Ukraine: entrée en vigueur d’un cessez-le-feu à Olechky
10:54, 27/10/2026, mardi
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AFP PHOTO/ SATELLITE IMAGE ©2024 MAXAR TECHNOLOGIESArchive
Vue satellite d'Olechky en février 2024, où un cessez-le-feu vient d'être décrété.Un cessez-le-feu localisé est entré en vigueur mardi à Olechky, ville ukrainienne de la région de Kherson contrôlée par la Russie. Selon la Maison-Blanche, Melania Trump a servi d'intermédiaire. Moscou et Kiev ont chacun annoncé une trêve pour acheminer l'aide et évacuer les civils. Les habitants manquent de nourriture, de médicaments et d'eau. Seuls 1 700 à 2 000 personnes y vivent encore, souvent âgées.
Un
cessez-le-feu à Olechky
est entré en vigueur mardi à 1 h GMT. Cette ville ukrainienne est contrôlée par les forces russes. La trêve vise à faciliter l'aide humanitaire et l'évacuation des civils. Selon la Maison-Blanche, la Première dame américaine, Melania Trump, a mené la médiation.Un cessez-le-feu localisé entré en vigueur mardi
L'accord concerne uniquement Olechky. Il ne s'agit donc pas d'une trêve générale entre la Russie et l'Ukraine. Les deux camps l'ont toutefois confirmé séparément.
Le chef d'état-major général russe, Valeri Guerassimov, a annoncé un
"régime de silence"
dans la direction de Kherson. Il débute à 4 h, heure de Moscou, le 27 octobre. Moscou veut ainsi faciliter les opérations humanitaires.De son côté, l'état-major ukrainien a annoncé un cessez-le-feu localisé à partir de 3 h, heure de Kiev. Kiev poursuit le même objectif : acheminer l'aide et évacuer les civils en sécurité.
Ce que prévoit l'opération
Guerassimov, cité par le ministère russe de la Défense, a détaillé la procédure. Une reconnaissance du génie sera menée. Ensuite, un convoi humanitaire pourra rejoindre la localité en toute sécurité.
Par ailleurs, la Maison-Blanche précise que des représentants civils russes et ukrainiens évalueront les besoins des habitants. Les personnes qui veulent partir bénéficieront d'un transport coordonné. Elles pourront choisir une destination dans l'un ou l'autre pays.
Enfin, un média américain accompagnera les équipes pour documenter l'opération. Son nom n'a pas été communiqué.
Melania Trump, "intermédiaire exclusive" selon la Maison-Blanche
Dans un communiqué publié vendredi, la Maison-Blanche a confirmé le rôle de Melania Trump. Elle aurait agi en tant qu'
"intermédiaire exclusive"
. Ce choix de mots reste celui de l'exécutif américain.La Première dame a elle-même commenté l'accord.
"La situation à Olechky est dramatique. C'est une ville de première ligne au bord de la catastrophe"
, a-t-elle déclaré.Elle a aussi insisté sur son rôle personnel. Selon elle, sans son intervention, il aurait été impossible d'acheminer une aide humanitaire et d'évacuer les personnes âgées.
Une médiation à vérifier
Cependant, cette présentation vient d'un seul camp. Ni Moscou ni Kiev n'ont, à ce stade, évoqué publiquement le rôle de Melania Trump. Les communiqués russe et ukrainien parlent seulement de mesures humanitaires.
C'est pourquoi il faut rester prudent. Les faits établis sont l'entrée en vigueur de la trêve et les annonces des deux états-majors. Le rôle exact de la Première dame repose, pour l'instant, sur la version de la Maison-Blanche.
Olechky, une ville de première ligne au bord de la catastrophe
La situation des habitants s'aggrave depuis des mois. Olechky se trouve sur la rive orientale du Dnipro, dans la région de Kherson. Les forces russes ont pris la ville en 2022.
Pénuries et routes minées
Selon la Maison-Blanche, les pénuries de nourriture, de médicaments et d'eau potable s'aggravent. L'électricité reste limitée. De plus, les routes sont minées et les attaques militaires se répètent.
Dans ces conditions, chaque convoi représente un risque. En effet, un simple trajet vers la ville peut devenir dangereux sans garanties de sécurité.
Une population réduite et vieillissante
Avant la guerre, la ville comptait environ 24 000 habitants. Aujourd'hui, selon les estimations, seuls 1 700 à 2 000 personnes y vivent encore.
Beaucoup sont âgées. Elles ne peuvent pas partir seules. Ainsi, l'évacuation organisée est vitale pour elles.
Une crise humanitaire que chacun impute à l'autre
La trêve intervient dans un climat de reproches mutuels. Moscou et Kiev se rejettent la responsabilité de l'aggravation de la crise à Olechky. Aucune des deux capitales n'accepte la critique de l'autre.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a reconnu une incertitude. La durée de l'opération reste floue. Elle pourrait toutefois s'étendre sur plusieurs jours.
Le poids de la catastrophe de Nova Kakhovka
La région porte aussi les traces d'une autre catastrophe. En juin 2023, la destruction du barrage de Nova Kakhovka a provoqué d'importantes inondations. Olechky et des localités voisines ont été touchées.
Des habitations ont été détruites. Des milliers de personnes ont dû fuir. L'Ukraine et la Russie s'accusent mutuellement d'avoir détruit le barrage volontairement.
Pourquoi cette trêve compte pour les civils
Un cessez-le-feu local reste limité. Néanmoins, il montre qu'un accord est possible quand la vie des civils est en jeu. En outre, il prouve que les deux camps peuvent coordonner une opération commune.
Ce précédent intéresse aussi la diplomatie. Istanbul a accueilli des pourparlers russo-ukrainiens à plusieurs reprises. Ces rencontres ont rappelé que le dialogue reste la seule issue durable pour Türkiye et pour de nombreux pays.
Par ailleurs, cette affaire pose une question de principe. Si l'accès humanitaire est un droit à Olechky, il l'est partout. Les civils de Gaza et de Palestine occupée (Cisjordanie) réclament la même protection. Eux aussi ont droit à des corridors sûrs, à de l'eau, à des soins et à une aide sans entrave.
Le cessez-le-feu à Olechky offre un répit fragile aux derniers habitants. Les prochains jours diront si les convois passent et si les évacuations avancent. En attendant, la communauté internationale doit garder les yeux ouverts, car les civils paient toujours le prix le plus lourd.
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