18:11, 08/10/2026, jeudi
Mamdani hué à une veillée du 7 octobre à New York
Le maire de New York, Zohran Mamdani, a été violemment pris à partie mercredi soir à Union Square, lors d'une veillée en mémoire du 7 octobre. Des manifestants antisionistes l'ont hué et traité de "traître" et de "vendu". Ils lui reprochent d'avoir tourné le dos à la cause palestinienne. L'épisode, trois ans après les attaques de 2023, révèle une fracture au sein de la gauche new-yorkaise.
Le maire de New York, Zohran Mamdani, a été violemment pris à partie mercredi soir à Union Square. Il assistait à une veillée aux chandelles organisée en mémoire du 7 octobre. Des manifestants antisionistes l'ont hué et traité de
"traître"
et de "vendu".
Ces militants lui reprochent d'avoir tourné le dos à la cause palestinienne. Accueilli par des messages comme
"honte à vous"
, l'élu s'est retrouvé au centre de fortes tensions. L'événement marquait les trois ans des attaques du 7 octobre 2023.La scène en dit long. En effet, elle montre la position inconfortable d'un maire pris entre deux feux. Par ailleurs, elle révèle une fracture au sein même de la gauche new-yorkaise.
Mamdani hué à la veillée du 7 octobre: ce qui s'est passé
La veillée s'est tenue mercredi 7 octobre 2026, à Union Square. Cette place de Manhattan accueille depuis longtemps rassemblements et manifestations. Zohran Mamdani y est venu pour marquer la date anniversaire.
Des manifestants antisionistes l'ont alors accueilli par des huées. Ils ont scandé
"traître"
et "vendu"
. D'autres messages lui ont lancé "honte à vous".
À ce stade, la rédaction ne dispose pas du nombre de manifestants. Le déroulé précis de la soirée reste également à confirmer. En revanche, la nature des slogans ne fait aucun doute.
Ces accusations pèsent lourd dans la bouche de militants de gauche. Zohran Mamdani a bâti une partie de son image sur la défense des droits des Palestiniens. Ses électeurs attendaient donc de lui une ligne claire.
C'est pourquoi le mot
"traître"
revient avec autant de force. Pour ces manifestants, un maire ne peut pas honorer cette date sans nommer les décennies de siège et d'occupation. Le reproche porte autant sur le fond que sur la présence du maire.Pourquoi les militants lui reprochent d'avoir tourné le dos
Le malaise ne date pas d'hier. En octobre 2025, alors candidat, Zohran Mamdani avait déjà assisté à une veillée à Union Square. Celle-ci était organisée par le groupe Israelis for Peace, selon l'agence JTA.
Il y avait écouté des intervenants israéliens et palestiniens, ainsi que des rabbins. Cependant, la fondatrice du collectif Within Our Lifetime, Nerdeen Kiswani, l'avait critiqué. Elle l'accusait d'effacer
"les décennies de siège, d'occupation et de meurtres systématiques"
ayant précédé le 7 octobre.Ces tensions n'ont pas disparu. Ainsi, la veillée de mercredi prolonge un débat déjà ancien. Les militants jugent que les gestes symboliques ne remplacent pas des actes.
La mairie défend une tout autre lecture. Selon un porte-parole cité en mars par Fox News, le maire a condamné
"sans équivoque"
les violences du 7 octobre. Il a aussi qualifié ces faits de crime de guerre.De même, Zohran Mamdani avait jugé condamnable un slogan scandé devant une synagogue du Queens. Politico a rapporté ses propos en marge de cet événement. Il affirme donc rejeter les appels à la haine, quelle que soit leur origine.
Un maire pris entre deux feux
Zohran Mamdani subit des pressions de tous les côtés. Les militants propalestiniens l'accusent de reculer. En revanche, ses détracteurs pro-israéliens l'accusent d'indulgence envers le Hamas.
En 2025 déjà, le ministère israélien des Affaires étrangères l'avait attaqué. Il lui reprochait de relayer la
"propagande"
du Hamas et de "normaliser l'antisémitisme"
. Ces mots visaient un candidat qui venait pourtant d'allumer une bougie à une veillée.Cette double critique illustre un piège. D'un côté, toute parole sur Gaza est lue comme une provocation. De l'autre, tout silence est vécu comme une trahison. Ainsi, le maire avance sur une ligne de crête.
Le 7 octobre, trois ans après: une mémoire qui divise
Trois ans après, la date reste douloureuse. Elle rappelle les victimes israéliennes de 2023, que personne ne conteste. Elle rappelle aussi tout ce qui a suivi à Gaza.
Depuis, l'armée israélienne a détruit des quartiers entiers. Des dizaines de milliers de Palestiniens ont été tués, dont de nombreux enfants. Les survivants vivent entre ruines, déplacements et pénuries.
Pendant ce temps, la colonisation se poursuit en Palestine occupée (Cisjordanie). Les violences de colons y rythment le quotidien des familles. C'est pourquoi beaucoup de militants refusent de dissocier le deuil du 7 octobre de ces réalités.
Ce refus explique la tension de mercredi soir. Pour ces manifestants, honorer une seule mémoire revient à en effacer une autre. Ils demandent donc que les morts palestiniens soient nommés au même titre.
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