France : 67 % des parents estiment ne pas avoir les moyens d’avoir un enfant supplémentaire
17:42, 17/09/2026, jeudi
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53 % des parents estiment ne pas avoir les moyens de préparer l'avenir de leur enfant, contre 43 % en 2024. Plus de deux parents sur trois en France estiment ne pas disposer de ressources suffisantes pour accueillir un enfant supplémentaire, selon une enquête de l'Unaf réalisée par OpinionWay auprès de 2 500 parents. Cette contrainte financière touche particulièrement les jeunes parents, les femmes et les habitants des zones rurales.
Une majorité de familles aux prises avec des difficultés financières
Selon l'étude de l'Observatoire des familles de l'Union nationale des associations familiales (Unaf) rapportée par Le Figaro, 67 % des parents français déclarent ne pas avoir les moyens d'avoir un enfant supplémentaire.
Cette proportion atteint 73 % parmi les jeunes parents et les femmes interrogées, tandis que les habitants des zones rurales sont 71 % à partager ce constat. Par ailleurs, 63 % des familles se décrivent comme financièrement
"contraintes"
ou "justes"
, et un quart d'entre elles qualifie leur situation de "difficile"
.De plus, la préoccupation pour l'avenir des enfants s'est accentuée. Ainsi, 53 % des parents estiment ne pas avoir les moyens de préparer l'avenir de leur enfant, contre 43 % en 2024.
Selon l'organisation, cet écart de dix points en un an traduit une anxiété croissante concernant la capacité des familles à faire face aux dépenses futures.
Des stratégies d'adaptation au quotidien
Face à ces contraintes, les parents développent différentes stratégies pour équilibrer leurs budgets.
La revente d'objets est citée par 46 % des personnes interrogées, tandis que dans les familles les plus modestes, un tiers déclare avoir recours au découvert bancaire pour financer certaines dépenses.
Cette pratique, qui peut accroître le risque de surendettement, illustre la tension subie par les ménages les plus fragiles.
Dans leur consommation quotidienne, trois quarts des parents indiquent rechercher des promotions. Plus de la moitié privilégient également les produits de seconde main afin de limiter leurs dépenses.
"Les pères tentent de gagner plus. Les mères s'orientent plutôt vers la réduction des dépenses, y compris en sacrifiant leur emploi pour économiser des frais de garde"
, explique Morgane Lenain, présidente du département économie et consommation de l'Unaf.Le coût de l'enfant au cœur des préoccupations
Selon les parents interrogés, les dépenses liées aux enfants sont particulièrement élevées durant la petite enfance, notamment en raison des frais de garde, mais aussi à partir de l'adolescence, dès l'âge de 14 ans.
Au total, 77 % des personnes interrogées, quel que soit leur niveau de vie, considèrent que ces dépenses sont importantes. Par ailleurs, plus de la moitié des parents jugent les crèches, les cantines scolaires et les centres de loisirs
"trop chers".
Toutefois, 78 % des personnes interrogées estiment que les impôts et les aides publiques actuelles ne prennent pas suffisamment en compte la charge financière liée aux enfants.
Cette insuffisance perçue des dispositifs de soutien intervient alors que l'Unaf poursuit son action devant le Conseil d'État concernant le décret ayant fait passer de 14 à 18 ans l'âge de la majoration des allocations familiales.
Une natalité en déclin et des revendications politiques
Ces résultats s'inscrivent dans un contexte de baisse importante de la natalité française.
En 2025, 643 905 bébés sont nés dans le pays, soit environ 190 000 naissances de moins qu'en 2010. Sur quinze ans, le nombre de naissances a ainsi diminué de près d'un quart.
"Les parents disent que leur projet d'avoir un enfant supplémentaire est contrarié par ces conditions matérielles"
, souligne Guillemette Leneveu, directrice générale de l'Unaf, en évoquant également les difficultés de déplacement et le manque de services publics dans certains territoires.L'organisation entend ainsi porter la question des conditions matérielles des familles dans le débat public à l'approche de la présidentielle.
"C'est aussi une question de vision positive de l'avenir"
, affirme Bernard Tranchand, président de l'Unaf, estimant que la jeunesse et la capacité à accompagner les enfants dans leur éducation sont essentielles au dynamisme de la société.Pour rappel,
La France enregistre depuis plusieurs années une diminution continue du nombre de naissances, faisant de la natalité un enjeu politique majeur pour les prochaines échéances électorales.
Selon l'Unaf, les difficultés économiques constituent l'un des éléments déterminants à prendre en compte dans la réflexion sur l'évolution démographique du pays.
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