Ceuta : la quasi-totalité des migrants renvoyés au Maroc
11:51, 01/08/2026, samedi
AFP

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La quasi-totalité des migrants renvoyés au MarocLe gouvernement espagnol a annoncé samedi que la quasi-totalité des quelque 48 000 migrants entrés dans l'enclave de Ceuta étaient retournés au Maroc, dans un contexte de vives tensions avec les partenaires européens sur la gestion des flux migratoires.
Retour massif au Maroc et situation à la frontière
Le gouvernement espagnol a indiqué vendredi soir que la quasi-totalité des migrants arrivés ces derniers jours dans l'enclave de Ceuta avaient regagné le territoire marocain. Selon un chiffre communiqué par l'exécutif, quelque 48 000 personnes ont ainsi été reconduites à la frontière. Le ministre de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska devait s'exprimer samedi matin depuis Ceuta pour faire un point sur la situation.
Sur place, une épaisse brume recouvrait la zone frontalière où des jeunes continuaient à franchir la frontière en sens inverse sous le regard des militaires et de la Garde civile, a observé la correspondante de l'AFP. Ceux qui s'attardaient sur la corniche étaient aussitôt poussés vers la sortie par les soldats. Par ailleurs, deux hommes sortaient de l'eau sur la plage jouxtant la frontière, s'écroulant sur le sable visiblement épuisés.
"Un ami m'a appelé, il m'a dit que la frontière était ouverte"
, a raconté à l'AFP Soufiane, un Marocain de 42 ans, qui est arrivé à Ceuta en nageant "trois, cinq minutes"
dans l'espoir de rejoindre Madrid pour voir sa mère, "victime d'une leucémie"
. Selon lui, l'afflux massif de migrants ces derniers jours montre "que tout le monde veut +monter+ (en Espagne) et souhaite avoir un bon avenir, qu'ils n'ont pas au Maroc".
Bilan humain et mesures de sécurité
Le bilan de cette crise migratoire, inédite par son ampleur à Ceuta, s'élève à au moins 34 morts, dont beaucoup par noyade, selon le gouvernement local de ce territoire de 84 000 habitants situé à la pointe nord du Maroc. Par ailleurs, les autorités ont estimé à 60 000 le nombre total de migrants entrés depuis le début de la semaine, selon le président du gouvernement local Juan Jesus Vivas. Le ministère de l'Intérieur évoquait pour sa part un chiffre de 50 000 entrants, en très grande majorité des Marocains.
En outre, pour empêcher désormais les traversées à la nage entre le Maroc et Ceuta, une barrière pneumatique de 500 mètres de long est en cours d'installation dans la mer Méditerranée, a annoncé le ministère espagnol de l'Intérieur. Plus dans les terres, des centaines de migrants, dont beaucoup d'Africains subsahariens, attendaient devant le centre d'accueil qui demeure fermé, la police bloquant son accès.
Tensions diplomatiques avec l'Union européenne
Ces événements ont provoqué de vives réactions au sein de l'Union européenne, notamment de la part de la droite et de l'extrême droite, sur le sujet des contrôles aux frontières de l'espace Schengen. Dès jeudi, l'Italie avait annoncé vouloir suspendre l'Espagne de l'espace Schengen, une mesure pour laquelle Rome a obtenu le soutien de la Finlande et du Danemark.
Toutefois, Madrid s'est insurgée de cette proposition
"démagogique"
et à la portée incertaine. Des juristes consultés par l'AFP assuraient qu'il est impossible de l'appliquer dans le cadre légal actuel. Dans ce contexte, l'Italie a rétabli samedi des contrôles aux frontières aériennes et maritimes avec l'Espagne, tandis que la France a multiplié par cinq, à 334, le nombre de policiers et gendarmes en renfort à la frontière franco-espagnole.Réactions politiques internationales
Dans ce contexte tendu, le Premier ministre Pedro Sánchez, dont le gouvernement défend une approche ouverte en matière migratoire, a appelé vendredi les autres pays de l'UE à
"ne pas se diviser".
En déplacement à Ceuta, le dirigeant socialiste a évoqué "une attaque, une violation de l'intégrité territoriale de l'Espagne"
. Il a également accusé des "mafias" d'être à l'origine de la rumeur d'ouverture de la frontière.À Madrid vendredi soir, plusieurs centaines de manifestants anti-migrants se sont rassemblés devant l'ambassade du Maroc pour
"défendre l'identité espagnole"
, a constaté un journaliste de l'AFP. De plus, à Washington, Donald Trump a jugé que les images de Ceuta ressemblaient à "l'invasion d'un pays".
L'ancien président américain a accusé sur X Madrid de mener des "efforts délibérés"
ayant favorisé cette immigration clandestine.Pour rappel, le gouvernement espagnol avait lancé un vaste plan de régularisation de sans-papiers pour lequel près de 1,2 million de demandes ont été déposées par des étrangers en situation irrégulière. Le pays compte deux enclaves terrestres en Afrique du Nord, Ceuta et Melilla, qui forment les seules frontières terrestres entre l'Afrique et l'Europe.
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