La rédaction
16:31, 28/10/2026, mercredi

Bénin : un call center pour enrayer le décrochage scolaire

Au Bénin, le département de l'Atlantique a recensé 8 367 élèves décrocheurs en 2025. Pour réagir, les autorités testent un centre d'appel. Il contacte les parents quand les absences injustifiées se répètent. Les familles en difficulté financière peuvent être orientées vers les services sociaux scolaires. Accueillie favorablement par des parents, cette phase pilote vise à repérer tôt les problèmes et à ramener les élèves en classe.

Le Bénin expérimente une nouvelle arme contre le
décrochage scolaire
. Dans le département de l'Atlantique, un centre d'appel suit désormais l'assiduité des élèves. L'objectif est simple: repérer vite les enfants qui s'éloignent de l'école, puis les y ramener.

Décrochage scolaire au Bénin: 8 367 élèves concernés en 2025

Les autorités éducatives ont chiffré le phénomène. En 2025, 8 367 élèves ont décroché dans le département de l'Atlantique. Ce département se situe au sud du pays, près de Cotonou, la grande ville économique.

Ce bilan ne concerne qu'un seul département. Il montre pourtant l'ampleur du défi. Chaque élève qui abandonne risque de quitter l'école sans qualification. Par conséquent, ses chances de trouver un emploi stable reculent.

Le problème n'est pas nouveau au Bénin. Une étude de l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF) a suivi des élèves au moment du passage du primaire au secondaire. Elle relève un taux de décrochage de 9,81 % au Bénin dans l'échantillon étudié. Cette période de transition reste donc particulièrement fragile.

Comment fonctionne le centre d'appel ?

Les autorités ont lancé une phase pilote. Le dispositif repose sur un principe direct : le contact humain avec les familles. Ainsi, l'école n'attend plus que l'élève disparaisse pour réagir.

Le centre d'appel contacte directement les parents. Il intervient lorsque les absences injustifiées deviennent répétitives. Cet échange permet de comprendre la situation de l'enfant. En effet, une absence peut cacher une maladie, un souci familial ou un manque de moyens.

Parfois, les difficultés sont financières. Dans ce cas, les familles peuvent être orientées vers les services sociaux scolaires. Ces services étudient alors les solutions possibles.

Le dispositif ne se limite donc pas au rappel à l'ordre. Il cherche aussi à soutenir les familles fragilisées.

Pourquoi les difficultés financières pèsent autant

L'argent joue souvent un rôle dans la décision d'arrêter l'école. L'étude de l'AUF le confirme. Selon elle, les parents citent le découragement des élèves, les contraintes financières et l'attrait de l'apprentissage professionnel.

Ces motifs montrent qu'un simple rappel ne suffit pas. Un appel doit s'accompagner d'une réponse concrète. C'est pourquoi le lien avec les services sociaux scolaires compte autant. Il transforme un signalement en aide possible.

Une approche qui mise sur la prévention

Le Bénin choisit ici la prévention plutôt que la sanction. L'idée consiste à agir avant la rupture définitive. Un élève absent depuis quelques jours se rattrape plus facilement qu'un élève absent depuis des mois.

De plus, le suivi par téléphone rapproche l'école des familles. Les parents savent que l'établissement surveille l'assiduité de leur enfant. L'école, de son côté, apprend ce qui se passe à la maison.

Cette logique présente un autre avantage. Elle repère les difficultés au cas par cas. En revanche, une mesure générale ignore la situation de chaque famille.

Un accueil favorable chez les parents

Des parents ont accueilli favorablement cette initiative. Ce premier signal encourageant compte beaucoup. En effet, un dispositif de suivi ne fonctionne que si les familles jouent le jeu.

La phase pilote vise d'abord à détecter rapidement les problèmes. Elle cherche aussi à favoriser le retour des élèves en classe. Plus l'intervention est précoce, plus elle a de chances de réussir.

Les points à suivre pour la phase pilote

Plusieurs questions restent ouvertes à ce stade. À ce jour, aucun bilan chiffré du dispositif n'est disponible. Les autorités devront donc mesurer les résultats. Il faudra savoir combien d'élèves reviennent réellement en classe.

Par ailleurs, une éventuelle extension à d'autres départements dépendra de ces résultats. Les moyens humains et financiers du centre d'appel compteront aussi. Enfin, les services sociaux scolaires devront disposer de ressources suffisantes pour répondre aux demandes des familles.

Un appel ne remplace pas une aide matérielle. Cependant, il ouvre une porte. Les familles en difficulté n'osent pas toujours demander de l'aide d'elles-mêmes.

L'éducation, un droit à défendre partout

Cette initiative rappelle une évidence. Aucun enfant ne devrait quitter l'école faute de moyens. Chaque année perdue pèse sur son avenir et sur celui de son pays.

Ce combat dépasse les frontières du Bénin. À Gaza et en Palestine occupée (Cisjordanie), l'occupation et la guerre privent aussi des enfants d'école, comme le documentent les agences de l'ONU. Défendre le droit à l'éducation, c'est donc le défendre partout.

Le centre d'appel de l'Atlantique offre une réponse simple à un problème complexe. Il mise sur le dialogue avec les parents et sur le soutien social. Les prochains mois diront si cette phase pilote tient ses promesses.

Si les résultats convainquent, le Bénin disposera d'un modèle de prévention à étendre. Dans tous les cas, l'initiative place la lutte contre le décrochage scolaire au centre du débat.

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