"son niveau maximal autorisé par la Commission européenne pour permettre aux navires de continuer à sortir en mer"
, après avoir été réduite durant l'été en raison de la baisse des cours du brut sur les marchés internationaux. Toutefois, ces annonces ne satisfont pas les professionnels qui réclament des garanties pérennes et dénoncent l'absence de visibilité à long terme pour une profession déjà fragilisée.
Un pêcheur mobilisé depuis quatre jours a déclaré aux médias :
"Je pense qu'il y a beaucoup d'incertitudes qui gravitent autour de cette mesure. Quelle garantie avons-nous que le gasoil ne va pas augmenter à 1,40 euro d'ici décembre ? À ce moment-là, ça ne suffira pas"
. Il a également souligné le caractère précaire du dispositif gouvernemental, affirmant:
"Au mois de décembre, qu'est-ce qu'on va faire après ? Je fais un contrat de trois mois aux marins et je leur dis à la veille que c'est pour trois mois ? Là, il faut arrêter avec les mesures à court terme. On a besoin d'avoir une vision pérenne. Il nous faut des mesures à long terme".
Plafonnement des prix et contraintes réglementaires
Les pêcheurs réclament notamment le plafonnement du prix du gazole à 90 centimes le litre, une mesure qu'ils estiment indispensable pour assurer la survie économique de leurs entreprises face à l'inflation des coûts d'exploitation.
"Il faut plafonner le prix du gasoil à 90 centimes le litre pour les pêcheurs"
, a-t-il estimé devant les caméras. En outre, la contestation dépasse la seule question énergétique pour englober l'ensemble des contraintes réglementaires et administratives imposées au secteur de la pêche méditerranéenne.Les professionnels évoquent également le plan WestMed concernant les chalutiers, ainsi que la gestion stricte de l'anguille et du thon rouge, dénonçant l'accumulation de normes et de restrictions relatives aux quotas de capture.
"Aujourd'hui, on a des gestions très maîtrisées"
, a-t-il assuré, citant plusieurs mesures contraignantes qui pèsent sur les différents segments de la pêche en Méditerranée. Selon la même source, la hausse du carburant vient aggraver des difficultés structurelles déjà présentes dans un secteur soumis à une pression administrative croissante.Pour rappel
La mobilisation a débuté lundi 14 septembre dans les ports de Sète et Port-Vendres avant de s'étendre rapidement à plusieurs dépôts pétroliers et sites portuaires du littoral méditerranéen.
Les représentants des pêcheurs doivent exposer l'ensemble de leurs revendications à Catherine Chabaud lors de la réunion prévue ce jeudi matin, cherchant à obtenir des engagements durables sur le prix du carburant ainsi que sur la réglementation et la gestion des ressources halieutiques.
Ce mouvement s'inscrit dans un contexte de colère croissante chez les pêcheurs méditerranéens, confrontés à une charge administrative jugée de plus en plus lourde et à une nouvelle répartition des quotas de thon rouge perçue comme défavorable à la Méditerranée par rapport à la façade Atlantique.
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