12:04, 25/09/2026, vendredi
Bénin: première cargaison de pétrole brut sur le marché international
Le Bénin prévoit de commercialiser sa première cargaison de pétrole brut à l'international dès octobre 2026. Environ 250 000 barils proviendront du champ offshore de Sèmè, exploité par Akrake Petroleum Benin. La production démarre à 3 000 barils par jour, en deçà des prévisions initiales. Ce retour marque la fin de plus de deux décennies d'absence sur le marché pétrolier, après une première exploitation entre 1982 et 1998.
Le Bénin s'apprête à franchir une étape historique. Dès octobre 2026, le pays prévoit de commercialiser sa première cargaison de pétrole brut sur le marché international.
Cette cargaison représente environ 250 000 barils. Elle provient du champ offshore de Sèmè, situé dans le sud-est du pays. Ainsi, le Bénin retrouve le statut de producteur après plus de deux décennies d'absence.
Une cargaison de 250 000 barils attendue en octobre
L'information a été rapportée par le quotidien de service public La Nation. La cargaison sera issue de la production du champ de Sèmè, exploité par la société Akrake Petroleum Benin.
Au rythme de production actuel, ce volume représente plusieurs semaines d'extraction. Aucun acheteur n'avait toutefois été identifié publiquement au moment de l'annonce.
Cette vente reste modeste à l'échelle mondiale. Cependant, elle marque un tournant symbolique pour l'économie béninoise.
Le champ offshore de Sèmè, moteur de la relance pétrolière
Le gisement se situe sur le bloc 1, au large du sud-est du Bénin. Ce bloc couvre environ 551 km², dans des eaux peu profondes, entre 20 et 30 mètres.
L'opérateur du site est Akrake Petroleum Benin. Cette société est une filiale du groupe singapourien
Rex International Holding.
Une montée en puissance plus lente que prévu
La production tourne actuellement autour de 3 000 barils par jour. Ce chiffre reste très en retrait par rapport aux 15 000 à 16 000 barils par jour initialement espérés au lancement du projet.
L'opérateur vise désormais une cible plus réaliste, entre 5 000 et 6 000 barils quotidiens. En effet, le premier puits foré n'avait pas atteint sa cible, ce qui avait ralenti le démarrage.
La relance a véritablement pris forme en mars 2026. À cette date, un second puits est entré en production et a permis de sécuriser les volumes.
Une histoire pétrolière vieille de près de 60 ans
L'aventure du pétrole béninois ne date pas d'hier. Un document de la Banque mondiale, publié en mars 1984, rappelle qu'en 1968 déjà, la compagnie américaine Union Oil Company of California avait identifié un gisement au large de Sèmè.
Cette découverte a ouvert la voie à une première exploitation. Entre 1982 et 1998, la norvégienne Saga Petroleum a ainsi extrait environ 22 millions de barils du site.
L'aventure s'était pourtant arrêtée net. La chute des cours mondiaux, retombés autour de 14 dollars le baril, avait contraint l'opérateur à cesser ses activités.
Le retour d'Akrake Petroleum depuis 2025
Le projet a repris son élan en août 2025. Akrake Petroleum est alors entrée en phase opérationnelle et a déployé des équipements lourds sur le bloc 1.
Quelques mois plus tard, le forage d'un second puits a été annoncé comme un succès. Ce puits horizontal mesure 1 405 mètres, dont 950 mètres traversent une nappe de pétrole sans présence d'eau.
Des réserves prometteuses, mais encore à confirmer
Un audit indépendant, réalisé par Tetra Tech RPS Energy et daté du 17 avril 2025, a certifié des réserves prouvées et probables (2P) de 10,9 millions de barils. Ce chiffre offre une base solide pour les prochaines années d'exploitation.
Par ailleurs, des travaux d'exploration plus larges évaluent le pétrole en place à environ 950 millions de barils. Ce potentiel reste néanmoins hypothétique. Il devra être confirmé par de futurs forages avant toute certitude.
Quel impact pour l'économie béninoise ?
Le retour du Bénin parmi les pays exportateurs de pétrole dépasse le seul symbole. Le pays sert déjà de point de sortie au brut extrait au Niger, ce qui renforce sa position sur la carte énergétique régionale.
Des estimations non officielles, relayées localement, évoquent un gain net pour le Trésor public compris entre 2,3 et 4 milliards de francs CFA. Ce chiffre reste toutefois à confirmer par des sources institutionnelles.
C'est pourquoi cette première cargaison sera scrutée de près. Elle donnera une première indication concrète des retombées économiques réelles du projet.
La production reste modeste, autour de 3 000 barils par jour. Cependant, elle ouvre une nouvelle page dans une histoire pétrolière vieille de près de 60 ans.
Les prochains mois diront si cette relance tient ses promesses. Les réserves plus importantes, encore à confirmer, pourraient changer la donne pour l'économie du pays.
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