11:54, 25/08/2026, mardi
CAN 2032: le Burkina Faso se prépare à la co-organisation avec l'AES
Le Burkina Faso, le Mali et le Niger visent l'organisation commune de la CAN 2032. La CAF a validé leur déclaration d'intérêt après une rencontre à New York le 18 juillet 2026. Ouagadougou met en avant son stade du 4-Août rénové, l'autoroute en chantier vers Bobo-Dioulasso et ses capacités hôtelières. La sécurité reste le principal défi : l'armée burkinabè revendique une reconquête territoriale proche de 74 %.
Le Burkina Faso, le Mali et le Niger visent l'organisation commune de la 38e Coupe d'Afrique des nations. Ce pari sportif intervient alors que ces trois pays de l'Alliance des États du Sahel (AES) affrontent encore une insécurité persistante. À Ouagadougou, le gouvernement burkinabè avance malgré tout ses pions
Une candidature commune actée devant la CAF
Tout est parti d'une réunion tenue le 18 juillet 2026 à New York. Le colonel Oumarou Sawadogo, président de la Fédération burkinabè de football, a rencontré Patrice Motsepe, le président de la Confédération africaine de football (CAF). Mahazou Cisset, pour le Mali, et Issaka Adamou, pour le Niger, l'accompagnaient.
Les trois dirigeants ont exposé leur projet : accueillir ensemble la CAN 2032. La CAF a depuis confirmé la déclaration d'intérêt conjointe des trois fédérations. Ainsi, le dossier peut désormais suivre la procédure officielle d'attribution.
Cette candidature ne reste pas isolée. Le Sénégal et la Libye ont eux aussi manifesté leur intérêt pour cette même édition. La concurrence s'annonce donc disputée d'ici la décision finale de la CAF.
Le poids politique de l'AES derrière le ballon
Cette candidature dépasse le simple enjeu sportif. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont quitté la CEDEAO en 2025. Depuis, ils multiplient les projets communs: passeport biométrique, monnaie en discussion, force militaire unifiée.
Une CAN co-organisée constituerait donc une vitrine diplomatique majeure. Elle prouverait la capacité de l'AES à porter un projet régional d'envergure, malgré l'isolement international qui pèse sur les trois juntes.
Ouagadougou mise sur ses infrastructures sportives
À Ouagadougou, la capitale burkinabè, l'optimisme domine. Le journaliste François Yogo estime que l'AES prend les dispositions nécessaires pour être prête en 2032. Il cite en exemple les efforts déployés par son propre pays.
Le stade du 4-Août
illustre cet effort. Fermé pendant quatre ans, il a rouvert ses portes le 4 août 2025 après une profonde rénovation. L'enceinte affiche désormais une capacité de 55 000 places et a été homologuée par la CAF.La deuxième ville du pays n'est pas en reste. Le journaliste Alain Sawadogo rappelle qu'un nouveau stade de classe internationale y sort de terre : celui de Léguéma, d'une capacité de 15 000 places.
Une entreprise turque construit cet équipement, conforme aux normes CAF et FIFA. Selon lui, les grandes villes du pays disposent par ailleurs de capacités hôtelières répondant aux exigences de la CAF pour ses compétitions.
L'autoroute Ouaga-Bobo, un pari logistique de 332 kilomètres
Au-delà des stades, le Burkina Faso investit aussi dans ses routes. Depuis le 16 décembre 2025, le pays construit une autoroute reliant Ouagadougou à Bobo-Dioulasso. Le chantier s'étend sur 332 kilomètres, financés sur fonds propres à hauteur de 200 milliards de francs CFA pour la seule année 2026.
Cette infrastructure comptera huit voies au total, réparties en deux fois quatre. Pour François Yogo, elle facilitera la mobilité de tous ceux qui se déplaceront lors des futurs matchs de la compétition.
La sécurité, le défi central de la candidature
La sécurité reste l'obstacle majeur que les pays de l'AES doivent lever pour espérer organiser la CAN 2032. Sur ce point aussi, l'armée burkinabè se veut rassurante. Elle promet d'avoir vaincu le terrorisme d'ici six ans.
Le général de division Célestin Simporé, ministre d'État chargé de la Guerre et de la Défense patriotique, a dressé un bilan chiffré des offensives menées contre les groupes armés. "En matière de reconquête du territoire, nous sommes à peu près à 74 %, ce qui représente environ 400 à 500 villages reconquis", a-t-il déclaré.
Ce taux de reconquête a continué de progresser depuis. Il atteignait 74,53 % au 30 juin 2026, contre 73,56 % en décembre 2025, selon les derniers bilans du ministère de la Guerre.
Un ciel commun pour accompagner le projet
En attendant l'issue de cette candidature, les trois pays de l'AES avancent sur un autre chantier d'intégration régionale. Ils ont signé, le 22 avril 2026 à Niamey, un accord créant une compagnie aérienne commune.
Les premiers vols de cette compagnie sont attendus d'ici la fin de l'année 2026. Cette liaison aérienne renforcerait la connectivité entre les trois capitales, un atout supplémentaire si la CAN 2032 venait à se jouer sur leur sol.
Le Burkina Faso, le Mali et le Niger visent ensemble l'organisation de la CAN 2032. La CAF a validé leur déclaration d'intérêt, mais la décision finale reste encore lointaine.
Ouagadougou avance ses arguments : un stade rénové, une autoroute en chantier, un secteur hôtelier aux normes. La sécurité, elle, conditionne tout le reste. L'armée burkinabè revendique une reconquête territoriale proche des trois quarts du pays.
Le projet de compagnie aérienne commune de l'AES viendra compléter ce dossier dans les prochains mois. La CAN 2032 reste donc un objectif lointain, mais déjà structurant pour les trois pays du Sahel.
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