17:13, 23/09/2026, mercredi
Erdogan dénonce Israël à l'ONU, la délégation quitte la salle
À l'ONU, Recep Tayyip Erdogan a accusé Israël d'une "mentalité génocidaire" à Gaza, provoquant le départ de la délégation israélienne en pleine séance. Le président turc dénonce un cessez-le-feu fragile, déjà marqué par plus de 1 300 morts civils. Il déplore aussi l'absence de Mahmoud Abbas et appelle les pays à reconnaître la Palestine. La Türkiye, qui a suspendu son commerce avec Israël, réclame une pression internationale accrue et une reconstruction immédiate de Gaza.
Une scène de tension rare a secoué l'Assemblée générale des Nations unies mardi 22 septembre 2026. La délégation israélienne a quitté la salle en pleine intervention du président turc Recep Tayyip Erdogan, à New York.
Le chef de l'État turc dénonçait alors les opérations militaires israéliennes à Gaza. Ainsi, ce départ spectaculaire est devenu l'un des moments marquants de la 81e session de l'Assemblée générale.
Erdogan accuse Israël d'une "mentalité génocidaire" à l'ONU
Devant les représentants du monde entier, Recep Tayyip Erdogan a tenu des propos très durs. Il a affirmé que le monde fait face à
"une mentalité génocidaire qui ne se rassasie jamais de tuer".
Le président turc a ajouté qu'aucune personne dotée d'humanité, de compassion ou de conscience ne peut détourner le regard. Par ailleurs, il a qualifié Gaza de
"camp de concentration le plus inhumain et le plus honteux de notre époque".
Ces mots ont immédiatement provoqué une réaction. En effet, les diplomates israéliens, conduits par l'émissaire Danny Danon, se sont levés et ont quitté l'hémicycle pendant le discours.
Un cessez-le-feu contesté et plus de 1 300 morts à Gaza
Erdogan a également remis en cause la réalité du cessez-le-feu en vigueur à Gaza. Selon lui, Washington a soutenu cet accord grâce à la pression du président américain Donald Trump.
Cependant, plus de 1 300 civils auraient été tués depuis, malgré ce qu'il a qualifié de
"prétendu cessez-le-feu"
. Le président turc estime en outre que le Hamas et les autres groupes palestiniens ont accepté la deuxième phase du cadre conclu en octobre.En revanche, Israël poursuivrait ses opérations militaires à Gaza. De plus, la pression des colons s'intensifierait en
Palestine occupée (Cisjordanie)
, selon les propos rapportés du dirigeant turc.L'absence de Mahmoud Abbas, une "injustice" selon Erdogan
Le président turc a aussi dénoncé l'absence du président palestinien Mahmoud Abbas. Pour la deuxième année consécutive, celui-ci n'a pas pu se rendre à l'Assemblée générale.
Erdogan a qualifié cette situation d'
"injustice"
. Ainsi, il a réaffirmé que la Türkiye
continuerait de porter la voix du peuple palestinien sur la scène internationale.De plus, le dirigeant turc a appelé tous les pays qui n'ont pas encore reconnu l'État de Palestine à revoir leur position. Cet appel a été salué par des applaudissements de la délégation palestinienne présente dans la salle.
Ankara hausse le ton face à Israël sur le plan diplomatique
Le discours d'Erdogan ne relève pas d'une simple déclaration ponctuelle. En effet, la Türkiye a suspendu l'ensemble de ses échanges commerciaux avec Israël depuis plusieurs mois.
Ankara réclame par ailleurs des mesures internationales concrètes contre le gouvernement israélien. C'est pourquoi Erdogan cherche à positionner son pays comme l'une des principales voix diplomatiques de la cause palestinienne.
Ce positionnement intervient alors que plusieurs alliés occidentaux d'Israël durcissent eux aussi leurs critiques. Ils visent notamment la guerre à Gaza et la colonisation en Palestine occupée (Cisjordanie).
Une reconstruction immédiate et une pression accrue réclamées
Erdogan a insisté sur l'urgence de reconstruire Gaza, dévastée par la guerre.
"Nous devons commencer la reconstruction de Gaza immédiatement"
, a-t-il déclaré depuis la tribune.Il a ajouté un appel direct à la communauté internationale. Selon lui, il faut
"exercer une pression accrue sur Israël"
pour mettre fin durablement au conflit.Le président turc a par ailleurs affirmé que toute tentative de faire pression sur les Palestiniens est vouée à l'échec. Il a exprimé l'espoir de voir naître un État palestinien indépendant, avec Jérusalem-Est pour capitale.
Ce qu'il faut retenir de cet épisode à l'ONU
Le départ de la délégation israélienne illustre une fracture diplomatique de plus en plus visible. Erdogan s'impose ainsi comme l'un des rares chefs d'État à confronter directement Israël depuis la tribune onusienne.
Ce moment dépasse le seul cadre du discours. Il rappelle surtout l'incapacité persistante de l'ONU à peser sur les grandes puissances et leurs alliés.
La question palestinienne reste donc entière. Entre cessez-le-feu fragile et reconstruction encore hypothétique, Gaza continue de payer le prix fort.
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