Accord de La Mecque : Ankara saisit le Parlement
15:05, 08/10/2026, jeudi
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DHADHA
Hakan Fidan annonce que la Turquie est prête à soumettre l'accord de défense de La Mecque au Parlement.La Türkiye a achevé les préparatifs pour soumettre l'accord de défense de La Mecque au Parlement, a annoncé Hakan Fidan à Ankara. Le ministre affirme que le texte est défensif et n'autorise ni attaque ni déploiement offensif de troupes. Il prévoit une défense mutuelle entre les signataires. Fidan a aussi mis en garde contre toute extension de la guerre Russie-Ukraine à la mer Noire, qui ne doit pas devenir un nouveau front.
La Türkiye est prête à soumettre l'accord de défense de La Mecque au Parlement. Le ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, l'a annoncé jeudi 8 octobre 2026 à Ankara. Il a insisté sur un point: le texte est défensif et n'autorise aucune attaque contre un autre pays.
Fidan s'est aussi exprimé sur la guerre en Ukraine. Il refuse que la mer Noire devienne un nouveau front. Ainsi, la diplomatie turque tente de contenir deux crises à la fois, au Moyen-Orient et en Europe orientale.
Accord de défense de La Mecque: le texte part au Parlement
Hakan Fidan s'exprimait lors d'une conférence de presse commune. À ses côtés, la vice-Première ministre et cheffe de la diplomatie hongroise, Anita Orban, était présente.
Le ministre a livré une annonce simple.
"Les travaux nécessaires à la transmission de l'accord au Parlement sont achevés"
, a-t-il déclaré. Le gouvernement peut donc saisir les députés.Cette étape est décisive. En effet, un traité de cette portée doit obtenir l'aval du Parlement avant d'entrer pleinement en vigueur. Le débat parlementaire s'annonce donc suivi de près.
Fidan n'a pas fixé de date pour le dépôt du texte. Cependant, il a présenté le dossier comme prêt sur le plan administratif et juridique.
Une défense mutuelle, pas une alliance d'attaque
Le chef de la diplomatie turque a précisé la logique du texte. L'accord repose sur la défense mutuelle. Si un pays signataire subit une agression, les autres viennent à son secours.
"Lorsqu'un pays partie à l'accord est attaqué, vous vous tenez à ses côtés pour assurer sa défense. Il ne s'agit pas d'un accord offensif"
, a-t-il expliqué.Aucun déploiement pour attaquer un tiers
Fidan a levé un doute majeur. L'accord n'autorise pas la Türkiye à envoyer des troupes sur le territoire d'un autre pays pour y mener une attaque.
Autrement dit, le texte encadre strictement l'usage de la force. Il ne crée aucun droit d'intervention offensive. C'est pourquoi le ministre insiste sur sa nature défensive.
Ce message vise l'opinion publique turque. Par ailleurs, il s'adresse aux partenaires étrangers, inquiets de voir un nouveau bloc militaire se former.
Ce que l'on sait de l'alliance de La Mecque
Le texte a été signé le 7 août 2026 à La Mecque. Trois pays y sont parties : la Türkiye, l'Arabie saoudite et le Pakistan. Selon la presse, le président Recep Tayyip Erdoğan, le prince héritier Mohammed ben Salmane et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif l'ont signé.
L'alliance est née dans un contexte tendu. D'après Al Jazeera, elle répond à l'intensification des conflits régionaux, dont la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran.
Fidan a déjà affirmé en août que le pacte ne vise pas l'Iran. Selon l'agence ANI, il a rappelé que l'accord ne cible aucun pays qui n'attaque pas ses signataires. Il a aussi évoqué un possible élargissement futur à d'autres États.
Un premier test au Yémen
Le pacte a connu un premier test début octobre. Selon Al Jazeera, les trois pays ont décidé d'activer des mesures de dissuasion collective, après des attaques des Houthis contre l'Arabie saoudite.
Des critiques ont alors dénoncé un pacte sans effet. En réponse, Fidan a comparé l'alliance à l'OTAN le 21 septembre, à New York. Il a notamment rappelé que l'article 5 de l'OTAN n'a été invoqué qu'une seule fois.
Pour lui, l'alliance
"vient à peine de commencer"
. Ainsi, le ministre demande du temps avant de juger son efficacité.Mer Noire: Fidan met en garde contre un nouveau front
Le ministre a aussi abordé la guerre entre la Russie et l'Ukraine. Son message tient en une phrase.
"Nous ne devons en aucun cas permettre que la mer Noire devienne un nouveau front de conflit"
, a-t-il affirmé.La Türkiye est un acteur clé de cette région. Elle borde la mer Noire et contrôle les détroits du Bosphore et des Dardanelles. Selon la convention de Montreux de 1936, elle y régule le passage des navires de guerre.
De plus, l'avertissement de Fidan répond à un risque concret. Une extension des combats menacerait la navigation, les exportations de céréales et la sécurité des pays riverains.
Pourquoi cet accord compte pour le monde musulman
La région vit une période de bouleversements. Les guerres se multiplient, et les grandes puissances occidentales interviennent régulièrement. En revanche, les pays musulmans cherchent depuis longtemps un cadre de sécurité qui leur appartienne.
Cet accord incarne une tentative en ce sens. Il repose sur l'idée que les États de la région assurent eux-mêmes leur défense, sans dépendre d'une tutelle extérieure.
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