17:50, 22/09/2026, mardi
Netanyahu attaque Mamdani avant son passage à l'Assemblée générale de l'ONU
Avant sa venue à l'Assemblée générale de l'ONU, Benyamin Netanyahu s'en est pris au maire de New York, Zohran Mamdani. Ce dernier réclame le respect du mandat d'arrêt émis par la Cour pénale internationale contre le dirigeant israélien pour crimes de guerre à Gaza. Netanyahu l'accuse en retour de soutenir le Hamas et d'inciter à la haine. Cet échange souligne l'impunité persistante des responsables israéliens face à la justice internationale.
Benyamin Netanyahu s'apprête à atterrir à New York. Il doit s'exprimer jeudi devant l'Assemblée générale de l'ONU. Mais avant même son arrivée, le ton est déjà monté d'un cran avec le maire de la ville.
Zohran Mamdani a en effet réaffirmé, lundi, que le mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) contre le Premier ministre israélien devait être respecté. Netanyahu a répliqué mardi par une attaque personnelle et directe contre l'édile new-yorkais.
Cet affrontement dépasse la simple polémique. Il pose une question centrale: peut-on encore parler d'impunité pour les dirigeants israéliens visés par la justice internationale ?
Mamdani réclame le respect du mandat d'arrêt de la CPI
Interrogé sur CNN lundi, le maire de New York a été clair. Il a qualifié Netanyahu de
"criminel de guerre"
et d'"architecte d'un génocide horrible du peuple palestinien".
Le maire n'a rien inventé sur le plan juridique. En novembre 2024, la CPI avait déjà émis un mandat d'arrêt contre Netanyahu et l'ex-ministre de la Défense Yoav Gallant. La Cour évoque notamment le
"crime de guerre de la famine comme méthode de guerre" et des "crimes contre l'humanité".
Mamdani l'a rappelé sans détour.
"Si la Cour pénale internationale juge que quelqu'un doit être arrêté pour avoir violé les lois, personne n'est au-dessus de ces lois"
, a-t-il déclaré. Il a ajouté: "Je pense que tout le monde doit rendre des comptes."
Un maire sans les moyens de sa position
Mamdani reconnaît toutefois une limite. Il n'a pas l'autorité légale d'arrêter lui-même le dirigeant israélien à son arrivée sur le sol américain.
C'est pourquoi il appelle désormais le gouvernement fédéral à agir. Selon lui, Washington devrait rejoindre la CPI et faire exécuter le mandat. En juillet déjà, il avait affirmé que Netanyahu n'était
"pas le bienvenu"
à New York.Netanyahu réplique par une attaque personnelle
Piqué au vif, Netanyahu n'a pas tardé à répondre. Dans une vidéo diffusée mardi sur X, il s'en est pris directement au maire, avant même son départ pour les États-Unis.
"Honte à vous, monsieur Mamdani"
, a-t-il lancé. "Honte à vous d'avoir soutenu les monstres terroristes du Hamas qui ont massacré notre peuple. Honte à vous d'inciter à des émeutes contre les Juifs de New York."
Le Premier ministre israélien a ensuite promis de régler ses comptes sur la tribune onusienne.
"Je vais dire la vérité sur nos soldats héroïques. Et je vais dire la vérité sur vous",
a-t-il ajouté.Une offensive relayée par la diplomatie israélienne
Le consul général d'Israël à New York, Ofir Akunis, a repris le même angle d'attaque sur X. Il accuse Mamdani de
"propager l'antisémitisme"
et de "l'incitation".
Cette riposte coordonnée n'est pas nouvelle. Dès juillet, Netanyahu avait déjà accusé le maire d
e "fomenter la haine".
Il avait alors lié son discours à une agression au couteau visant une synagogue à Manhattan, sans toutefois établir de lien direct et vérifié entre les deux événements.Une visite raccourcie, sous haute tension
Le déplacement de Netanyahu à New York s'annonce bref. Initialement prévu sur plusieurs jours, avec une étape au Texas et une rencontre avec Donald Trump, le programme a été resserré.
Le Premier ministre israélien doit désormais atterrir jeudi matin. Il prendra la parole à 14 heures, avant de repartir rapidement vers Israël. Des manifestations sont attendues autour de sa venue, même si Mamdani a précisé qu'il ne comptait pas y participer personnellement.
La CPI, un mandat toujours sans exécution
Deux ans après son émission, le mandat d'arrêt de la CPI reste lettre morte. Les États-Unis n'ont jamais reconnu la juridiction de la Cour sur leurs alliés israéliens.
L'administration Trump est même allée plus loin. Elle a sanctionné l'ancien procureur de la CPI, Karim Khan, ainsi qu'une douzaine d'autres membres du personnel de la Cour, en représailles directes aux mandats visant les responsables israéliens.
Ce que révèle cet affrontement
Cette polémique dépasse la rivalité entre deux personnalités. Elle illustre la fébrilité d'un gouvernement israélien confronté à des voix de plus en plus nombreuses, y compris aux États-Unis, exigeant justice pour le peuple palestinien.
Netanyahu choisit l'attaque personnelle plutôt que la réponse juridique. Cependant, cette stratégie ne répond à aucun moment sur le fond : celui d'un mandat d'arrêt international toujours en vigueur, et toujours inappliqué.
Le refus américain de faire respecter la décision de la CPI interroge aussi le fonctionnement du Conseil de sécurité de l'ONU. Tant que Washington protège ses alliés, la justice internationale reste, dans les faits, à géométrie variable.
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