Les élections israéliennes du 27 octobre auront deux principaux protagonistes : Benjamin Netanyahu, responsable du génocide, et l'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot. Selon les sondages, aucun des deux ne parviendrait à réunir suffisamment de sièges pour former un gouvernement à l'issue de ce scrutin auquel participeront près de 40 partis. Eisenkot disposerait toutefois d'une légère avance.
À la Knesset, le Parlement israélien, qui compte 120 députés, un parti ou un bloc doit obtenir 61 sièges pour former un gouvernement. Israël est d'ailleurs gouverné depuis longtemps par des coalitions.
Pour Netanyahu, responsable du génocide, cette élection est un véritable
"scrutin de la dernière chance"
. Si Eisenkot parvient à former un gouvernement, Netanyahu risque non seulement de perdre le pouvoir, mais aussi de se retrouver en prison en raison des procès pour corruption dont il fait l'objet.Netanyahu est un fugitif visé par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.
C'est pourquoi il est prêt à commettre toutes les atrocités possibles, y compris déclencher une nouvelle guerre, pour ne pas perdre le pouvoir.Netanyahu, responsable du génocide et comptant parmi les personnalités les plus détestées au monde, est également rejeté par une part importante des Juifs vivant hors d'Israël, notamment aux États-Unis. Ces derniers l'accusent de raviver l'antisémitisme.
Les relations que Netanyahu entretient avec les partis de droite radicale en plein essor en Europe suscitent également l'inquiétude des Juifs européens.
Une défaite de Netanyahu pourrait-elle changer l'image d'Israël ?
Depuis octobre 2023, un nombre important de jeunes Juifs libéraux et laïques ont émigré vers les pays occidentaux. Netanyahu tente d'empêcher les Juifs laïques qui ont quitté Israël de revenir dans le pays pour voter.
Par ailleurs, une procédure contre Israël est en cours devant la Cour internationale de justice (CIJ).
Tant le mandat d'arrêt délivré par la CPI que la procédure engagée devant la CIJ placent
l'"Europe libérale"
dans une situation délicate lorsqu'il s'agit de soutenir un Israël qui continuerait d'être dirigé par Netanyahu.Les Européens libéraux, qui se sont toujours rangés aux côtés d'Israël, estiment désormais qu'il sera absolument impossible de restaurer l'image internationale du pays, profondément détériorée, tant que Netanyahu restera au pouvoir.
Le basculement d'une grande partie des opinions publiques américaine et européenne contre Israël commence à mettre les gouvernements sous pression.
L'"Europe libérale" souhaite résoudre ce problème en se débarrassant de Netanyahu avec mépris.
En réalité, Eisenkot et les autres dirigeants israéliens ne sont guère différents de Netanyahu sur les plans politique et idéologique.
Bien que
l'"Europe libérale"
prétende défendre la "solution à deux États"
, les partis sionistes israéliens rivalisent pour refuser toute possibilité d'existence à un État palestinien.À tel point que Netanyahu et Eisenkot vont jusqu'à s'accuser mutuellement de soutenir la création d'un État palestinien.
Eisenkot a même publié sur son compte X une vidéo montrant Netanyahu serrant la main de feu Yasser Arafat.
Dans une déclaration, Eisenkot affirmait :
Je suis opposé à la création d'un État palestinien. Je n'ai jamais dit que la solution de deux États pour deux peuples était la bonne.
De son côté, Netanyahu avertissait qu'un gouvernement dirigé par Eisenkot conduirait à la création d'un État palestinien.
Malgré cela,
l'"Europe libérale"
souhaite voir Eisenkot accéder au pouvoir.Eisenkot contre Netanyahu : la bataille des coalitions
Un autre sujet de confrontation électorale entre Eisenkot et Netanyahu concerne les Juifs ultraorthodoxes haredim, qui n'effectuent pas leur service militaire.
Au cours de sa campagne, Eisenkot promet de soumettre les haredim au service militaire obligatoire.
Sa campagne appelle les électeurs à choisir entre
"le gouvernement de Netanyahu composé de ceux qui échappent au service militaire"
et "un gouvernement sioniste favorable à la conscription".
Les sondages créditent le parti Yashar, dirigé par Gadi Eisenkot, de 22 sièges, contre 20 pour le Likoud de Benjamin Netanyahu.
Les deux partis comptent donc sur d'autres formations politiques pour constituer une coalition et former un gouvernement.
Comme lors des précédentes élections, si aucun parti ne parvient à réunir une majorité permettant de former un gouvernement, de nouvelles élections devront être organisées.
Une telle éventualité serait une mauvaise nouvelle pour Eisenkot. En effet, Netanyahu resterait Premier ministre jusqu'au prochain scrutin et pourrait, comme cela s'est déjà produit, affaiblir ses adversaires pour les écarter du jeu politique.
Il existe également une possibilité de coalition entre Netanyahu et Eisenkot reposant sur un modèle de
"rotation au poste de Premier ministre".
Cependant, une telle coalition semble peu susceptible de durer longtemps.
En mai 2020, la coalition formée entre Netanyahu et Benny Gantz, lui aussi ancien chef d'état-major, s'était rapidement effondrée.
Gantz devait prendre ses fonctions de Premier ministre en novembre 2021. Mais Netanyahu avait empêché le transfert du pouvoir par diverses manœuvres et provoqué la dissolution de la Knesset.
En Israël, l'arithmétique des coalitions est si complexe que de nombreuses formules de gouvernement circulent actuellement.
Netanyahu tentera de tourner ces différentes combinaisons à son avantage pour se maintenir à flot.
Quant à l'opinion publique mondiale, elle attend avec impatience de voir Netanyahu, responsable du génocide, emprisonné pour les crimes qu'il a commis.

