Niger : Abuja dément son implication dans la mutinerie
17:40, 04/09/2026, vendredi
AA

AA
Le président nigérian Bola Ahmed Tinubu s'est adressé à des représentants du monde politique et des affaires lors d'une table ronde réunissant des chefs d'État, organisée dans le cadre du Forum des PDG africains à Kigali, la capitale du Rwanda.Le Nigéria a rejeté les accusations d'implication dans la tentative de mutinerie survenue fin août à Niamey, les qualifiant de "fausses et malveillantes", selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
Abuja rejette les accusations "malveillantes"
Selon un communiqué publié le 3 septembre par le ministère des Affaires étrangères nigérian, le gouvernement fédéral a réfuté toute participation aux événements survenus dans la nuit du 28 au 29 août 2026.
Ces faits avaient vu des militaires tenter de prendre le contrôle de plusieurs positions stratégiques dans la capitale nigérienne.
"Le gouvernement fédéral du Nigeria rejette catégoriquement ces affirmations infondées, irresponsables destinées à désinformer l’opinion et à ternir l’image du pays"
, précise le texte officiel. Ces déclarations visent à démentir les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux accusant Abuja d'avoir soutenu les mutins via la CEDEAO.
Les révélations du capitaine Gabriel
Par ailleurs, le capitaine Roger Gabriel, commandant d'une compagnie de parachutistes basée à Niamey, a livré un tout autre récit dans une vidéo diffusée le 2 septembre sur la télévision publique nigérienne.
L'officier affirme avoir été contacté depuis l'étranger pendant les affrontements opposant l'armée nationale aux insurgés.
"En début de matinée, j’ai reçu un appel d’un camarade tchadien, le colonel Hassane Adoum, qui m’a demandé s’il s’agissait d’une attaque terroriste à Niamey. Je lui ai répondu que tel n’était pas le cas et qu’il s’agissait d’un affrontement entre l’une de nos unités et la garde présidentielle. Il m’a ensuite rappelé une deuxième fois pour m’expliquer qu’une intervention serait en cours à partir de leur pays, pilotée par leurs autorités et les forces spéciales françaises, afin de venir en soutien aux militaires qui ont pris la base 101"
, a-t-il témoigné. Ce récit met directement en cause les autorités tchadiennes et les forces françaises.Selon le même officier, des proches de l'ancien président Mohamed Bazoum lui auraient également indiqué que les mutins bénéficiaient du soutien de la Côte d'Ivoire, du Bénin et de la CEDEAO.
Ces accusations désignent ainsi plusieurs capitales ouest-africaines ainsi que Paris comme potentiels instigateurs de cette tentative de déstabilisation visant le général Abdourahamane Tiani.
Contexte de la mutinerie et soutien russe
Des militaires de l'armée nigérienne avaient effectivement pris le contrôle de la base aérienne 101 proche de l'aéroport de Niamey dans la nuit du 28 au 29 août, avant d'être délogés par les forces loyalistes.
Le ministre nigérien de la Défense avait alors qualifié cet épisode de simple
"mouvement d'humeur"
mené par des éléments incontrôlés.De plus, les autorités locales ont fait état de trois morts parmi les militaires de la garde présidentielle lors de ces affrontements.
Toutefois, l'ambassadeur de Russie à Niamey, Viktor Voropaïev, a indiqué que des éléments d'Africa Corps présents sur le terrain avaient apporté leur assistance à l'armée nigérienne pour maîtriser la rébellion, soulignant ainsi l'implication directe de Moscou dans la défense du pouvoir en place.
A lire également:

International
Nigeria: 20 morts dans des affrontements communautaires

International
Niger : une dizaine de soldats tués par Boko Haram

International
Niger, tentative de coup d'Etat : Tiani affirme que la situation est "totalement sous contrôle"

International
Niger: retour au calme après mutinerie déjouée à Niamey

International
Niger: tentative de déstabilisation déjouée par l'AES
