12:28, 25/09/2026, vendredi
Netanyahu à l'ONU: un discours sous les huées et le départ des diplomates
Le 24 septembre, Benjamin Netanyahu a prononcé un discours virulent à l'Assemblée générale de l'ONU, provoquant le départ de dizaines de diplomates. Il a qualifié les accusations de génocide à Gaza de "plus grand mensonge du siècle", attaqué la Türkiye et Recep Tayyip Erdoğan, qualifié de "super-propagateur de mensonges antisémites", salué son alliance avec Donald Trump, et visé le maire de New York Zohran Mamdani ainsi que le président syrien Ahmed al-Charaa au sujet du Golan.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a pris la parole jeudi 24 septembre à la tribune de la 81ᵉ Assemblée générale de l'ONU, à New York. Son intervention a viré au réquisitoire. Dès son arrivée au pupitre, des dizaines de diplomates ont quitté la salle en signe de protestation.
Le dirigeant israélien, visé depuis novembre 2024 par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre présumés, a répondu par une provocation directe.
"S'il reste d'autres lâches moraux qui n'ont pas encore quitté cette salle, faites-le maintenant !"
, a-t-il lancé.L'allocution s'est déroulée devant une salle en partie vide. Elle a néanmoins livré plusieurs annonces marquantes, entre rejet des accusations de génocide, attaques contre Ankara et éloge appuyé de Donald Trump.
Netanyahu rejette les accusations de génocide à Gaza
Le Premier ministre israélien a qualifié les accusations de génocide de
"plus grand mensonge du siècle"
. Il a affirmé, au contraire, qu'Israël avait "empêché un génocide"
à Gaza.Selon lui, l'armée israélienne aurait envoyé des millions d'appels et de tracts d'évacuation avant ses frappes. Il a également cité des campagnes de vaccination contre la polio et l'acheminement de vivres dans l'enclave.
Cette version contraste cependant avec les constats de plusieurs mécanismes onusiens. Des rapporteurs spéciaux et des organisations de défense des droits humains documentent depuis des mois des accusations de crimes de guerre et de destruction massive à Gaza. C'est pourquoi ce passage du discours a immédiatement suscité la controverse.
Attaques contre la Türkiye et l'Europe occidentale
Netanyahu s'en est pris frontalement aux dirigeants ouest-européens. Il les a accusés d'avoir
"cédé aux foules antisémites"
et a qualifié la France et le Royaume-Uni d'hypocrites.La charge la plus dure a visé la Türkiye. Le Premier ministre israélien a qualifié le président Recep Tayyip Erdoğan de
"tyran"
. Il l'a ensuite désigné comme le "dernier pays en date à être devenu un super-propagateur de mensonges antisémites".
Cette sortie s'inscrit dans une relation bilatérale déjà très dégradée. En effet, Ankara dénonce depuis 2023 la conduite de la guerre à Gaza et réclame des comptes devant les instances internationales. Netanyahu a par ailleurs réaffirmé que Jérusalem resterait la
"capitale éternelle"
d'Israël, une position qui viole le droit international selon plusieurs résolutions de l'ONU.L'alliance avec Trump mise en avant
Le dirigeant israélien a ensuite célébré son partenariat avec Washington. Il a affirmé qu'Israël et les États-Unis avaient
"agi ensemble pour sauver la civilisation"
en frappant l'armée et les installations nucléaires de l'Iran.Donald Trump a été salué comme
"le plus grand partenaire"
d'Israël. Cette déclaration confirme l'alignement stratégique entre les deux gouvernements, alors que Netanyahu affronte une campagne électorale difficile en Israël.Piques contre le maire de New York
Netanyahu s'en est aussi pris à Zohran Mamdani, le maire de New York. Il l'a accusé d'avoir voulu le faire taire et de propager des
"mensonges"
sur l'État juif.Mamdani, figure de l'aile gauche du Parti démocrate, est un militant reconnu de la cause palestinienne. Il accuse de longue date le gouvernement israélien de
"génocide"
à Gaza. Cet échange illustre la polarisation croissante du débat américain sur la question palestinienne.Le plateau du Golan et la Syrie évoqués
Le Premier ministre israélien a enfin interpellé le président syrien Ahmed al-Charaa au sujet du plateau du Golan. Il a affirmé que les liens juifs avec ce territoire remontaient à l'époque biblique.
Le Golan, occupé par Israël depuis 1967 puis annexé en 1981, reste considéré comme territoire syrien occupé par les Nations unies. Aucun État, hormis les États-Unis sous la présidence Trump, n'a reconnu cette annexion. Cette référence historique ne change donc rien au statut du territoire au regard du droit international.
Ce qu'il faut retenir de ce discours à l'ONU
Ce discours confirme l'isolement croissant d'Israël sur la scène internationale. Les départs coordonnés de diplomates, jamais vus à cette échelle, en constituent le symbole le plus fort.
Netanyahu a choisi la confrontation plutôt que l'apaisement. Sur presque tous les fronts (Gaza, la Türkiye, la Syrie, New York) il a opté pour l'attaque directe.
La communauté internationale, elle, continue de documenter la situation humanitaire à Gaza. Cette allocution ne referme donc aucun débat. Elle l'intensifie, à quelques semaines d'élections législatives cruciales en Israël.
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