Au Royaume-Uni, le Parti vert a adopté à la majorité une motion définissant le sionisme comme une forme de "racisme".
Cette motion appelle à la création d'un État unique sur les terres de la Palestine historique, garantissant l'égalité des droits pour tous, y compris le droit au retour des Palestiniens.C'est la première fois qu'un parti politique britannique adopte une telle position à l'égard du sionisme. Naturellement, Israël s'est empressé de qualifier cette décision
d'"antisémite".
Le lobby israélien au Royaume-Uni et les organisations qui lui sont affiliées ont, quant à eux, pratiquement déclaré la guerre au Parti vert. Après la décision du gouvernement travailliste britannique d'interdire le commerce avec les colonies sionistes illégales en Cisjordanie occupée, cette nouvelle prise de position des Verts suscite également une vive irritation en Israël.En réaction, Israël a annoncé qu'il interdisait au dirigeant du Parti vert, Zack Polanski, de se rendre sur son territoire. Polanski n'avait pas participé au vote de la motion, invoquant ses engagements dans la campagne électorale. Il a toutefois fait savoir qu'il n'était pas opposé au principe de cette initiative. L
ui-même est issu d'une famille juive originaire d'Europe de l'Est.
Polanski affirme avoir été sioniste dans sa jeunesse, avant de s'être progressivement affranchi du sionisme. Comme de nombreux Juifs antisionistes, il est lui aussi qualifié par les sionistes de "Juif antisémite".Du vote de l'ONU de 1975 à son abrogation en 1991
Par ailleurs, la motion du Parti vert présente des similitudes avec la résolution adoptée à la majorité par l'Assemblée générale des Nations unies en 1975, qui déclarait que
"le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale"
. Les États-Unis, le Royaume-Uni et plusieurs pays d'Europe occidentale s'étaient opposés à ce texte. Toutefois, peu après la fin de la guerre froide, cette résolution avait été abrogée à l'issue d'un vote organisé en 1991, à la suite d'initiatives menées par les États-Unis.Le principal argument avancé par Washington pour justifier l'abrogation de cette résolution était de permettre à Israël de s'asseoir à la table des négociations avec les Palestiniens en vue d'une
"solution à deux États".
Israël avait fait de l'annulation de la résolution assimilant le sionisme au racisme une condition préalable à toute négociation. De fait, les négociations d'Oslo entre Israéliens et Palestiniens n'avaient eu lieu qu'après l'abrogation de cette résolution.D'autre part, plusieurs documents révélant le rôle "particulier" joué par le Royaume-Uni dans l'abrogation de cette résolution de l'ONU ont récemment été rendus publics. Dans un article publié le 7 octobre, John McEvoy, journaliste du média britannique Declassified UK, dévoilait des informations intéressantes. Il expliquait qu'après une brève période d'hésitation, le gouvernement britannique de l'époque s'était aligné sur les États-Unis et avait mené une vaste campagne de lobbying à l'échelle mondiale.
Dans son article, John McEvoy révélait une correspondance privée entre Douglas Hurd, alors ministre des Affaires étrangères du gouvernement conservateur de John Major, et Sir Trevor Chinn, un lobbyiste pro-israélien. Dans l'un de ces documents, Hurd déclarait :
"Nous n'avons pas hésité un instant à soutenir conjointement l'abrogation et à mener une campagne de lobbying à l'échelle mondiale."
Sir Trevor Chinn, l'un des principaux soutiens à l'abrogation de la résolution de l'ONU assimilant le sionisme au racisme, exprimait à Hurd sa reconnaissance pour le rôle joué par le gouvernement britannique. Stuart Polak, autre figure importante du lobbying israélien, remerciait également Hurd. Alors directeur de l'organisation Conservative Friends of Israel (CFI, les Amis conservateurs d'Israël), Polak affirmait :
"Cette résolution n'apportait rien aux chances de paix et portait atteinte à la crédibilité des Nations unies."
Le rôle des lobbies pro-israéliens et les conséquences des accords d'Oslo
Sir Trevor Chinn, actuellement vice-président du Jewish Leadership Council (JLC, Conseil du leadership juif), figure parmi les principaux donateurs du Parti travailliste, notamment de Keir Starmer. Œuvrant pour que le Parti travailliste conserve une orientation "pro-israélienne", Sir Trevor a également joué un rôle dans l'éviction de Jeremy Corbyn du parti, sur fond d'accusations d'antisémitisme.
En 2024, Chinn a été décoré de la Médaille d'honneur par le président israélien Isaac Herzog pour les services rendus à Israël.
Aujourd'hui, après l'abrogation en 1991 de la résolution de l'ONU de 1975, prétendument destinée à favoriser la paix, le simple fait d'évoquer une
"solution à deux États"
est devenu politiquement très risqué en Israël. Il est désormais clair que les accords d'Oslo n'étaient qu'une "supercherie".
En trompant le monde entier, Israël a poursuivi son projet d'annexion des territoires occupés jusqu'à le faire déboucher sur un génocide.Il ne fait aucun doute que ceux qui ont abrogé la résolution de l'ONU de 1975 portent également une responsabilité dans le génocide subi par les Palestiniens. Depuis l'abrogation de cette résolution, Israël a fait tout ce qu'il voulait en toute impunité.
Les "péchés du passé" ont contribué au massacre de dizaines de milliers d'enfants et de dizaines de milliers de femmes.

