11:18, 25/09/2026, vendredi
ONU: les délégations américaine et israélienne quittent le discours de Pezeshkian
Mercredi, à l'Assemblée générale de l'ONU, un responsable de la délégation américaine a quitté la salle dès l'ouverture du discours du président iranien Masoud Pezeshkian. La délégation israélienne l'a imité. Pezeshkian a dénoncé les frappes israélo-américaines de février 2026, qui ont tué le Guide suprême Ali Khamenei, et brandi des photos d'enfants tués. Il a rejeté les accusations de terrorisme portées par Washington et pointé un "double standard" sur le nucléaire.
un geste diplomatique fort a marqué la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies mercredi. Un responsable de la délégation américaine a quitté l'hémicycle dès les premiers mots du président iranien
Masoud Pezeshkian
. La délégation israélienne a fait de même, désertant la salle pendant toute l'intervention, alors qu'un porte-parole du gouvernement israélien avait quitté les lieux au moment où Pezeshkian prenait la parole.Ce double départ intervient dans un climat extrêmement tendu. En effet, la guerre déclenchée par Israël et les États-Unis contre l'Iran, en février 2026, continue de peser lourdement sur les relations internationales.
Un discours de Pezeshkian marqué par des accusations directes
Le président iranien s'est exprimé en persan, traduit simultanément par les services de l'ONU. Reuters et l'AP ont confirmé que la délégation américaine avait quitté la salle dès le début de son allocution.
Pezeshkian a immédiatement rejeté les accusations de terrorisme formulées par Washington.
"Le président américain nous a qualifiés de terroristes. Nous avons été les victimes du terrorisme"
, a-t-il déclaré à la tribune.Le dirigeant iranien a ensuite interrogé directement l'auditoire.
"Cherchons-nous seulement à vivre de manière indépendante ? Sommes-nous la source de l'instabilité ? Ceux qui commettent le terrorisme et des crimes sont-ils les protecteurs de la paix et de la stabilité ?"
, a-t-il demandé.Des photos d'enfants brandies à la tribune
Le moment le plus fort du discours reste sans doute visuel. Pezeshkian a en effet brandi des photographies d'enfants qu'il a présentés comme des victimes des bombardements américains et israéliens. Le président iranien a montré des images d'enfants tués dans la frappe sur une école et accusé les États-Unis et Israël d'avoir attaqué des civils iraniens.
"Vous voyez ces enfants ? Ces enfants ont péri sous les bombes, avec des armes utilisées par les États-Unis et Israël. Ils étaient innocents, ils n'avaient commis aucun crime"
, a-t-il lancé, photos à l'appui.Par ailleurs, le président iranien a aussi évoqué la mort du Guide suprême Ali Khamenei. "Je viens d'un Iran où notre estimé Guide suprême a été assassiné sans aucun cadre légal ni raison", a-t-il affirmé, avant de dénoncer le bombardement d'une école.
Une guerre encore fraîche entre Iran, Israël et les États-Unis
Cette séquence à l'ONU ne peut se comprendre sans revenir sur les événements de février 2026. Ce mois-là, Israël et les États-Unis ont mené des frappes conjointes contre l'Iran. Leur objectif affiché visait les programmes nucléaire et balistique du pays.
Le 28 février 2026, plusieurs sites stratégiques ont été touchés. Le Guide suprême Ali Khamenei a été tué lors de ces frappes, aux côtés de plusieurs hauts responsables du régime. L'Iran a alors décrété quarante jours de deuil national.
Cette guerre a également provoqué des centaines de morts en Iran, selon le Croissant-Rouge iranien. Elle a de plus déclenché des tensions ailleurs dans la région, notamment entre le Hezbollah et Israël.
C'est dans ce contexte que Pezeshkian s'est présenté à la tribune de l'ONU. Son discours répondait aussi, indirectement, à celui prononcé la veille par Donald Trump.
Le discours de Trump, la veille, avait déjà provoqué un boycott iranien
Mardi, le président américain s'était adressé aux dirigeants du monde en des termes menaçants envers Téhéran. Il avait notamment évoqué la possibilité d'"annihiler" l'Iran en cas d'échec des négociations sur le nucléaire. La délégation iranienne avait alors quitté la salle en signe de protestation pendant l'intervention de Trump.
Ainsi, les deux camps se sont mutuellement snobés, à vingt-quatre heures d'intervalle. Ce jeu de chaises vides illustre l'ampleur de la rupture diplomatique entre Téhéran, Washington et Tel-Aviv.
Israël aussi absent, un geste qui prolonge celui de Netanyahu
Le départ de la délégation israélienne ne constitue pas un cas isolé cette semaine. En effet, Benjamin Netanyahu avait lui-même essuyé une vague de départs lors de son propre discours à la tribune.
Plusieurs dizaines d'envoyés avaient alors quitté la salle, certains huant ouvertement le Premier ministre israélien. Netanyahu avait alors lancé, en retour, un message provocateur à l'assistance restante:
"S'il y a d'autres lâches moraux qui n'ont pas encore quitté cette salle, faites-le maintenant".
Ce même jour, Netanyahu a défendu sans détour la frappe contre l'Iran. Il a qualifié la destruction des installations nucléaires iraniennes de décision
"parmi les plus faciles"
de son mandat de Premier ministre, estimant que l'inaction aurait mis Israël en danger de mort.Le "double standard" nucléaire dénoncé par Pezeshkian
Face à ces déclarations, Pezeshkian a lui aussi abordé la question nucléaire dans son propre discours. Il a pointé une asymétrie que Téhéran dénonce depuis des années:
"L'arme nucléaire est en Israël, mais les inspecteurs sont en Iran"
, a-t-il résumé.Cette phrase cible directement le statut d'Israël. Le pays possède en effet un arsenal nucléaire non déclaré, tout en échappant aux inspections internationales appliquées à l'Iran.
Ce que révèle cette séquence à l'Assemblée générale
Ces départs successifs racontent une diplomatie à bout de souffle. Cependant, ils traduisent aussi une volonté d'affichage politique, autant destinée aux opinions publiques qu'aux chancelleries.
Pezeshkian, de son côté, a choisi la confrontation directe. Il a préféré les images fortes et les accusations frontales à un discours convenu de tribune internationale.
La scène onusienne devient ainsi le théâtre d'une guerre qui se poursuit, sous une autre forme. Les canons se sont tus en Iran, mais l'affrontement diplomatique, lui, reste entier.
A lire également:

International
Conseil de sécurité : Lisbonne plaide pour l'Afrique, le Brésil et l'Inde

International
Mamdani dénonce une "répétition de mensonges" de Netanyahou à l’ONU

International
Gaza : l'ONU dénonce la pire crise économique mondiale










