18:00, 28/07/2026, mardi
Niger : bilan des trois ans du CNSP, les populations se prononcent
Le 26 juillet 2026, le CNSP a marqué son troisième anniversaire au pouvoir au Niger. Trois ans après le coup d'État qui a porté le général Abdourahamane Tiani à la tête du pays, économistes, analystes et habitants de Niamey dressent un bilan contrasté : avancées économiques et sécuritaires, mais retards dénoncés dans l'éducation.
Le 26 juillet 2026, le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) a célébré son troisième anniversaire d'accession au pouvoir. À la faveur d'un coup d'État, le général Abdourahamane Tiani a pris la tête du Niger, renversant l'ancien président Mohamed Bazoum, alors accusé d'avoir failli dans la lutte contre le terrorisme. Trois ans après, quel bilan les Nigériens font-ils du pouvoir militaire ?
Économie: des investissements en forte hausse
Pour l'économiste Abdou Moumouni Tawaye, le pouvoir militaire a fourni beaucoup d'efforts malgré d'énormes défis. Il cite l'augmentation des investissements réalisés par l'État.
"Ils sont passés de 257 milliards de francs CFA en 2023 à 1 116 milliards en 2026, ce qui est assez significatif
", rapporte-t-il.Il mentionne aussi plusieurs grandes mesures prises pour alléger le quotidien de la population: la maîtrise des prix, la stabilité du prix du carburant à la pompe malgré une conjoncture mondiale défavorable, mais aussi
"la stabilisation des prix des céréales pour les populations vulnérables, le prix de l'électricité qui reste assez stable et le contrôle du prix du ciment. Toutes ces mesures permettent aux Nigériens de souffler malgré l'austérité et le fait qu'une grande partie des revenus nationaux sont redirigés vers la guerre contre le terrorisme"
, développe l'économiste. Abdou Moumouni Tawaye ajoute que les perspectives sont bonnes depuis que le Niger ne compte plus sur l'aide extérieure pour maîtriser son déficit public ou financer des projets de développement interne.
Sécurité: des capacités opérationnelles renforcées
Sur le plan sécuritaire, même si les groupes terroristes continuent de donner du fil à retordre au pouvoir militaire, beaucoup estiment à Niamey que d'importants efforts ont été consentis. Abdoul Aziz Garba Djibo, analyste des questions sécuritaires, indique que les effectifs des forces de défense et de sécurité ont été revus à la hausse. Il note aussi une
"nette amélioration"
au niveau des équipements."Au niveau de la capacité opérationnelle également, on a vraiment constaté une nette amélioration par rapport aux années antérieures"
, souligne M. Garba Djibo, qui insiste par ailleurs sur la diversification des partenaires dans cette lutte contre le terrorisme, contrairement au passé où les Occidentaux étaient les seuls sur le terrain.Éducation: le secteur qui inquiète
Dans les secteurs de la sécurité et de l'économie, il existe donc des motifs de satisfaction. Mais pour certains Nigériens, le pouvoir militaire traîne encore le pas dans plusieurs autres domaines après trois ans aux affaires.
Laouali Kané Abdourahamane, habitant de Niamey, se dit très préoccupé par la situation du secteur de l'éducation.
"On ne peut pas refonder un pays sans investir fondamentalement dans l'éducation. L'éducation, qui est l'un des leviers de développement du pays, s'est retrouvée plus ou moins reléguée"
, relève-t-il.A lire également:

International
Bac 2026 au Bénin: la série C confirme son excellence

Sports
CAN 2032: l'AES dépose une candidature commune, la CAF valide

International
Mali : Washington salue le retrait de la CPI

International
Le Sénégal prend les rênes de la CEDEAO : Diomaye Faye président en exercice, le général Biram Diop à la tête de la Commission









