Eramet et le Gabon signent un accord de transformation du manganèse
10:00, 21/07/2026, mardi
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DANIEL BELOUMOU OLOMOAFP
Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la République gabonaise, réagit pendant son discours prononcé lors du Forum africain de l'eau, "De la vision à l'action", à N'Djamena, le 16 juillet 2026.L'entreprise minière française Eramet et sa filiale gabonaise ont signé lundi avec le gouvernement gabonais un protocole visant à transformer localement jusqu'à 700 000 tonnes de minerai de manganèse annuel d'ici 2031, selon le communiqué du groupe.
Une signature présidentielle pour la valorisation locale
Selon le communiqué publié par le groupe minier, l'accord a été signé lundi en présence du président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema et de son homologue français Emmanuel Macron, au lendemain du début de la visite d'État de trois jours entreprise par le chef de l'État gabonais à Paris.
Eramet et sa filiale locale Eramet Comilog ont ainsi établi avec le gouvernement gabonais une feuille de route commune destinée à développer des solutions industrielles rentables, permettant la transformation locale du minerai de manganèse en produits à haute valeur ajoutée tout en créant des emplois durables sur le territoire.
Trois projets industriels à l'horizon 2031
Le protocole d'accord prévoit la transformation progressive de jusqu'à 700 000 tonnes de minerai par an d'ici fin 2031. Trois scénarios industriels distincts sont actuellement à l'étude pour atteindre cet objectif ambitieux.
Le premier projet envisage l'installation d'une usine d'oxyde de manganèse à Libreville, d'une capacité initiale de 10 000 tonnes par an, qui transformerait environ 20 000 tonnes de minerai destinées à alimenter la filière des batteries pour véhicules électriques ainsi que les aciers haute performance.
Sa mise en service pourrait intervenir d'ici fin 2028, sous réserve d'une décision finale d'investissement et de la validation des conditions techniques, environnementales et économiques. En cas de succès commercial, de nouvelles unités de 50 000 tonnes par an pourraient être envisagées avec le soutien de partenaires investisseurs.
Par ailleurs, le second scénario porte sur la réfection complète du Complexe Métallurgique de Moanda (CMM), unique site de transformation actif au Gabon et en Afrique centrale, où Eramet Comilog produit du silicomanganèse et de l'oxyde de manganèse depuis 2015.
Le protocole prévoit un plan d'amélioration substantiel pour assurer la rentabilité durable des installations. Le redémarrage des unités rénovées est prévu pour fin 2029, avec une capacité de production pouvant atteindre 70 000 tonnes d'alliages de manganèse par an, soit environ 150 000 tonnes de minerai transformé.
En outre, un troisième projet d'envergure envisage la construction d'une nouvelle usine d'alliages de manganèse en zone côtière.
D'une capacité de 265 000 tonnes d'alliages par an, nécessitant la transformation d'environ 530 000 tonnes de minerai, cette installation pourrait démarrer ses activités en 2031.
Toutefois, ce scénario requiert une convention d'investissement distincte, la sécurisation des conditions énergétiques et logistiques, ainsi qu'une décision finale d'investissement confirmée par les parties.
Les défis énergétiques et la décarbonation
Le protocole reconnaît explicitement l'accès à l'énergie compétitive comme prérequis indispensable au développement industriel de cette envergure. La République gabonaise s'est formellement engagée à assurer le développement des solutions énergétiques nécessaires au fonctionnement du projet de nouvelle usine d'alliages.
Dans ce contexte, Eramet et Eramet Comilog s'attachent également à développer une filière locale de production de biocharbon issue des déchets de production de grumes de bois, utilisables comme bio-réducteur en substitution du coke métallurgique.
Cette innovation permettra de décarboner significativement la transformation du minerai de manganèse tout en réduisant les importations de coke.
Cette filière a concrètement démarré en juillet 2026 en partenariat avec Precious Woods, avec l'installation d'un four pilote localisé à Lastourville. Le démarrage d'une unité de production de 10 000 tonnes de biocharbon par an à horizon 2029 est également à l'étude.
Un fonds d'amorçage pour l'emploi local
De plus, les signataires ont annoncé le lancement d'un fonds d'amorçage industriel intitulé "Fabriqué au Gabon", destiné à favoriser le développement économique et la création d'emplois dans d'autres secteurs de l'économie gabonaise.
Ce fonds vise la création à terme de 3 000 emplois dans le secteur industriel local. Un comité de suivi, composé de représentants de la République gabonaise, d'Eramet et d'Eramet Comilog, assurera la supervision rigoureuse des trois projets industriels, du développement du biocharbon et du fonds d'amorçage, avec des réunions prévues au minimum une fois par trimestre.
Pour rappel, le président gabonais entamait lundi une visite d'État de trois jours à Paris, marquée par une rencontre au Palais de l'Élysée avec Emmanuel Macron, dans un contexte de renforcement des relations économiques bilatérales entre la France et le Gabon.
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